11/08/2005 | communication | PDF | imprimer

Conthey (commune)

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Comm. VS, distr. de Conthey, sur la rive droite du Rhône, Valais central. Elle comprend C. (Plan-C., la Place, le Bourg et Saint-Séverin) et les villages d'Aven, Erde, Sensine, Premploz et Daillon situés sur le coteau, le site de Derborence et s'étage de la vallée du Rhône au massif des Diablerets. Vers 800 [curtis] Contextis, 1146 ecclesiam de Plano Contesio. 2488 hab. en 1850, 2920 en 1900, 3485 en 1950, 4828 en 1980, 5853 en 1990, 6261 en 2000. Vétroz et Magnot ont fait partie de la commune de C. jusqu'en 1862 lorsque le Conseil d'Etat institue la commune de Vétroz.

1 - De la Préhistoire au début du Moyen Age

A l'occasion de la création ou du renouvellement du vignoble, des sépultures (pour la plupart à inhumation, sauf à l'époque romaine), datant du début de l'âge du Bronze au haut Moyen Age, ont été découvertes par centaines entre 1850 et 1950. De nombreux musées conservent des objets dont on ignore le contexte précis. Les trouvailles effectuées sur tout le coteau, depuis la plaine jusqu'aux mayens, attestent une occupation dense, mais aucun habitat protohistorique n'y a été identifié. Le mobilier funéraire est souvent abondant: épingles à disque, torques, bracelets, brassard, fibules, pendeloques, haches, poignards de l'âge du Bronze; torques, disque ajouré, poignard, fibules, bracelets, anneaux "valaisans" en bronze, épées en fer et céramiques peintes des âges du Fer; fibules, monnaies, figurines en bronze, céramiques et verres de l'époque romaine; boucles diverses et bijoux du haut Moyen Age.

Aux époques celte et romaine, la Morge de C. marquait la limite entre le territoire des Sédunes et des Véragres. Des vestiges d'une villa rustica ont été repérés en 1900-1901 à Plan-C. A leur extrémité ouest, on a mis au jour un caveau funéraire voûté qui abritait, dans deux cuves, des cercueils en plomb, recouverts de dalles funéraires du Ier s. en remploi; on y a retrouvé un lot de douze verres fabriqués majoritairement en Asie Mineure au IVe s. D'autres sarcophages en plomb, découverts dans le même secteur entre 1883 et 1930, recelaient un manteau d'apparat en laine et en soie de Chine, des feuilles de chêne d'une couronne, des monnaies dont une de Constance II (337-361 apr. J.-C.). La villa avec son mausolée privé était donc celle d'une famille de notables aisés du Bas-Empire romain.

Auteur(e): François Wiblé

2 - Du Moyen Age au XXe siècle

Siège de vidomnat, C. devient en 1254 le chef-lieu des terres du comte de Savoie dans le centre du Valais, soit de la châtellenie de C. Zone frontière, situé sur la rive droite de la Morge, C. subit les luttes incessantes qui opposent les partisans des Savoie à ceux de l'évêque de Sion (1348, 1384, 1416, 1475). En 1324, Edouard de Savoie autorise un marché. En 1352, Amédée VI accorde au bourg fortifié ses premières franchises qui sont progressivement étendues en 1356, 1364, 1419, 1431 et 1457: les Savoie ambitionnent de faire de C. un centre capable de rivaliser avec Sion. Dans la châtellenie formée par le bourg et ses dépendances de Vétroz et Nendaz, le châtelain avait des compétences civiles, militaires et judiciaires, ces dernières partagées avec le vidomne. Il existait en outre une majorie pour le mont, composé des quatre villages de Daillon, Aven, Erde et Premploz; son titulaire, qui résidait à Daillon, commandait la troupe. Le château des vidomnes est détruit en 1375, celui du châtelain en 1475 et le bourg décline. De 1475 à 1798, C. fait partie du gouvernement de Saint-Maurice, sujet des dizains. Il est rattaché au district de Sion en 1802 et forme en 1815, avec les localités voisines, le district de C.

Jusqu'en 1798, C. est une fédération: pour tout ce qui concerne l'administration interne, la châtellenie s'efface devant les villages. La commune politique (Conseil communal, soit exécutif, dès 1815) se constitue au XIXe s. sur les bases d'une partie de l'ancienne châtellenie. Au spirituel, l'église de Plan-C. (mentionnée dès 1146) relevait de l'abbaye de Saint-Maurice. L'église romane Saint-Séverin (deuxième quart du XIIe s.), sous le patronage de l'évêque, d'abord succursale de Plan-C., est paroissiale avant la fin du XIIe s., tout comme la chapelle de Vétroz. La paroisse d'Erde a été érigée en 1929 (villages du haut). Jusqu'à la fin du XVIIIe s., exploitation étagée du territoire - plaine couverte de marais mais aussi de champs et de prés, coteau où se mêlent vignes, champs et prés, puis forêts, mayens et pâturages. Au XIXe s., la vigne gagne du terrain au-dessous de 800 m et le bétail prend une importance accrue au détriment des céréales. L'arrivée du chemin de fer favorise l'exportation des vins et des produits de l'élevage. Les travaux d'endiguement du Rhône offrent, dès 1850, de nouvelles terres. A partir de 1950, la petite et moyenne entreprise s'installe, modifiant la structure économique de C. La très forte augmentation de population entre 1980 et 1990 accentue la vocation résidentielle de C. (près de la moitié de la population travaille hors de la commune, surtout à Sion) qui reste toutefois l'une des plus grandes communes viti-vinicoles du canton.

Auteur(e): Maurice Terettaz

Références bibliographiques

Bibliographie