31/05/2012 | communication | PDF | imprimer

Courtelary (commune)

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Comm. BE, chef-lieu du distr. de Courtelary. Deux types de zones d'habitation: habitat groupé dans la vallée, isolé au-dessus de 900 m. 968 Curtis Alerici. 26 feux en 1460 (paroisse), 354 hab. en 1739, 545 en 1801, 868 en 1850, 1228 en 1900, 1239 en 1950, 1462 en 1970, 1120 en 1990, 1127 en 2000.

En 968, C. était une dépendance de l'abbaye de Moutier-Grandval qui, devenue chapitre, se vit confirmer en 1179 par le pape Alexandre III ses possessions de C., où le chapitre de Saint-Imier détenait aussi des biens. Administrée par les seigneurs de Fenis-Neuchâtel, la vallée fut ensuite donnée en avouerie par le prince-évêque de Bâle aux sires d'Erguël, puis à Bienne (fin XIIIe s.). L'extension du culte de saint Imier fut à l'origine de la construction, au Xe ou XIe s., d'une petite église, agrandie en 1372, 1642 et 1773 (peintures murales de la fin du XIe s., révélées par la restauration de 1933-1936). La paroisse (diocèse de Lausanne, décanat de Saint-Imier), qui comprend Cormoret, est attestée au XIIIe s. Bienne imposa la Réforme à l'Erguël en 1530. Son emprise croissante sur leurs affaires inquiétait les Erguëliens qui s'allièrent par combourgeoisie à Soleure en 1555. Ils négocièrent ensuite un traité de confirmation de leurs coutumes et libertés en 1556 avec leur souverain. Celui-ci les autorisa en 1604 à débattre de leurs appels à la maison de justice de C. et non plus à Bienne. Il établit les baillis d'Erguël dès 1606 à C., dans un nouveau château (actuelle préfecture). En 1639, le village fut pillé et en partie incendié par les soldats du duc de Saxe-Weimar. Les graves troubles, consécutifs aux ordonnances épiscopales de 1726, culminèrent en 1733 à C. lorsque le bailli Benoît-Aimé Mestrezat fut contraint de fuir le château au cours d'une assemblée houleuse. De la fin 1792 au début 1793, C. fut le siège d'une assemblée nationale du pays d'Erguël convoquée par les révolutionnaires pour tenter, sans succès, de constituer le pays en république. Sous le régime français (fin 1797-1814), C. fut chef-lieu du canton du même nom (département du Mont-Terrible, puis du Haut-Rhin), puis, lors du rattachement des terres jurassiennes au canton de Berne en 1815 (Actes de réunion), chef-lieu du bailliage d'Erguël (district de C. dès 1831).

Alors que l'horlogerie prenait son essor dans le haut vallon dès le XVIIIe s., C. demeura une localité à caractère essentiellement agricole et artisanal jusqu'à l'aube du XXe s. Les céréales (blé, avoine, épeautre, orge) étaient destinées à la consommation locale; les métairies de montagne tenues par des anabaptistes bernois élevaient du bétail et produisaient du beurre et du fromage dont une partie était exportée. Avant le XIXe s., la pratique de la vaine pâture rendit illusoire l'abandon de la jachère au profit d'herbes fourragères. L'énergie hydraulique actionnait les rouages d'une importante scierie et ceux d'une forge. En 1816 fut créée à C. la Caisse centrale des pauvres et en 1829 la Caisse d'épargne du district. L'ouverture en 1874 de la ligne ferroviaire Bienne-Les Convers-La Chaux-de-Fonds favorisa l'installation d'une usine de pâte à papier, remplacée en 1935 par la fabrique de chocolat Camille Bloch. Le secteur secondaire s'imposa peu à peu, essentiellement par le biais de petites entreprises de mécanique ou d'horlogerie. En recul dès les années 1970, il se diversifiait et offrait 47% des emplois en 2000. En constante progression, le secteur tertiaire en procurait 38% à la même date. Bâti selon un plan originel transversal, le village se développa peu à peu longitudinalement. Confrontées aux incessantes inondations provoquées par la Suze, les autorités de C. décidèrent de corriger le lit de la rivière. Les travaux mobilisèrent de nombreux chômeurs (1921-1935). Un orphelinat ouvrait ses portes en 1862. Le bâtiment Heimatstil de l'école date de 1908. Depuis 1957, il abrite également une école secondaire d'importance régionale. C. dispose d'une chapelle catholique (1971) et d'un important centre communal (1992).


Bibliographie
– A. Daucourt, Dict. hist. des paroisses de l'ancien évêché de Bâle, 1, 1897, 278-289 (réimpr. 1980)
– A. Moser, I. Ehrensperger, Jura bernois, Bienne et les rives du lac, 1983, 153-156
Intervalles, 1997, n° 49
– P.-A. Schwab, «La belle hist. de Camille Bloch», in Mosaïque d'Erguël, 1999, 159-167

Auteur(e): Anne Beuchat-Bessire