28/01/2010 | communication | PDF | imprimer | 

Mulet

Le mulet et la mule sont issus du croisement entre un baudet (Ane) et une jument (Cheval). Les mâles sont toujours stériles, les femelles le sont dans la plupart des cas. Le croisement entre un cheval et une ânesse est appelé bardot (ou petit mulet): on ne le trouve pratiquement pas en Suisse.

Animaux sobres, au pied sûr, les mulets conviennent particulièrement bien au sommage dans des terrains difficilement praticables. Ils sont utilisés dans les troupes du train comme animaux de trait et de bât. Ils bénéficient depuis le début du XXIe s. d'un regain d'intérêt dans le cadre des loisirs et du transport (Animaux domestiques). Les besoins de l'armée ont assuré la promotion de l'élevage jusqu'au début des années 1990, mais le Haras national suisse, à Avenches, ne possédait plus qu'un baudet en 2008. En raison de leur caractère tranquille, les juments de la race Franches-Montagnes sont encore souvent utilisées pour la reproduction. Les poulains sont enregistrés par la Fédération suisse d'élevage du cheval de la race des Franches-Montagnes.

Si les textes d'auteurs antiques, comme Columelle, Varron ou Pline l'Ancien, témoignent de l'importance des mulets à l'époque romaine (transport, poste), les traces archéozoologiques avérées sont en revanche peu nombreuses au nord des Alpes, ce qui peut s'expliquer par le fait que le squelette du mulet diffère peu de celui du cheval. A Soleure, on a trouvé plusieurs ossements de chevaux et, principalement, de mulets qui pourraient être mis en relation avec un relais de chevaux et de mulets. Des ossements de mulets ont été mis au jour à Tenedo (Zurzach) et Vitudurum (Oberwinterthur).

Au Moyen Age, les mulets jouèrent un rôle mineur, par rapport aux bœufs et aux chevaux, dans le commerce de bétail. Ils s'imposèrent en revanche, surtout entre le XVIe et le XIXe s., comme animaux de trait, de bât et de selle. Les témoignages archéologiques du Moyen Age, tels ceux des châteaux forts de Scheidegg (comm. Gelterkinden), de Frohburg et d'Alt-Wartburg, sont rares. Le squelette de mulet du XVIIIe s., découvert sur une place d'équarrissage à Zurich-Albisrieden, est probablement celui d'un animal utilisé pour le transport en montagne.

De 1866 à 1942, on recensait en Suisse une moyenne d'environ 3200 mulets, dont 60-70% dans le canton du Valais, où les stations cantonales de monte, en fonction de 1835 à 1872, avaient favorisé très tôt déjà l'élevage de cet animal. En 2005, le pays comptait environ 700-800 têtes.


Bibliographie
– F.X. Weissenrieder, Vom Maultier und der Maultierzucht, 1941
– P. Armitage, H. Chapman, «Roman Mules», in The London Archaeologist, 3, 1979, n° 13, 339-346, 359
– G. Breuer et al., Die Vigier Häuser in Solothurn, ms., 1992 (séminaire de préhist. et d'archéol., Bâle)
– P. Morel, «Die Tierknochenfunde aus dem Vicus und den Kastellen», in Die frühen römischen Kastelle und der Kastell-Vicus von Tenedo-Zurzach, éd. R. Hänggi et al. (vol. texte), 1994, 404

Auteur(e): Peter Lehmann / MBA