08/04/2008 | communication | PDF | imprimer | 

Helvétia (étudiants)

La société d'étudiants Helvétia a été fondée en 1832 par quelques dizaines de membres radicaux des sections lucernoise, bernoise et zurichoise de lasociété suisse de Zofingue, qui voulaient se distancer de sa ligne politique trop modérée. Vers 1848, Helvétia joua un rôle important au sein du radicalisme suisse et cela malgré le fait que ses sections connurent dissolutions, exclusions, fusions et refondations. En 1858, les sections de Lausanne, Berne et Aarau créèrent la société centrale qui comptait environ quarante membres. Au cours du XIXe s., des sections plus ou moins permanentes virent le jour à Zurich et à Bâle; celle de Genève exista de façon discontinue, alors que celles de Lucerne, Aarau, Fribourg, Soleure et Neuchâtel furent éphémères.

La société centrale, attachée statutairement aux principes radicaux-démocratiques, adopta en 1859 la devise "Patrie, amitié, progrès". Pendant la Première Guerre mondiale, elle accentua son orientation patriotique afin d'endiguer l'antagonisme grandissant entre Romands et Alémaniques. Helvétia, à l'instar d'autres sociétés d'étudiants, joua un rôle notable de formation et cooptation pour le monde politique et associatif. D'anciens Helvétiens eurent une activité publique importante, surtout dans les cantons de Berne et Vaud, où cette société fut longtemps un vivier de recrutement de l'élite politique.

En 1900, les cinq sections comptaient 106 membres actifs et environ 600 honoraires (c'est-à-dire les anciens étudiants qui sont membres à vie); en 1950 ils étaient 213 actifs et 861 honoraires, en 1965 respectivement 203 et 907. Le nombre des membres a nettement diminué dans les années 1970, avec deux ou trois nouvelles adhésions par année. En 2005, Helvétia restait une société exclusivement masculine avec des sections à Bâle, Berne, Genève, Lausanne et Zurich comptant environ 100 membres actifs et 1000 honoraires. Officiellement, elle se veut apolitique et met l'accent sur la transmission de la tradition et des rites estudiantins.


Bibliographie
Patrie, amitié, progrès, 1982
– O. Meuwly, Hist. des sociétés d'étudiants à Lausanne, 1987
– L. Blattmann, «Studentenverbindungen - Männerbünde im Bundesstaat», in Männerbund und Bundesstaat, éd. L. Blattmann et al., 1998, 138-155

Auteur(e): Marco Marcacci / DW