21/07/2009 | communication | PDF | imprimer

Andelfingen (commune)

Comm. ZH, chef-lieu du distr. homonyme, autrefois siège de bailliage, marché et tête de pont sur la rive méridionale de la Thur. 1248 Andelfingon; jusqu'en 1970 Grossandelfingen. Ratpert dans le Casus Sancti Galli mentionne à l'année 759 un Antolfinga, mais il s'agit vraisemblablement d'A. dans le district de Biberach (D). 58 feux en 1467, 413 hab. en 1634, 730 en 1850, 855 en 1900, 931 en 1950, 1658 en 1980, 1644 en 2000.

1 - Préhistoire

Plusieurs haches en pierre probablement néolithiques, certaines trouvées au XIXe s. déjà, constituent les plus anciennes traces de présence humaine. Le Service cantonal des monuments historiques a exploré en 1967 un gisement de céramiques de l'âge du Bronze au lieudit Auf Bollen. L'endroit, en contrebas d'une terrasse, avait servi de décharge vers le milieu du XIIe s. av. J.-C. Bien qu'entassés, les objets étaient bien conservés. Une aiguille facile à dater, un fragment de fibule (?) très archaïque, les morceaux d'un moule et ceux d'un chenet ou "croissant de lune" en grès, ainsi qu'un petit tube en or présentent un intérêt particulier. Une tombe probablement hallstattienne contenant plusieurs squelettes a été découverte en 1844 dans une gravière. En 1911, lors de travaux de construction militaires au Laufen, on mit au jour deux sépultures de La Tène au riche mobilier. Un collier trouvé là fut le premier du genre à entrer dans les collections du Musée national suisse, lequel entreprit aussitôt des fouilles qui révélèrent la présence de vingt-sept autres tombes. Vingt-sept des vingt-neuf tombes contenaient, outre des perles de verre, des fibules, colliers, bracelets et bagues, la plupart en bronze ou en fer, parfois incrustés de corail ou de verre. Aucune arme, en revanche, ni poterie. Tout le matériel est conservé au Musée national. On attribue aujourd'hui la coloration noirâtre du terrain constatée en plusieurs endroits à une carbonisation naturelle des cercueils en bois. Hommes, femmes et enfants semblent avoir été inhumés en groupes distincts. A l'exception d'une sépulture remontant peut-être à l'âge du Bronze, cette nécropole date des IVe-IIIe s. av. J.-C. Elle se trouve à quelque distance de fortifications qui n'ont pu être datées.

Auteur(e): Claire Hauser Pult / WW

2 - De l'époque romaine à nos jours

Au haut Moyen Age, la contrée a dû être colonisée à partir de la Thur; puis le plateau au sud fut gagné à la culture des céréales. Le village se forma autour de l'église. Celle-ci a fait l'objet en 1969 de fouilles archéologiques: elles ont révélé les fondations d'un sanctuaire bâti vers l'an 1000 et d'un mur interprété comme la façade ouest d'une église du VIIIe s. Au bas Moyen Age, la paroisse d'A. avait cinq chapelles filiales. Vers 1300, les Habsbourg, selon leur rentier, en possédaient le patronage; il était lié à un domaine (Kelnhof) et passa par échange au couvent schaffhousois d'Allerheiligen en 1404. Après la Réforme, les pasteurs furent élus par le Conseil de Schaffhouse, qui dut accorder toutefois un droit de confirmation à Zurich. Depuis 1864, les paroissiens choisissent eux-mêmes leur ministre.

Jusqu'à sa vente à Zurich en 1434, A. appartint aux Habsbourg, héritiers des Kibourg. Parmi les possessions mentionnées par le rentier des Habsbourg à A., on trouve deux moulins, une mayorie, deux domaines seigneuriaux (Kelnhöfe), une auberge, ainsi que le droit de pêche dans la Thur. Le couvent de Rheinau affermait le droit de bac et le péage du pont sur la Thur; en 1488, Zurich acheta le péage et le pont à Beringer de Hohenlandenberg, vassal de Rheinau. Le pont, mentionné en 1324, fut modifié à plusieurs reprises et détruit en 1799 pendant la guerre. En 1814, un nouveau pont couvert à deux arches fut bâti en bois d'après les plans du maisonneur cantonal Hans Konrad Stadler. Quoique signalée dans d'anciens ouvrages, l'existence d'un marché au bas Moyen Age n'a pu être prouvée. Une foire annuelle apparaît au début du XVIIe s. S'y ajouteront un marché aux bestiaux mensuel en 1867 et une foire de printemps en 1877. Bien qu'A. assumât certaines des fonctions d'un chef-lieu et que l'exercice de divers métiers (forgeron, tanneur, teinturier) y fût attesté dès le XVIe s., on y comptait en 1850 encore davantage de paysans (71) que d'artisans (45). Il n'y eut pratiquement pas d'industrialisation; ne sont à mentionner que les ateliers de broderie de Johann Jakob Arbenz et Johann Ulrich Akeret (1874-1889). Vers 1835, Johann Ulrich Mäder se lança dans la fabrication d'horloges publiques. Johann Ulrich Akeret reprit en 1864 l'Andelfinger Zeitung (fondée en 1858 sous le nom d'Anzeiger von A.) et créa une imprimerie. Depuis 1839, la route cantonale Winterthour-Schaffhouse décrit un vaste lacet à l'intérieur du village. La Société d'utilité publique du district d'A. prit part en 1843 à la fondation de la Caisse d'épargne, filiale de la Banque cantonale depuis 1874. En 1857, s'ouvrit une station du chemin de fer Winterthour-Schaffhouse (Rheinfallbahn). En 1930, l'artisanat et la petite industrie dominent. Construit en 1958, le pont du Weinland enjambe l'étroite vallée de la Thur et dévie le trafic de transit. Dans les années 1960, on créa des zones industrielle et résidentielle. Les agriculteurs se sont établis hors du centre du village. Le secteur primaire, en déclin, offrait 5% et le tertiaire 48% des emplois, occupés à 64% par des navetteurs, 55% des personnes actives travaillant à l'extérieur (1990).

Auteur(e): Martin Illi / WW

Références bibliographiques

Fonds d'archives
Bibliographie