28/02/2006 | communication | PDF | imprimer

Echallens (commune)

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Comm. VD, chef-lieu du district d'E. dès 1798, traversée par le Talent. 1141 Charlens, 1177 Escharlent, 1228 Eschallens; ancien nom all. Tscherlitz. 35 feux en 1416, 32 en 1453 et 81 en 1764, dont 34 cath., 957 hab. en 1850, 1096 en 1900, 1324 en 1950, 2163 en 1980, 4281 en 2000. Vestiges d'une fonderie de l'âge du Bronze découverts dans la cour du château en 1857; nécropoles de La Tène et du haut Moyen Age (aux lieudits en Argilliez, Condémines et Chatelard). E. aurait été situé sur le tracé de la voie romaine reliant Lausanne à Yverdon, mais les vestiges en ont été détruits à la fin du XIXe s. E. est mentionné pour la première fois en 1141 dans une lettre de protection du pape Innocent II à l'abbaye de Montbenoît (Pontarlier). A la fin du XIIe s., les Montfaucon, comtes de Montbéliard, dominent la région. Dès les années 1270, Amédée III rachète aux seigneurs de Goumoens et de Cheseaux les droits sur E. que ceux-ci tenaient des Montfaucon. En 1317, Jean de Montfaucon reconnaît tenir E. du comte de Savoie. Au XVe s., E. passe par droit de succession aux Chalon mais les victoires des Suisses en 1475 mettront fin à la présence bourguignonne en Pays de Vaud et E. devient le centre du nouveau bailliage d'Orbe-E., administré de 1484 à 1798 conjointement par Berne et Fribourg.

En 1291 et 1313, la présence d'un châtelain et de receveurs fiscaux est attestée et un péage est installé avant 1346. Le développement du bourg est toutefois lent: en 1361, selon l'évaluation des revenus décimaux du diocèse de Lausanne, E., qui y apparaît pour la première fois, est au plus bas niveau de taxation. L'octroi des franchises de Moudon à E. par Girard de Montfaucon et Jaquette de Grandson, son épouse, en 1351-1352, prend place dans le développement de la seigneurie. A cette date, E. est doté de murailles enserrant le bourg et le château. Les franchises donnent à E. une organisation municipale, mais la première mention de syndics date de 1464. Pendant l'Ancien Régime, E. est administré par deux gouverneurs et un Conseil de douze membres; un Conseil de vingt-quatre membres est créé en 1738. Ces deux conseils sont composés d'autant de catholiques que de protestants et toute admission de bourgeois doit respecter le principe de l'égalité entre les deux confessions. L'hôtel de ville est construit en 1781. Au spirituel, E. est attesté en 1141 comme filiale de Goumoens-la-Ville et devient paroisse avant 1228. Après la Réforme (1536), E. constitue une paroisse mixte où les deux confessions se partagent l'ancienne église Saint-Jean l'Evangéliste sous la règle du simultaneum, objet de longues négociations entre Berne et Fribourg. Un nouveau sanctuaire mixte est construit en 1726-1727. Sur son emplacement, les catholiques édifient leur église en 1883, alors que les protestants ont construit un temple séparé en 1865. Chef-lieu du bailliage, siège des cours de justice civile et criminelle et de la cour des fiefs, E. compte un certain nombre d'officiers de justice et de notaires. E. est un bourg largement agricole, mais sa situation sur la route Lausanne-Yverdon contribue au développement des activités de transports et d'hôtellerie. C'est aussi un centre régional qui jouit d'un marché depuis 1351, irrégulièrement tenu étant donné la pauvreté du bourg pendant le XVIe s., et de deux foires annuelles au XVIIe s. Deux autres foires lui seront octroyées en 1708 et 1731, dont une foire de domestiques, qui servira aussi de lieu de recrutement de mercenaires.

Le château, mentionné en 1273, n'était à l'origine pas contigu au bourg; il avait trois tours, dont seul un fragment subsiste; endommagé par une tempête en 1445, il fut réparé, voire totalement rebâti en 1451 par Louis de Chalon. Brûlé par les Suisses en 1475, il fut en partie reconstruit au milieu du XVIe s. pour servir de résidence au bailli. On y ajouta un corps de logis en 1719. Propriété de l'Etat de Vaud en 1798, vendu à la commune en 1816, il abrita le tribunal, les prisons, les classes protestantes, le collège secondaire (1892) et, temporairement (1842-1852), les diaconesses avant leur installation à Saint-Loup; il comprend aujourd'hui des locaux de l'administration communale et des classes primaires.

Devenu chef-lieu de district en 1798, E. connaît une croissance lente tout au long du XIXe s. et n'est guère touché par le développement industriel que connaît le canton de Vaud dans les années 1880-1910. A cette date, la structure économique du bourg est toutefois diversifiée: sur les 440 emplois recensés en 1910, l'agriculture en offre 103, l'industrie 175, principalement dans le textile, le bâtiment, la métallurgie et construction mécanique, et l'alimentation, et le tertiaire 162, fournis par l'administration, le commerce, la banque, et les domaines traditionnels de l'hôtellerie et des transports. La création du chemin de fer Lausanne-E. (1874) puis le prolongement E.-Bercher (1889), ne vient pas modifier radicalement le développement économique d'E. L'enseignement confessionnel est maintenu pendant tout le XIXe s.; une école secondaire doublement mixte, créée en 1892, est transformée en collège scientifique en 1911. Un nouveau centre scolaire est inauguré en 1977. Depuis les années 1970, E. a vu sa population doubler et la structure de l'habitat s'étendre considérablement. En 2000, les trois quarts de la population sont employés dans le tertiaire, ce secteur étant stimulé par le fait qu'E. est centre de préfecture et abrite différents services administratifs (tribunal de district, registre foncier jusqu'en 2000, etc.). Même les emplois offerts dans le bourg sont liés à l'agriculture: fabrique de machines agricoles, moulins, centre collecteur de céréales et centre de vente de produits pour l'agriculture. Au milieu du "grenier du Gros de Vaud", E. a inauguré en 1989 la Maison du blé et du pain, musée artisanal vivant.


Bibliographie
– E.S. Dupraz, Echallens: son hist., 1950
Echallens et ses églises, 1965
– M. Grandjean, Les temples vaudois, 1988, 309-310
– D. Décosterd, Région du Gros-de-Vaud: Programme de développement, 3 vol., 1990
– E. Gardaz et al., Mémoires d'un chêne, 1991

Auteur(e): Marianne Stubenvoll