Comm. VD, distr. d'Echallens dès 1798. 164 hab. en 1764 (35 feux), 245 en 1850, 260 en 1870, 207 en 1900, 195 en 1950, 140 en 1970, 241 en 2000. Attesté en 908 (Domno Martino villa), D. passe alors du domaine royal rodolphien à l'Eglise de Lausanne; dès le XIIe s. au moins, il forme une paroisse (église dédiée à saint Martin), dont le patronat appartient au chapitre cathédral. Entre 1180 et 1190, celui-ci y construit une ville forte sous l'égide du chanoine Bandino de Pise, juriste de l'entourage de l'évêque Roger de Vico Pisano. Remarquablement organisée et pourvue du droit de Lausanne, la ville compte une centaine de feux en 1235 lorsqu'elle est détruite par un incendie. Elle est dès lors en déclin: une quarantaine de feux en 1317, une dizaine en 1448. D. est jusqu'en 1536 le centre d'une vaste châtellenie capitulaire, entièrement indépendante de l'évêque, puis, de 1536 à 1798, d'une châtellenie bernoise (mandement de D. dans le bailliage de Lausanne). Elle comprend Sugnens, Naz, Peyres-Possens, Montaubion-Chardonney et Villars-Tiercelin. De nombreux procès de sorcellerie dont les actes ont été conservés se déroulent dans la châtellenie aux XVe et XVIe s. Après un second incendie, en 1547 environ, le site médiéval, sur une butte au-dessus de la Mentue, est abandonné au profit d'un plateau. Depuis la Réforme, D. est le centre d'une paroisse protestante, englobant actuellement les mêmes villages que l'ancienne châtellenie, à l'exception de Villars-Tiercelin. L'église est de 1733-1735; la cure de 1602 contient une prison, sans doute à l'usage du consistoire, de 1705. Les ruines de la ville forte sont classées depuis 1900. La population est encore largement occupée dans l'agriculture et l'exploitation forestière (les forêts occupent 80 des 295 ha de la surface du territoire communal).
Bibliographie
– O. Blanc, Le temple de Dommartin, 1984
– M. Fontannaz, Les cures vaudoises, 21987, 35-36, 49-50, 407
– P.-H. Choffat, La sorcellerie comme exutoire, 1989
– J.-D. Morerod, «Un aménagement foncier à Dommartin en 1440 et le sens du mot "tierdoz"», in Paysages découverts, 1, 1989, 129-134
Auteur(e): Jean-Daniel Morerod