16/03/2010 | communication | PDF | imprimer | 

Sarraz, La (commune)

Comm. VD, distr. de Morges, dans la vallée de la Venoge, au pied du Mormont. 1149 Sarrata. 55 feux en 1550, 52 en 1696, 363 hab. en 1764, 502 en 1803, 790 en 1850, 930 en 1900, 1010 en 1950, 1728 en 2000.

Des vestiges de refuges à Châtillon et à la Tine de Conflens remontent probablement aux temps préhistoriques; des ruines d'établissements romains furent mis au jour aux Aleveys et à La Chambre. Les restes d'une petite industrie sidérurgique aux Aleveys n'ont pas pu être datés. En 1049, Adalbert de Grandson érigea une tour dominant le défilé du Mormont, sur des terres appartenant au prieuré de Romainmôtier, au pied de laquelle un bourg se développa, ouvert au XIIe s., fortifié au XIIIe s. La S. fut, à partir de la fin du XIVe s., le centre prospère de la seigneurie du même nom, avec quatre foires annuelles. La ville acquit des seigneurs ses libertés et franchises dans le courant des XIIIe et XIVe s. (coutume de Lausanne). Le château, pillé en 1475, brûlé en 1536, parvint à l'époque contemporaine dans ses structures architecturales du XIVe s. Il passa des Grandson-La S. (1049-1269) aux Montferrand-La S. (1269-1541), puis aux Gingins-La S. (1542-1798). Sous le régime bernois, La S. fit partie des bailliages de Moudon (1536-1598) et de Romainmôtier (1598-1798). Un marché hebdomadaire, concédé en 1597, était sur le déclin à la fin du XVIIIe s., concurrencé par celui d'Orbe. De 1798 à 2006, la commune fut intégrée au district de Cossonay.

Au spirituel, La S., qui relevait de la paroisse d'Orny, n'eut longtemps pas d'église. La chapelle seigneuriale Saint-Antoine, construite vers 1360, servit de sépulture familiale dès le XVe s.; elle abrite le cénotaphe de François Ier de Montferrand-La S., connu comme l'une des plus anciennes représentations de corps en décomposition (vers 1380-1400). La chapelle de la Vierge, bâtie vers 1400, fut érigée en église paroissiale à la Réforme, tandis que la chapelle Sainte-Catherine, construite en 1477, fut désaffectée en 1536.

Des moulins et des forges, mus par le bief du Nozon et la Venoge, sont à l'origine de l'industrie locale: tanneries Knébel (1741) et Huguenin (1781), papeterie (1828) remplacée par une fabrique de couvertures de laine (1871), fonderie de cloches (1935, toujours en activité), Holcim Vaud/Fribourg SA (1931, auj. Holcim Granulats et Bétons SA). Le château, qui accueillit le premier Congrès international d'architecture moderne en 1928, abrite depuis 1982 le Musée suisse du cheval. La proximité de l'autoroute A1 favorise un développement résidentiel (en 2000, plus des deux tiers de la population active étaient des pendulaires).


Bibliographie
– J. Ogiz, Hist. de La Sarraz, 1899
– G. Duplain et al., La Sarraz, château du milieu du monde, 1972

Auteur(e): Patrick-R. Monbaron