30/09/2004 | communication | PDF | imprimer

Bex (commune)

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Comm. VD, distr. d'Aigle dès 1798. Bourgade-rue le long de la rivière Avançon et huit hameaux: Le Châtel, Les Dévens, Le Chêne, Fenalet, Les Posses, Le Bévieux, Frenières, Les Plans. Troisième commune du canton par la superficie (9670 ha), B. s'étend à la frontière est du canton, des bords du Rhône (395 m) au sommet des Diablerets (3210 m). 574 in Baccis, ancien nom all. Beis. 1550 hab. en 1722, 2063 en 1764, 2298 en 1803, 3091 en 1850, 4561 en 1900, 4772 en 1910, 4264 en 1941, 4762 en 1950, 5973 en 2000.

Nécropoles de l'âge du Bronze, abri habité au Néolithique (Sous Barme). Villae aux lieudits Pré Clavel et Pied du Montet. En 574, des troupes franques écrasèrent à B. des bandes de Lombards. B. faisait partie du comté du Valais, donné par Rodolphe III de Bourgogne à l'évêque de Sion en 999. Dès le XIVe s., la commune, qui relevait de la seigneurie de B., fut divisée en douze dizains (huit pour la plaine, quatre pour la montagne) qui avaient droit chacun à un représentant au Conseil. B. fut occupé par les Bernois en 1464. Lors des guerres de Bourgogne, B. se soumit à Berne et, de 1476 à 1798, le mandement de B. fit partie du gouvernement d'Aigle et releva de l'administration allemande de Berne. Le Conseil fut réorganisé deux fois au XVIIIe s.; l'hôtel de ville actuel date de 1747. B. possédait une cour de justice (châtellenie). Les troubles révolutionnaires en Bas-Valais dès 1796 et le passage incessant des troupes françaises amenèrent la misère, après une période de prospérité. Le 26 janvier 1798, la révolution vaudoise gagna B., qui l'accepta aussitôt. B. devint chef-lieu du cercle de B. en 1803. Création du Conseil communal (législatif) en 1814, à majorité de gauche dès 1945. Le Journal de Bex (1899), de tendance radicale, a absorbé en 1909 l'Echo du Rhône (1876, radical) et a fusionné en 1993 avec les autres journaux de la région (Journal du Chablais). B. a un collège (enseignement secondaire inférieur) depuis 1804. Un nouveau bâtiment pour l'école primaire est construit en 1846.

Au spirituel, B. faisait partie du diocèse de Sion, décanat de Monthey. Mentionnée dès 1193, l'église Saint-Clément fut reconstruite au XVe s. et, après un incendie, en 1813. Seul demeure le clocher de 1501. Le droit de patronat appartint tantôt à l'évêque de Sion, tantôt au chapitre. En 1528, le mandement de B. fut le premier du gouvernement d'Aigle à accepter la Réforme, mais de nombreux Bellerins quittèrent B. pour le Valais ou suivirent clandestinement la messe à Saint-Maurice. Une paroisse catholique a été recréée en 1870 (diocèse de Sion). Des sœurs de Saint-Maurice dirigent un institut pour jeunes filles (1957).

Cultures et climats variés se côtoient à B.: plaine (cultures fruitières et blé), coteaux où poussent la vigne (84 ha) et les châtaigniers, forêts et alpages (dont Javerne, Solalex et Anzeindaz). En 1988, la société de laiterie, fondée en 1888, groupait encore une cinquantaine de membres qui, avec les autres agriculteurs, se répartissaient un cheptel de 1500 têtes de gros bétail et 1000 moutons et chèvres. La localité est située au pied d'une région salifère de 50 km2; les Salines de B. sont exploitées dès 1680; une mine de soufre fut en activité à Sublin pendant le Blocus continental. B. développa au XIXe s. une industrie hôtelière centrée sur le thermalisme, à son apogée au début du XXe s. Après la Première Guerre mondiale, l'hôtellerie ne sut pas s'adapter aux nouveaux besoins touristiques. Fleuron hôtelier, l'hôtel des Salines (1871) cessa toute activité en 1976. B. misa aussi sur le tourisme éducatif: l'institut Ascher (1925), internat pour enfants juifs, a été transformé en centre pour requérants d'asile de la Croix-Rouge en 1982.

L'industrie s'est diversifiée au XXe s.: fabrique de plâtre (1905), papeterie (incendie en 1910), fonte électrique (1917), fabrique de treuils et cabestans (1947), constructions métalliques (1953), entreprise de métallisation (1965), récupération et recyclage des métaux (1972), sablage et revêtement (1977). Par ailleurs, l'implantation d'industries sur la rive valaisanne du Rhône (chimie et raffinage du pétrole) n'est pas étrangère au développement actuel de B. L'usine électrique de Sublin (Forces motrices de l'Avançon) fournit la région depuis 1897. La localité est en outre bien desservie par les transports publics depuis le XIXe s.: station de la ligne ferroviaire du Simplon en 1857, gare de départ du chemin de fer B.-Villars-Bretaye (Chesières 1906, Bretaye 1913), tramway B.-Bévieux (1898), bus B.-Fenalet et B.-Les Plans. Aérodrome des Placettes (petite aviation) depuis 1919. Accès à l'autoroute A9 (Lausanne-Sion) en 1981. Hormis la construction d'immeubles et de villas hors du centre, l'aspect du bourg d'avant 1900 a été peu modifié: destruction du Grand Moulin en 1969 (ancienne fabrique de pâtes alimentaires) et incendie de l'hôtel des Salines (1981). Les mines de sel restent le principal attrait touristique de B., qui offre aussi un jardin botanique à Pont-de-Nant (1891) et un musée d'histoire (1974). L'organisation d'un meeting international d'aviation dès 1974, le jumelage avec la ville allemande de Tuttlingen (1979) et la mise sur pied d'une exposition nationale de sculpture contemporaine dès 1981 ("Bex et Arts") contribuent au renouveau de la localité.


Bibliographie
– A. Millioud, Hist. de Bex, 2 vol., 1910-1914
– R.-A. Houriet, Bex du régime bernois à la révolution vaudoise, 1957
Revue hist. du Mandement de Bex, 1967-
– R.-A. Houriet, Bex, 1972

Auteur(e): François Berger