21/04/2011 | communication | PDF | imprimer

Mendrisio (commune)

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Comm. TI, chef-lieu du cercle et du distr. du même nom, au pied du Monte Generoso, comprenant aussi Salorino depuis 2004, Arzo, Capolago, Genestrerio, Rancate et Tremona depuis 2009. 793 Mendrici, ancien nom all. Mendris. 962 hab. en 1591, 862 en 1643, 1051 en 1696, 1290 en 1801, 1972 en 1850, 3338 en 1900, 4602 en 1950, 6146 en 2000.

Une trentaine de tombes, sarcophages et pierres tombales, des monnaies (République et Empire), ainsi que les restes d'une villa près de l'église Sainte-Marie attestent la vitalité de la localité à l'époque romaine. La présence de puissantes familles lombardes accroît ensuite son importance aux dépens de Balerna, ancien centre de la pieve (grande paroisse). En 1140, M. est une commune autonome dans le comté du Seprio. A la domination politique de Côme (1170-1335) succède, avec la soumission de cette dernière à Milan, celle des Visconti, même si l'administration comasque reste en place en fait jusqu'en 1402. Au XVe s., les ducs de Milan inféodent M. aux Rusca et aux Sanseverino. Au Moyen Age, les constructions civiles, avec quelques tours massives, se développent entre la porte Saint-Jean et la rivière Moree; le château de la famille Torriani, situé sur une colline au-delà du cours d'eau, est détruit au bas Moyen Age. Sous le gouvernement des Suisses, définitif dès 1521, M. devient chef-lieu du bailliage du même nom; le bailli réside dès le XVIIe s. au palais Rusca. Dans la vie politique communale les familles bourgeoises (nobles et roturières) ont une nette prééminence sur les divisi (habitants) jusqu'à la fin de l'ancienne communauté (vicinia, 1798).

Peut-être déjà avant l'an mille, M. assume la fonction d'église paroissiale, indépendante de l'église mère de Balerna, dont elle se sépare au XVe s. Les fidèles relevaient des paroisses Saints-Cosme-et-Damien et Saint-Sisinio. L'actuelle église paroissiale dédiée aux saints Cosme et Damien, en style classique, a été bâtie entre 1863 et 1875; elle se trouve en amont de l'édifice baroque, reconstruit en 1672. L'église Saint-Sisinio est située dans le hameau de la Tour. Plus éloignées du centre, se trouvent les églises Saint-Martin (autour de laquelle se tient la foire annuelle) et Saint-Nicolas. Les humiliées desservaient l'hospice Saint-Jean et l'ordre était présent avec un second couvent dans le quartier Ferrera (1268). De nouveaux ordres, dont les couvents seront sécularisés au milieu du XIXe s., sont actifs à l'époque moderne. En 1477, les servites ont l'obligation de porter secours aux pèlerins et, dès 1644, d'instruire les jeunes; l'école (installée dans le couvent Saint-Jean, auj. Musée d'art) deviendra une école secondaire cantonale en 1852. Au XVIIe s., les ursulines s'établissent à Caslaccio et les capucins au sud de la commune.

A l'époque moderne, la localité s'élargit au-delà du pont sur la Moree, englobant de prestigieux édifices (palais Pollini) et quelques fermes comme le Matagh, tandis que le long de la rivière s'installent des papeteries, des moulins, des brasseries et, vers la fin du XIXe s., l'imposante filature Torriani-Bolzani (350 employés dès 1873, surtout des femmes et des enfants). Les transformations les plus importantes se produisent dès la seconde moitié du XIXe s. La population double en un peu plus de soixante ans. M. s'étend le long du prolongement de son axe: vers le sud, avec des villas luxueuses et l'hospice de la Beata Vergine (1860), vers le nord en direction des Cantine. Alors que l'agriculture (basée sur le métayage) se meurt, l'arrivée du chemin de fer stimule, en aval de son tracé, le développement d'un second pôle industriel diversifié, après celui des manufactures sur la Moree. Il emploiera surtout des ouvriers frontaliers et, après la Deuxième Guerre mondiale, il occupera progressivement les prés de la plaine de Saint-Martin. Les autorités cantonales construisent d'importants bâtiments dans la zone méridionale: l'hôpital neuropsychiatrique (1898), le marché couvert (1944) et des centres scolaires, dont l'académie d'architecture de l'université de la Suisse italienne (1996). Dans les rues entre la gare CFF et le centre historique se trouvent au début du XXIe s., outre des logements, de nombreuses entreprises du tertiaire, secteur qui fournissait en 2005 plus de la moitié des emplois. En 2000, la moitié de la population active de M. était composée de navetteurs. Les deux tiers des emplois dans la commune étaient occupés par des personnes venant de l'extérieur; les frontaliers représentaient les deux cinquièmes des personnes travaillant à M.


Bibliographie
– G. Martinola, «I conventi di Mendrisio», in BSSI, 1945, 1-17, 50-73
– Martinola, Inventario, 1, 221-319; 2, 163-228
– M. Medici, Storia di Mendrisio, 3 vol., 1980-2006
HS, II/1, 51-65; V/2, 851-860

Auteur(e): Renato Simoni / MFR