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No 1

Tinguely, Jean

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naissance 22.5.1925 à Fribourg,décès 30.8.1991 à Berne, cath., de La Roche, Pont-la-Ville et Bâle, bourgeois d'honneur de Fribourg (1985). Fils de Charles Célestin, magasinier, et de Jeanne Louise Ruffieux. ∞ 1) 1951 Eva Aeppli, 2) 1971 Niki de Saint Phalle. Ecoles primaire et réale à Bâle, apprentissage de décorateur (1941-1944), cours à l'école des arts appliqués de Bâle (1943-1945). Décorateur de vitrines à Bâle. Entré au parti du travail en 1945, T. fréquente le cercle anarchiste de Heiner Koechlin dès 1949, date à laquelle il rencontre également Daniel Spoerri. En 1952, il s'établit à Paris où, en peu de temps, il réalise quelques séries majeures de ses œuvres: premiers objets cinétiques (1954), sculptures en fil de fer, reliefs, premières machines à dessiner (1955), reliefs sonores et sculptures rotatives. Il devient l'ami du peintre Yves Klein (1958). Niki de Saint Phalle, dont il avait fait la connaissance en 1956, est sa compagne dès 1960. La même année, il adhère au groupe des Nouveaux Réalistes, crée ses premières fontaines et construit, dans la cour du Musée d'art moderne de New York, sa première machine autodestructrice (Hommage à New York). Bien avant l'apparition du land art, il met en scène le paysage avec ses grandes performances destructives Etude pour une fin du monde No 1 en 1961 à Humlebaek (Seeland, Danemark) et Study for the End of the World No 2, en 1962 dans le désert près de Las Vegas. Entre 1960 et 1963, il travaille surtout avec de la ferraille, par exemple pour ses excentriques Baluba et ses sculptures-radios interactives. A l'Exposition nationale de 1964 à Lausanne, il présente Eurêka, sculpture-machine monumentale peinte en noir (auj. au Zurichhorn). Dans la lignée des coûteuses machines, absurdes et au mouvement perpétuel, figure aussi un important groupe de sculptures et reliefs noirs, comme Requiem pour une feuille morte (1967). T. aimait à réaliser des sculptures monumentales et des œuvres collectives avec des amis artistes, tel Le Cyclop (1971-1974), haut de plus de vingt mètres, à Milly-la-Forêt près de Paris. Avec Niki de Saint Phalle, il crée la Fontaine Igor Stravinsky à côté du Centre Pompidou à Paris (1983). A Bâle (Theaterplatz), sa Fontaine du Carnaval (1977) met en scène l'eau, élément à la fois plastique, multiforme et éphémère. La Danse macabre Mengele (1986), installation en plusieurs parties faite de débris et pièces de fer tordues récupérés dans une ferme incendiée, conjugue conscience politique et thématique de la mort; c'est une œuvre caractéristique de la dernière période de T. L'artiste explore inlassablement les relations entre l'homme et la machine, ainsi que les limites de la condition humaine, avec humour, ironie et imagination. Il a reçu, entre autres, le prix artistique de la Ville de Bâle (1980) et un doctorat honoris causa de la Royal Academy of Arts de Londres (1989). Le Musée Jean Tinguely de Bâle, construit par Mario Botta et financé par Roche, a ouvert ses portes en 1996. Niki de Saint Phalle lui a fait don de plus de cinquante "machines à Tinguely", de nombreux dessins et d'archives.


Bibliographie
– K.G.P. Hultén, Jean Tinguely: Méta, 1972
Musée Jean Tinguely Bâle: la collection, 1996 (all. 1996)
Jean le Jeune, cat. expo. Bâle, 2002

Auteur(e): Roland Wetzel / VW