15/07/2005 | communication | PDF | imprimer | 
No 13

Christen, Joseph Maria

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baptême 22.2.1767 à Buochs, décès 30.3.1838 au château de Thorberg, cath., de Wolfenschiessen et Buochs, d'Aarau dès 1819. Fils de Johann Jakob Walter Laurenz, berger, peintre d'images pieuses et sculpteur sur bois, et de Maria Barbara Zimmermann, de Vitznau. ∞ Rosina Scheuermann, d'Aarbourg. Issu d'un milieu très pauvre, C. resta sans formation scolaire et dut gagner sa vie dès l'enfance. En 1785, il fut accepté à la nouvelle école de dessin de Lucerne (Johann Melchior Wyrsch) et fréquenta aussi la classe de sculpture sur bois de Friedrich Schäfer (ou Schäferle). Ses premiers bustes révélèrent son talent. Il se rendit à Rome en 1788, où il suivit l'enseignement du sculpteur Alexander Trippel et se convertit au néoclassicisme. C. séjourna à Zurich (1790), puis à Stans et plus tard à Lucerne; il trouva de nouveaux protecteurs au sein du patriciat zurichois: il fit des portraits posthumes de Johann Jakob Bodmer (1698-1783) et de Salomon Gessner (monument Gessner). Martin von Muralt et surtout Heinrich Keller (1771-1832) devinrent ses élèves. Johann Rudolf Burckhardt lui commanda le groupe Angélique et Médor (1791). C. adhéra en 1796 à la Société helvétique, dont il était proche depuis longtemps. Son mariage avec une protestante révéla le fossé qui s'était creusé entre sa terre natale et lui-même. Il oscilla entre Berne, Lucerne, Aarau et Bâle, sans s'établir nulle part, avant de se fixer à Bâle de 1800 à 1817. Le monument d'Esther Forcart-Weiss à Bâle (1799) reste le travail majeur de ces années; l'art de C. y est à son sommet. Présentant les mêmes caractères, son buste en hermès de Napoléon (Milan, 1805) devint son œuvre la plus célèbre. C. se consacra de plus en plus au portrait (médaillons, bustes). On considère sa Vénus anadyomène (1809) et sa Danaé (toutes deux à Bâle) comme ses derniers grands sujets mythologiques (conservés). Il réalisa d'innombrables portraits de chefs militaires et politiques européens à l'époque de l'occupation de Bâle (1813) et du congrès de Vienne (1815), deux points culminants dans sa carrière. Il vécut après 1819 en Allemagne, où il fut collaborateur de Ludwig Schwanthaler à Munich (1824) et modeleur à la fonderie de Blaskow (1826-1831). A son retour en Suisse, on nota chez lui une instabilité mentale croissante, qui nécessita une tutelle, puis un internement à Königsfelden. Sombrant dans l'amertume, C. passa ses dernières années à Thorberg.


Bibliographie
DBAS, 216

Auteur(e): Dieter Ulrich / FS