04/11/2004 | communication | PDF | imprimer
No 1

Böcklin, Arnold

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naissance 19.10.1827 à Bâle, décès 16.1.1901 à San Domenico près de Fiesole (Toscane), prot., de Bâle. Fils de Christian Friedrich, commerçant, et d'Ursula Lippe. ∞ 1853 Angela Pascucci, fille de Domenico, garde pontifical. Après avoir suivi le gymnase classique à Bâle et les cours de dessin de Ludwig Adam Kelterborn, B. s'inscrivit à l'académie des beaux-arts de Düsseldorf (1845-1847) où il fut l'élève du paysagiste Johann Wilhelm Schirmer. Il voyagea à Anvers et Bruxelles, dans le Jura et les Alpes, et fut témoin de la révolution de février 1848 à Paris. Déménageant souvent, il vécut entre autres à Rome (1850-1857, 1862-1866), à Munich (1858/1859, 1871-1874), à Weimar (1860-1862), à Bâle (1866-1871), à Florence (1874-1885, 1893-1895), à Zurich (1885-1893).

D'abord pur paysagiste, B. s'intéressa de plus en plus à la figure. Il se mit aux sujets mythologiques au milieu des années 1850 et obtint son premier grand succès en 1859 avec Pan dans les roseaux. Appelé à l'école des beaux-arts de Weimar en 1860, il y rencontra Franz Lenbach et Reinhold Begas. Après son second séjour romain, consacré à l'étude des fresques pompéiennes et de l'œuvre de Raphaël, il revint à Bâle et y brossa les fresques du pavillon Sarasin et du musée de la rue des Augustins. Sous le coup de la guerre franco-allemande, il peignit la Maison détruite par la mitraille à Kehl, la Chevauchée de la Mort et le Combat des Centaures. Dès 1880, il travailla sur le motif de l'Ile des Morts, son œuvre la plus connue. A Florence, il réunit un cercle d'artistes dont firent partie Hans Sandreuter, Theophil Preiswerk, Hans von Marées, Adolf von Hildebrand, Adolf Bayersdorfer et Hugo von Tschudi. Sa situation matérielle s'améliora grâce au marchand d'art berlinois Fritz Gurlitt, qui se mit à acheter toute sa production. Durant sa période zurichoise, B. recourut à des formats toujours plus monumentaux et même au polyptyque (Légende de la Vierge, Saint Antoine). Membre de la Commission fédérale des beaux-arts (1888-1890). Il gagna l'amitié de Gottfried Keller, se vit conférer le doctorat honoris causa et la bourgeoisie d'honneur (1890). Une attaque d'apoplexie en 1892 le contraignit à des séjours de convalescence en Italie. Il passa ses dernières années à San Domenico près de Fiesole, où il peignit des tableaux pleins d'une sombre gravité (Paolo et Francesca, La Guerre, La Peste). L'Italie de B. n'est pas la terre traditionnelle de la civilisation classique, mais un pays farouche et lointain, où s'était retiré un homme sans complaisance à l'égard des réalités politiques et sociales de son temps.


Fonds d'archives
– Fonds, ALS, ÖKB et StABS
Bibliographie
– R. Andree, A. Böcklin, Die Gemälde, 1977 (2 1998)
– H. Holenweg, F. Zelger, A. Böcklin, Die Zeichnungen, 1998
– K. Schmidt et al., Arnold Böcklin, 2001

Auteur(e): Franz Zelger / PM