11/02/2010 | communication | PDF | imprimer

Agno

Comm. TI, distr. de Lugano, comprenant également les villages de Cassina, Mondonico et Serocca. A. (818 Anium, all. Ancien Régime Eng) est le centre le plus important du Malcantone, siège de l'ancienne paroisse et chef-lieu de l'ancienne commune. 158 feux en 1591, 575 hab. en 1801, 911 en 1850, 723 en 1900, 909 en 1950, 3655 en 2000.

1 - Commune

En position favorable tant sous l'angle des communications routières (Varèse-Ponte Tresa-Monte Ceneri) que lacustres (à l'extrémité nord d'un bras du lac de Lugano), A. fut peut-être le centre d'un pagus, dont l'importance est attestée par les vestiges archéologiques conservés au Museo plebano. L'ancienne importance commerciale est confirmée par les fréquentes concessions de privilèges pour la tenue de foires et marchés; la foire de Saint-Provin, le deuxième lundi de mars, est leur continuatrice. Au Moyen Age, les propriétés de l'archevêque de Milan comprenaient un vivier qui passa ensuite à l'évêque de Côme, puis à des particuliers de l'endroit, pour être supprimé en 1843 par les autorités cantonales. L'église collégiale Saint-Jean-Baptiste, où sont conservées les reliques de saint Provin, co-patron, deuxième évêque de Côme, est bâtie sur les restes d'un édifice antérieur. Au pied de l'église s'est développé le plus ancien noyau habité, qui s'est ensuite étendu d'un côté vers la colline, de l'autre vers la plaine et le long des axes routiers. Les travaux de correction de la rivière Vedeggio, commencés en 1906, et l'assainissement de la plaine d'A., dès le début du XIXe s., ont considérablement étendu la surface productive de la commune, créant dans un premier temps une vaste zone agricole. Depuis la Deuxième Guerre mondiale, on assiste à un développement rapide d'activités industrielles et commerciales, ainsi que de services liés au tourisme. Dès 1960, l'augmentation de la population fournit une preuve évidente de ce phénomène. Dès 1980, l'aéroport d'A. accueille des vols de ligne dont le nombre, lié tant au tourisme tessinois qu'au développement de la place financière de Lugano, est en constante augmentation; en 1990 on a enregistré 16 270 vols et plus de 300 000 passagers. Une concession du Conseil fédéral a autorisé en 1996 une augmentation du trafic (700 000 passagers par année).

Auteur(e): Bernardino Croci Maspoli / MFR

2 - Pieve

La constitution de la pieve (grande paroisse) est en relation avec la diffusion du christianisme durant le Bas-Empire sur l'axe Milan-Côme-Riva San Vitale; la consécration de la collégiale à saint Jean-Baptiste atteste son caractère d'église baptismale. Deux documents, l'un de 735, l'autre de 818 (diplôme de l'empereur Louis le Pieux), confirment l'existence d'un centre paroissial. Peut-être de fondation ambrosienne, la paroisse d'A. passa probablement en 1002-1004 aux mains de l'évêque de Côme. Un document de 1192 mentionne le chapitre paroissial et le premier prévôt connu est Guglielmo da Marchirolo (1288). Le "parchemin de Sessa" (1352) est la source la plus ancienne concernant l'extension de la paroisse, de Bironico à Marchirolo. Dans les actes de la visite de l'évêque de Côme Giovanni Antonio Volpe (1571) figure une description détaillée des terres, des paroisses et vice-paroisses qui formaient la pieve; sur le territoire helvétique: Agno, Aranno, Arosio, Astano, Bedigliora, Bironico, Bioggio, Bosco Luganese, Breno, Cademario, Camignolo, Caslano, Castelrotto, Curio, Isone, Magliaso, Medeglia, Mezzovico, Miglieglia, Mugena, Muzzano, Neggio, Novaggio, Ponte Tresa, Pura, Rivera, Robasacco, Saint-Abonde (Gentilino et Montagnola), Santa Maria (Iseo et Cimo), Sessa, Sigirino, San Pietro di Gravesano, Torricella, Vernate, Vezio et Vira; sur le territoire aujourd'hui italien: Arbizzo, Ardena, Cadegliano, Cremenaga, Cugliate, Fabiasco, Lavena, Marchirolo, Marzio, Viconago; à l'exception de Cremenaga, toutes ces paroisses se détacheront d'A. déjà en 1633. La pieve civile, comprise d'abord dans le territoire de Côme puis dans le duché de Milan, fait partie dès le début du XVe s. de la communitas Vallis Lugani et élit ses propres représentants au sein du Conseil général du bailliage. En 1803, avec l'acte de Médiation, la pieve perd tout caractère politique.

Auteur(e): Bernardino Croci Maspoli / MFR

Références bibliographiques

Fonds d'archives
– AChap Agno
Bibliographie
– E. Maspoli, La pieve di Agno, 1917
HS, II/1, 29, 38-50