14/10/2004 | communication | PDF | imprimer | 

Bremgarten bei Bern

L'édition imprimée de cet article comporte des images. Commandez le DHS chez notre éditeur.

Comm. BE, distr. de Berne, et ancienne seigneurie, en aval de Berne sur la rive droite de l'Aar. Cette commune de banlieue comprend le village de B., les quartiers de Seftau-Ländli, Äschenbrunnmatt, Kalchacker, Stuckishaus-Neubrügg et Bündacker. 1180 Bremecart, 1236 Bremegarten, jusqu'en 1870 B.-Herrschaft. 121 hab. en 1764, 721 en 1850, 893 en 1900, 1042 en 1950, 3802 en 2000.

Vestiges romains et aqueduc (romain ou médiéval) dans la gravière, voie pavée sur la presqu'île formée par une boucle de l'Aar, monnaies au bord de cette voie et à proximité du bac de Reichenbach. Rien ne subsiste du château fort et de la petite ville médiévale; l'ancien mur d'enceinte du château a été reconstitué en 1978. La seigneurie de B. s'étendait le long de l'Aar entre Worblaufen et Kirchlindach; on n'en connaît pas les limites exactes. Le château des barons de B. et la petite ville attenante, fortifiés tous deux, occupaient l'isthme de la presqu'île. Mentionnée en 1275, l'église privée Saint-Michel, des Xe-XIe s., chœur postérieur à 1306, avait été construite hors les murs sur la presqu'île. En 1298, après la bataille du Donnerbühl, Berne détruisit le château et la ville. En 1306, les seigneurs de B. vendirent, patronage et bac compris, leur seigneurie, amenuisée au XIIe s. par des donations, ventes et partages successoraux, à la commanderie des chevaliers de Saint-Jean de Münchenbuchsee. Ceux-ci relevèrent partiellement le bourg et le château, résidence du commandeur. En 1510, la commanderie remit Stuckishaus en fief héréditaire. A la Réforme, la seigneurie passa à Berne (1529), qui l'attribua à la haute juridiction de Zollikofen, tout en laissant au dernier commandeur la jouissance à vie du château. En 1545, Berne vendit une partie de la seigneurie avec sa basse justice et ses fermes foraines à l'avoyer Hans Franz Nägeli, qui fit démolir le château à l'exception du donjon et du mur d'enceinte et construisit un manoir Renaissance. L'intendance de l'ancienne commanderie de Saint-Jean conserva le patronage, la basse justice de Münchenbuchsee était compétente pour les gens, peu nombreux, de la seigneurie. Celle-ci passa, par achat ou héritage, à d'autres familles de bourgeois de Berne: les Brügger (1579-1592), Kilchberger (1592-1727), Chemilleret (1727-1743), von Wattenwyl (1743-1761) et Fischer von Reichenbach (1761-1765). De 1743 à 1747, le donjon et les murs du château médiéval disparurent lors de la transformation du manoir Renaissance en une résidence d'été de style baroque tardif. Albrecht von Frisching, propriétaire dès 1765, vendit le château sans la juridiction en 1776. Il attira des Tauner et des artisans. Les nouveaux arrivés s'installèrent, de 1767 à 1783, surtout à Seftau-Ländli et Äschenbrunnmatt. En 1764 déjà, B. comptait presque trois fois plus d'"habitants" que de bourgeois. En 1770-1771, Friedrich von Luternau fit construire la maison de campagne du Belvédère et Rudolf Albrecht Haller celle d'Aarwyl. A la Révolution, suivie de l'abolition des droits féodaux (1798), B. fut rattaché au district de Berne (bailliage en 1803, district en 1831). Eprouvé par de fréquents changements de propriétaires, le château connut un nouvel âge d'or de 1918 à 1978 grâce à une famillle d'industriels, les Wassmer, et fut totalement restauré en 1978.

La paroisse de B., peu peuplée, fut desservie à temps partiel, de 1598 à 1632, par un membre de l'académie de Berne. En 1783, on annula la décision, prise en 1767, de supprimer la paroisse, qui comprenait les communes de B.-Herrschaft, Zollikofen et B.-Stadtgericht. Lors de la réorganisation de 1880, B.-Stadtgericht fut rattaché à la paroisse et à la commune de Kirchlindach. Après la création de la paroisse de Zollikofen, le reste de B. rejoignit en 1940 celle de Saint-Paul à Berne, puis, en 1960, celle de Saint-Matthieu.

La commune de B.-Herrschaft et son conseil apparurent en 1798, la commune politique moderne en 1832. Jusqu'au début du XXe s. B. fut à l'écart des voies de communication, malgré la Neubrügg, pont construit en 1466; la passerelle de Seftau (1921) et le pont de Felsenau (1928) remplacèrent l'ancien bac. En raison de constantes difficultés financières, B. demanda son rattachement à Berne en 1925, 1934 et 1945. La Ville fédérale préféra néanmoins fournir son aide dans le cadre de l'association intercommunale Berne-B. (1953-1962). Inaugurée au début des années 1950, une intense activité de construction finit par transformer B. en une importante agglomération suburbaine. Faute de développement industriel propre, la commune reste entièrement dépendante de Berne avec 84% de navetteurs en 1990.


Bibliographie
– E.M. Fallet, Bremgarten, 1991 (suppl. 1994)

Auteur(e): Anne-Marie Dubler / WW