13/05/2008 | communication | PDF | imprimer

Intragna

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Comm. TI, distr. de Locarno. La commune occupe un éperon au confluent des rivières Isorno et Melezza, le long de la route cantonale, et comprend les hameaux de Golino, Verdasio, Pila, Vosa, Cremaso, Calezzo, Costa, Corcapolo et, depuis 1972, Rasa (séparé de Palagnedra en 1864). Si I. et Golino sont rattachés (territorialement et économiquement) aux Terre di Pedemonte (Tegna, Verscio, Cavigliano), une grande partie du territoire communal s'étend jusqu'aux zones alpestres des Centovalli. 1272 Intranea. 604 hab. en 1653, plus de 1000 en 1764, 936 en 1801, 1428 en 1850, 1240 en 1900, 957 en 1950, 841 en 1970, 915 en 2000.

La découverte à I., en 1897, de tombes préromaines pourrait confirmer que la colonisation de ces terres avait eu lieu déjà au cours du premier millénaire av. J.-C. Au Moyen Age, les évêques de Côme et les Capitanei de Locarno y avaient des droits fonciers. Avec Golino et Verdasio, I. se constitua en communauté de voisinage (vicinanza); ses premiers statuts remontent à 1365 (remaniés en 1469). La vicinanza avait droit à un député au conseil de paroisse de Locarno; le consul qui la dirigeait appartenait tour à tour à I. (pour cinq ans), à Golino (pour un an) et à Verdasio (pour un an). Du XVIe au XVIIIe s., le village fit partie du bailliage de Locarno; en 1531, les douze cantons souverains repoussèrent la requête d'I., d'Ascona, des Centovalli et du val Onsernone désireuses de former une communauté indépendante de Locarno. Aux XVIIIe et XIXe s., des querelles éclatèrent avec Golino, qui voulait se constituer en commune autonome.

Du point de vue religieux l'église mère, mentionnée en 1297, est celle de Golino, dédiée à saint Georges. L'oratoire Saint-Gothard à I., consacré en 1474, aujourd'hui sous le vocable du Saint-Nom-de-Marie, se sépara en 1653 de la paroisse de Golino (fondée au XVIe s.) et se constitua en vice-paroisse. L'église actuelle fut édifiée de 1722 à 1738; entre 1765 et 1775 on lui ajouta un campanile, le plus haut du Tessin (65 m). Elle devint une prévôté en 1747. La paroisse de Verdasio fut instituée en 1622, celle de Rasa en 1644, après leur séparation de celle de Palagnedra (formée au XIIe s.); depuis 2000, Rasa est un rectorat. L'église Sainte-Anne de Rasa a été achevée en 1753; celle de Verdasio, dédiée aux saints Jacques et Christophe, a été construite vers 1800.

Pendant des siècles l'agriculture et l'élevage, en grand déclin depuis 1950, ont été les principales ressources économiques de la commune. Dès le XVIe s., une émigration saisonnière se développa: des ramoneurs partaient notamment pour la Lombardie et le Piémont, en outre, de 1631 à 1847, les habitants de Rasa (avec ceux de Ronco, Losone et Terre di Pedemonte) jouirent du monopole du portage à la douane maritime de Livourne. Pendant la seconde moitié du XIXe s., un flux migratoire important se dirigea vers les Amériques et l'Australie. Quelques activités artisanales et industrielles ont disparu depuis 1960: carrière, menuiserie, fabriques de montres et de peduli (sorte d'espadrilles en tissu avec semelle de chanvre), cette dernière active du début du XXe s. à 1962. La route cantonale a été construite entre 1889 et 1893; la gare, le long de la ligne Locarno-Domodossola, en 1923; Pila et Costa ne sont atteignables que par funiculaire (1953), de même que Rasa, située à 898 m (1958). L'hôpital Saint-Donat (établissement médicosocial) a été fondé en 1929. En 1989, création du Musée régional des Centovalli et du Pedemonte. Si la population a diminué dans les villages de montagne (à Rasa elle a passé d'environ 200 hab. au début du XVIe s. à 11 en 1970), elle a par contre augmenté, depuis 1970, à I. et à Golino du fait de la proximité de Locarno. En 2000, les deux tiers environ de la population active travaillaient dans le secteur tertiaire; les navetteurs, notamment vers l'agglomération de Locarno, représentaient la même proportion.


Bibliographie
– L. Maggetti, «Memorie storiche del Comune e delle Terre d'Intragna, Golino e Verdasio», in BSSI, 1886-1887
– G.M. Wähli, Centovalli und Pedemonte, 1967
– O. Silacci et al., Centovalli e Terre di Pedemonte, 1988

Auteur(e): Rodolfo Huber / DW