08/09/2004 | communication | PDF | imprimer

Bernoulli

Famille bâloise de savants, de marchands et, au XVIIIe s., de mathématiciens. Son origine est anversoise, mais on ne peut prouver de liens ni avec les Bornouilla ou Bernoullie, chefs militaires néerlandais des XVe-XVIIe s., ni avec les marchands espagnols de Bernuy (Bernoille, Bernouille). Le chirurgien Leon (décès1561 à Anvers), ancêtre d'une famille de riches épiciers, eut un fils, Jacob (décès1582), chef luthérien, réfugié à Francfort-sur-le-Main où il fut reçu à la bourgeoisie en 1570, fondateur de la branche encore vivante des Bernoully et grand-père de Jacob (1598-1634) qui devint bourgeois de Bâle en 1622. Ce Jacob et son fils unique Nicolaus (1623-1708), grâce à leurs capacités professionnelles et à leurs mariages dans des familles influentes, parvinrent vite à la haute bourgeoisie, aux charges publiques, aux Grand et Petit Conseils. Des quatre fils de Nicolaus, Hieronymus et surtout Jean ( -> 9) firent souche. Ce dernier et son frère Jacques ( -> 7) bâtirent sur le calcul infinitésimal de Leibniz une nouvelle discipline scientifique qui, exposée dans leurs publications et leur correspondance (environ 8000 lettres conservées), sera développée par leurs fils, neveux et petits-fils Daniel ( -> 3), Jacques ( -> 8), Jean ( -> 10), Jean ( -> 11), Nicolas ( -> 13) et Nicolas ( -> 14), et par leurs élèves (Jacob Hermann, Leonhard Euler), ce qui fit de Bâle un haut lieu des mathématiques européennes. Les descendants de Jean ( -> 9), parmi lesquels figurent Carl Albrecht ( -> 1), Elisabeth ( -> 4), Eva ( -> 5), Hans ( -> 6) et Johannes ( -> 12), s'installèrent dans les beaux quartiers et firent de riches mariages. Jusqu'au XIXe s., ils furent, tout comme leurs gendres, marchands ou hommes de science; quelques-uns eurent des charges publiques. La branche de Jean ( -> 11), émigré à Berlin, compte des commerçants et des officiers au service de France. Celle de Hieronymus, plusieurs générations d'épiciers, droguistes et apothicaires fondateurs de maisons de commerce liées entre elles, et dès 1850 des médecins et des pasteurs. Scientifiques, chercheurs et érudits, les B. ont enrichi les musées bâlois de collections ethnologiques, zoologiques et musicales. Des rues, des sites géographiques, des plantes, des fossiles et même un cratère de la Lune portent leur nom.


Fonds d'archives
– AFam, StABS et UBB
Bibliographie
– R. Bernoulli, Die Familie B., 1972 (avec généal.)

Auteur(e): René Bernoulli-Sutter / PM