16/07/2009 | communication | PDF | imprimer

Brissago

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Comm. TI, distr. de Locarno, comprenant les hameaux de Caccio, Cadogno, Cartogna, Gadero, Incella, Madonna di Ponte, Nevedone, Noveledo, Piazza, Piodina, Porta, Rossorino, Tecetto et deux îles (Isola Grande et Sant'Apollinare). Située au bord du lac Majeur et délimitée par la Valmara et la vallée de Creda, la commune comprend trois côtes montagneuses séparées par les vallées de Ponte et du Sacro Monte. B. se trouve le long de la route (construite en 1863) qui relie Ascona à la frontière italienne. Les constructions s'étendent aussi bien sur les rives du lac que sur les collines, les montagnes et les alpages. 1289 Brixago, Ancien Régime all. Brisa. 1675 ha. en 1578, 1330 en 1801, 1266 en 1850, 1136 en 1860, 1639 en 1900, 1577 en 1930, 1931 en 1950, 2120 en 1970, 1909 en 1990, 1833 en 2000.

La découverte d'une hache et de fragments de céramique du Néolithique, des vestiges et des monnaies de l'époque romaine, trouvés à Brenscino en 1846, attestent une présence humaine très ancienne; en 1863, le long de la route cantonale, on mit au jour quelques tombes. Les fragments d'une stèle funéraire ornée d'une inscription furent murés dans l'église Saint-Pancrace (aujourd'hui démolie) sur l'Isola Grande. Au Moyen Age, l'histoire de la commune fut liée à celle de la paroisse (pieve) et cour royale de Cannobio, dans le comté de Stazzona. Après le démembrement de celui-ci (XIe-XIIe s.), B., territoire isolé à la limite des sphères d'influence de Milan et de Côme, releva directement de l'Empire et fut doté de statuts vers le milieu du XIIIe s. (la première version connue date de 1289). La commune, gouvernée par un podestat, était composée de trois communautés (vicinie) (Costa di Piodina, Costa di Mezzo et Costa di Dentro), elles-mêmes divisées en degagne. L'assemblée des habitants élisait trois consuls, un par communauté, qui étaient entourés de nombreux conseillers et de quelques officiers subalternes. De 1342 à 1798, les podestats, qui auparavant étaient nommés par les Visconti de Milan, furent choisis dans la noble famille des Orelli de Locarno. En 1342, la localité fut incorporée par les Visconti dans la capitainerie du lac Majeur. Entre 1439 et 1520, la commune qui, tout en conservant une certaine autonomie, était placée sous le protectorat des comtes Rusca, fut tenue de contribuer aux dépenses pour la défense de Locarno. Le XVIe s. fut caractérisé par les luttes entre les familles Rainaldi et Baciocchi. En 1520, B. se proclama république indépendante mais, en 1521 déjà, se soumit à la domination des douze cantons suisses qui l'annexèrent au bailliage de Locarno, avec une juridiction séparée et ses propres podestats. Intégré au district de Locarno et au canton de Lugano durant la République helvétique, B. devint une commune politique en 1803. Pendant le Risorgimento, les exilés lombards en firent leur refuge et leur centre de contrebande d'armes et de diffusion de littérature clandestine.

Au spirituel, B. dépendait de l'église paroissiale de Cannobio et suivait donc le rite ambroisien. L'église Saints-Pierre-et-Paul (XVIe -XVIIe s., restaurée en 1961), attestée au XIIIe s. déjà, obtint le statut de paroissiale en 1335, celui de prévôtale en 1865. L'île de Saint-Apollinaire ressortissait à la juridiction ecclésiastique ambroisienne, tandis que l'Isola Grande ou Saint-Pancrace, liée à la paroisse de Locarno, faisait partie du territoire d'Ascona, de rite romain. Au XIIIe s., les humiliés édifièrent un couvent sur l'île Saint-Pancrace; ses biens passèrent à l'hôpital de Locarno après la suppression de l'ordre en 1571. En 1885, les deux îles furent achetées par la baronne Antonietta de Saint-Léger, qui fit construire sur l'Isola Grande un jardin botanique et une villa, dont elle fit un centre d'échanges culturels. En 1927, la propriété passa à Max Emden, de Hambourg, qui y construisit un nouveau palais. En 1949 enfin, les îles furent achetées par un groupe de copropriétaires constitué par le canton du Tessin, les communes de B., Ascona, Ronco sopra Ascona, la Ligue suisse pour la protection de la nature et le Heimatschutz; depuis 1950, l'Isola Grande abrite un jardin botanique ouvert au public. Au Moyen Age, la majorité des habitants vivait de l'agriculture et de l'élevage; les riverains et les habitants des collines pratiquaient aussi la pêche, quelques échanges commerciaux et un peu d'artisanat. Au XIIIe s. déjà, on mentionne des moulins, des foulons, des scieries, plus tard des fours à chaux. L'émigration vers Milan et la Toscane prit une grande importance dès le XVe s.; les émigrants de B. étaient traditionnellement cuisiniers et hôteliers et ils furent nombreux à s'implanter en Lombardie. Les palais construits au XVIIe s. témoignent de l'ascension d'une classe de notables. Au XVIIIe s., quelques familles s'installèrent à Locarno et à Ascona où elles occupèrent des situations en vue. En 1845, l'ouverture d'une filature, transformée deux ans après en manufacture de tabac, modifia progressivement la structure socio-économique de la commune. Une nouvelle fabrique fut construite en 1888 et, pendant les premières décennies du XXe s., l'activité industrielle fut à son apogée: l'industrie du tabac employait plus de 600 personnes, en majorité des femmes. Cette période vit également l'essor du tourisme et de l'industrie hôtelière, surtout depuis 1907, lorsque fut construit le Grand Hôtel (démoli en 1993). Depuis 1970, le tertiaire est devenu le principal secteur économique. Le développement de la construction dans les années 1960-1970 a relié les rives du lac et les collines.


Fonds d'archives
– Fonds Branca, ASTI
Bibliographie
– G. Mondada, Le isole di Brissago, 1975 (21990)
– V. Gilardoni, «Gli statuti medievali di Brissago nelle volgarizzazioni del Sei e del Settecento», in AST, 73-74, 1978, 1-204
MAH TI, 2, 1979, 278-424
– V. Gilardoni, «Aggiunte a Gli Statuti medievali di Brissago», in AST, 84, 1980, 491-510
– P. Frigerio, P.G. Pisoni, Brissago medievale nei suoi statuti, 1984
– «Documenti per la storia di Brissago», in AST, 107-108, 1986, 129-174

Auteur(e): Rodolfo Huber / LT