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Berne (commune)

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Comm. BE, distr. de Berne, comprenant le centre historique, dans un méandre de l'Aar fermé par des bastions jusqu'en 1834, les quartiers de Länggasse-Felsenau, Mattenhof-Weissenbühl, Kirchenfeld-Schosshalde, Breitenrain-Lorraine, ainsi que Bümpliz-Oberbottigen incorporé au territoire communal en 1919 (Bümpliz). 1191 Berna, 1218 burgum de Berno. Aux fortes concentrations des quartiers centraux et de Bümpliz-Bethlehem s'opposent, à l'ouest du territoire communal, des zones campagnardes et de vastes surfaces boisées (forêts de Bremgarten et du Könizberg, parties du Grosser Forst). Chef-lieu de canton et Ville fédérale (depuis 1848), B. est le siège de l'exécutif et du législatif de la Confédération, des autorités cantonales et d'une grande partie des administrations fédérale et cantonale. B. abrite aussi des institutions culturelles de la Confédération (notamment les Archives fédérales et la Bibliothèque nationale suisse) et du canton (Université de Berne, tribunal), ainsi que des organisations internationales (Union postale universelle, Office central des transports internationaux par chemins de fer). B. est une ville d'administration et de fonctionnaires, avec un secteur des services particulièrement développé, une ville universitaire, de congrès et touristique. Noyau d'une agglomération en pleine croissance, comprenant trente-quatre communes (1990), de Schalunen au nord à Oberwichtrach dans la vallée de l'Aar et à Kaufdorf dans la vallée de la Gürbe, de Wünnewil-Flamatt (FR) au sud-ouest jusqu'à Worb à l'est, B. est un centre régional pour l'éducation, la culture, la santé (onze hôpitaux), l'industrie et l'artisanat. B. est un carrefour sur les lignes ferroviaires internationales Paris-Milan et Munich-Lyon et sur le réseau des autoroutes et des anciennes routes nationales et cantonales.

Population
AnnéeHabitants
170014 219
173015 932
176414 515
179812 186
181818 997
183724 362

Année 18501880a19101930195019701990b
Habitants 29 67044 08790 937111 783146 499162 405136 338
LangueAllemand 41 78483 144102 444129 781133 737110 279
 Français 1 8754 5666 37810 2628 0415 236
 Italien 1902 0831 9094 29112 5907 134
 Autres 2381 1441 0522 1658 03713 689
ConfessionProtestants27 98639 94878 23495 600118 823115 77979 889
 Catholiquesc1 4783 4569 65013 28023 29541 37436 723
 Catholiques-chrétiens    1 089635335
 Israélites2063871 056854792561334
 Autres et sans confession02961 9972 0492 5004 05619 057
 dont sans confession      10 006
NationalitéSuisses28 00940 46381 335104 864139 367139 873112 599
 Etrangers1 6613 6249 6026 9197 13222 53223 739

a Habitants et nationalité: population résidante; langue et confession: population «présente»

b 128634 habitants en 2000; les chiffres par catégories n'étaient pas disponibles au moment de la rédaction.

c Y compris catholiques-chrétiens de 1880 à 1930

Sources:OFS

1 - De la préhistoire au haut Moyen Age

Situé au bord du Bas-Plateau, le territoire de la commune, où l'Aar décrit plusieurs méandres, se trouvait dès l'époque préhistorique sur l'axe de communication nord-sud menant de l'Alsace aux cols des Alpes par le Jura et l'Oberland. Mais la transversale ouest-est, plus importante, longeait le pied sud du Jura et les lacs, au nord du Moyen Pays, laissant de côté la région bernoise. A l'époque gallo-romaine, B. ne se trouvait pas non plus sur la voie reliant le Léman à Vindonissa par Aventicum et Petinesca, mais sur le chemin, assez fréquenté, qui remontait l'Aar vers l'Oberland.

1.1 - Avant l'époque gallo-romaine

L'actuel territoire urbain, au sens étroit, semble avoir été peu colonisé pendant la période préhistorique, bien que la vallée de l'Aar fût déjà occupée au Néolithique et pendant une partie de l'âge du Bronze (trouvailles néolithiques à Sulgenbach et dans les forêts du Könizberg, de Schermen et de Wyler; dépôts de l'âge du Bronze à Wabern, vestiges de chars sur le territoire de la ville). Les vestiges de la période de Hallstatt se multiplient dans la région de l'agglomération actuelle (notamment des tombes à Grächwil, Jegenstorf); des trouvailles isolées sont recensées dans la ville (tumulus au Kleiner Forst et à Längeried; tombe à inhumation au Burgernziel; trouvailles isolées au Kirchenfeld). Mais ce n'est qu'à l'époque de La Tène qu'un habitat est attesté sur le territoire de la ville: des tombes ou nécropoles, principalement de La Tène moyenne (IIIe-IIe s. av. J.-C.) ont été trouvées en tous lieux, marquant une concentration particulière dans les quartiers de Breitenrain, Kirchenfeld et Mattenhof, ainsi qu'à Bümpliz.

L'établissement celtique de la presqu'île d'Enge revêt une importance de premier ordre. Près du Tiefenaugut a été mis au jour en 1849 un abondant dépôt contenant notamment des épées, pointes de lances, bosses de boucliers, éléments de chars, harnachements, ainsi que quelques bijoux (bracelets, fibules, pendentifs), outils et céramiques. D'autres découvertes sont intervenues depuis; des fouilles systématiques et l'exploitation des trouvailles anciennes ont apporté de nouvelles connaissances, montrant que la presqu'île d'Enge était occupée depuis l'époque de La Tène moyenne, avec un apogée aux IIIe-IIe s. av. J.-C. C'est dans le secteur de Tiefenau qu'ont été découverts les vestiges les plus anciens. C'est probablement dans la seconde moitié du IIe s. av. J.-C. que ce vaste établissement, qui s'étendait sur toute la presqu'île depuis Rossfeld, fut partiellement entouré de remparts, avec un dispositif de barrage au passage le plus étroit (près de l'actuelle halte de Felsenau) et des remparts de flanquement aux endroits facilement accessibles depuis la rivière. La citadelle d'Enge pourrait avoir été l'un des douze oppida helvètes cités par César. A ce jour, on a surtout découvert des remparts, des fossés et des tombes. L'hypothèse d'un lieu de culte à l'emplacement de l'ancien Tiefenaugut (près de l'actuelle halte de Tiefenau) se fonde sur la découverte d'armes brisées que l'on considère comme des offrandes votives. L'enclos quadrangulaire de la forêt de Bremgarten (Schuntnehubel) semble avoir eu une fonction religieuse. Une plaquette épigraphe de zinc trouvée en 1984 au Thormeboden pourrait évoquer le nom de la ville: Brenodor.

Auteur(e): Anne-Marie Dubler, Hans Grütter / LA

1.2 - L'époque romaine

Dans l'Antiquité, la presqu'île d'Enge est à nouveau occupée; de part et d'autre d'une route rectiligne menant à l'extrémité de la presqu'île se développe un vicus, comprenant probablement plusieurs rangées de maisons. Au sud se trouvaient le cimetière du Rossfeld (plus de 160 tombes, dont quelques-unes remontent à La Tène finale) et les bâtiments publics (petit amphithéâtre, sanctuaire avec trois temples gallo-romains à portique près de l'Engemeistergut), puis des bains privés et des locaux artisanaux (ateliers de potiers, fonderie de bronze, forge) et, tout au nord, des bains. Du vicus, la route principale menait en direction de l'ouest par le Grosser Forst (vestiges attestés de la voie romaine) vers Aventicum. Pour le reste, les témoins de la présence romaine sont rares sur le territoire de la commune. Hormis des trouvailles isolées (monnaies, statuettes, bustes), on recense trois villae: une à proximité du vicus, une à la Haspelmatte et un vaste établissement des IIe-IIIe s. apr. J.-C. à Bümpliz. Les monnaies permettent de situer l'abandon du vicus de la presqu'île d'Enge entre 165 et 211 apr. J.-C. Dès lors, le site n'a plus été occupé jusqu'au XIXe s., si l'on fait exception de la chapelle de pèlerinage de Saint-Egidius implantée au Moyen Age sur le temple de l'est (consacrée en 1344, démolie en 1532).

Auteur(e): Anne-Marie Dubler, Hans Grütter / LA

1.3 - Le haut Moyen Age

Le sol de l'actuelle ville de Berne a dû paraître assez peu attrayant pour l'habitat, si on le compare avec les versants des vallées de l'Aar et de la Gürbe, probablement plus densément peuplés au haut Moyen Age. Il n'y a pas d'indices sûrs d'un habitat dans l'actuelle vieille ville avant le Moyen Age. On peut cependant supposer une certaine continuité d'occupation. Ainsi l'église Saint-Maurice de Bümpliz (VIIe-IXe s.) a été construite sur l'ancienne villa gallo-romaine. Les cimetières témoignent d'habitats proches, même si ceux-ci n'ont pas encore été retrouvés; par exemple le cimetière situé à la lisière sud de la forêt de Bremgarten (Ährenweg), qui est daté des VIe-VIIe s. et comprend quelque 300 tombes. Des cimetières du VIIe s. ont été reconnus à Weissenbühl (Holzikofenweg) et à Rosenbühl. Un ouvrage défensif en bois datant peut-être du IXe/Xe s. constitue un élément de la résidence des rois de Bourgogne à Bümpliz.

Auteur(e): Anne-Marie Dubler, Hans Grütter / LA

2 - Moyen Age et Ancien Régime

2.1 - Développement urbain et évolution démographique

Les plus anciennes sources évoquant la fondation de la ville, en 1191 (?), sont la Cronica de Berno (première moitié du XIVe s.) et la chronique de Konrad Justinger (après 1420), largement confirmées par l'archéologie. B. doit son existence aux Zähringen qui, en édifiant villes et châteaux, voulaient renforcer dans l'espace préalpin leur position face aux Hohenstaufen et aux familles nobles locales. La boucle de l'Aar, site de B., appartenait au domaine royal de Bümpliz. Au milieu du XIIe s., le peuplement de la région était assez dense (domaines et hameaux d'Obersulgen, Niedersulgen, Optingen, Wiler, Worblaufen, Wittigkofen, Kalchegg, Brunnadern, Oberwankdorf, Unterwankdorf), mais on ignore s'il existait, au pied du château fort de la Nydegg bâti par Berthold IV de Zähringen dans la seconde moitié du XIIe s., un habitat antérieur à la fondation de la ville. On discute aussi la taille de la ville de Berthold V: pour atteindre la limite de la tour de l'Horloge (Zytglogge), y eut-il successivement deux bourgs, l'un jusqu'à la Kreuzgasse en 1191, l'autre au début du XIIIe s. ou, ce qui est plus vraisemblable, d'emblée un seul? La ville s'ordonnait le long de trois rues. La division en parcelles (de 100 pieds sur 60), la rue, où courait un ruisseau, servant de marché, l'église sur une rue latérale et les faîtes des toits parallèles à la rue sont caractéristiques des fondations des Zähringen.

De la première moitié du XIIIe s. datent deux rues longitudinales supplémentaires (Brunngasse, Herrengasse) et un premier pont de bois sur l'Aar à la Nydegg (refait en pierre de 1461 à 1487). Le quartier du bord de l'eau au pied du château fut fortifié; à l'ouest, l'enceinte fut portée jusqu'à la tour des Prisons (Käfigturm) en incluant la ville neuve, dite savoyarde, et ses quatre rues (1255-1260). A l'est, le Stalden se bâtit sur le site du château de la Nydegg, détruit en 1268 (?), et le quartier de la Matte s'élargit vers le sud. Le dernier agrandissement de l'enceinte médiévale eut lieu en 1344-1346: de fortes murailles enserrèrent les six rues de la "ville neuve extérieure", entre la tour des Prisons et la tour Saint-Christophe ou Porte supérieure (Obertor). Cette limite fut respectée jusque vers 1830, rien ne s'élevant au-delà hormis les bastions de 1622-1634 et l'hôpital des bourgeois. On pava les rues dès 1395. Après le grand incendie de 1405, le bois fit place peu à peu au colombage et à la pierre. Des sources et un ruisseau détourné (le Stadtbach) alimentaient la ville en eau. Les fontaines furent ornées de statues (Hans Gieng). L'aspect d'ensemble qu'offrent les rues remonte au XVIIIe s., lorsque le Conseil édicta des prescriptions sur la hauteur des façades, le nombre des étages, les matériaux de construction (1770).

Les rôles fiscaux (dès 1389) et les comptes rendus de visite pastorale sont les principales sources démographiques anciennes. Comme dans les autres villes européennes aux XIe-XIVe s., les premiers habitants venaient sans doute des environs immédiats. B. comptait environ 100 feux, soit 400 à 600 habitants vers 1200 et environ 3000 habitants vers 1300. La population s'accrut aux XIVe-XVe s., malgré la peste de 1348 (5000-5500 habitants vers 1450), recula dans la seconde moitié du XVe s. comme dans d'autres villes suisses, augmenta de nouveau aux XVIe, XVIIe et surtout XVIIIe s. Le premier recensement de la ville et du canton date de 1764. Malgré une natalité élevée, l'excédent naturel était faible: jusqu'au XIXe s., l'accroissement démographique de la ville reposait sur l'immigration des campagnards.

Auteur(e): Urs Martin Zahnd / PM

2.2 - Economie

B. ne fut pas fondée sur le trajet d'un grand axe commercial. Aussi l'agriculture y jouait-elle un rôle relativement important aux XIIIe et XIVe s. (communaux, forêts, vignobles). L'artisanat répondait surtout à la demande locale, ce qui se traduit par la situation privilégiée des boulangers, bouchers, forgerons et tanneurs, métiers au sein desquels étaient choisis les bannerets. A la fin du Moyen Age, l'industrie textile ne dépassait pas l'horizon régional, bien qu'il existât un règlement corporatif des tisserands en 1307 déjà et que le Conseil eût fait appel en 1463 et 1467 à des drapiers néerlandais pour animer cette branche. Quant à la métallurgie, si l'existence de règlements pour les potiers d'étain, les orfèvres et les fabricants de faux témoignent d'activités différenciées, on ne sait en revanche si la forte position économique et politique des forgerons reposait sur la fabrication ou sur le commerce. La tannerie (attestée dès le XIIIe s., premier marchand de cuir en 1313, premier règlement en 1332) était à la fin du Moyen Age et au début des Temps modernes la plus importante branche d'exportation. Les peaux brutes, surtout d'ovins et de bovins, provenaient du Pays de Vaud, de la Savoie et de l'Oberland bernois. C'est le tracé, modifié au XIVe s., d'axes importants qui permit l'essor de la production de cuir, en ouvrant au grand commerce le Plateau, entre le Léman et le lac de Constance; B. contrôlait de longs tronçons de ces routes. Les marchés hebdomadaires et deux foires annuelles servaient surtout aux échanges régionaux. Le commerce bernois ne prit son envol que dans la seconde moitié du XIVe s.: un entrepôt pour les marchands étrangers fut construit en 1373, plusieurs grandes compagnies, comme celle de Ravensburg et celle des Welser, ouvrirent des comptoirs et le nombre des changeurs et prêteurs (lombards, cahorsins) s'accrut. Le commerce importait des biens destinés surtout à la ville et à son territoire et exportait des produits agricoles, des cuirs, des peaux et des faux. De nombreux marchands venus d'Italie du Nord, de la Suisse romande actuelle et d'Allemagne du Sud sont attestés à B. vers 1400; des Bernois apparaissent durant la première moitié du XVe s. dans les grandes foires européennes. Plusieurs familles de marchands s'enrichirent et acquirent de hautes positions sociales et politiques, tels les Fränkli, Schopfer, Spilmann, Wabern, Ringoltingen-Zigerli, Diesbach. Dès le milieu du XVe s., certains abandonnèrent le commerce, achetèrent rentes et seigneuries et se consacrèrent aux carrières publiques et militaires. Le service étranger et les pensions florissaient, alors que le commerce et l'artisanat stagnaient. Certes il y avait encore vers 1500 des Bernois aux foires internationales; mais à l'exception de Bartholomäus May ils ne travaillaient pas à grande échelle. Dans le sillage de la reconstruction de l'hôtel de ville et de l'église Saint-Vincent (1405 et 1420), le bâtiment s'épanouit (chef-lieu des maçons suisses en 1459, maître Matthäus Ensinger, Erhard Küng), de même que la peinture, sur bois et sur verre (Maître à l'œillet de B., Niklaus Magerfritz, Paul Glaser, Hans Noll). L'art des armoiries peintes sur verre se maintint jusqu'au XVIIe s. (Lukas Schwarz, Hans Funk, Joseph Gösler, Mathis Walter).

Après la Réforme, il est difficile d'évaluer l'influence que la prospérité de la campagne a eue sur l'artisanat de la ville. L'économie urbaine subit toujours plus, dès le XVIIe s., les mesures régulatrices du Conseil (par exemple la traite foraine, l'interdiction de la spéculation sur les grains, la chambre de commerce chargée dès 1672 de stimuler l'économie). Réfugiés huguenots, Jean Roux ouvrit en 1687 dans la (Kommerzienhaus) un atelier de tricot mécanique, Jacques Jonquière et Abraham Dautun en 1694 une manufacture de soieries. Des indienneries apparurent après 1706 (Küpfer, Engelhard, Morel). Les banques Malacrida-Gruner et Morel géraient les fortunes bernoises et les flux financiers entre B. et les cours européennes. Malgré des prêts et privilèges de l'Etat, la société Herff, Le Maire et Sinner ne parvint pas à établir une industrie de la laine basée sur le travail à domicile. Relativement prospères aux XVIe-XVIIe s., les métiers stagnèrent et s'appauvrirent ensuite en raison des règlements corporatifs et des tarifs bloquant prix et salaires. Aux XVIIe et XVIIIe s., les familles dirigeantes tiraient certes leurs revenus des charges publiques (bailliages) et du service étranger, mais bien plus encore de vastes domaines agricoles et seigneuriaux. La fondation de la Société économique (1759), l'application de méthodes agricoles modernes, l'achat d'alpages en Emmental, loués à des vachers indigènes, attestent l'intérêt privilégié des patriciens pour l'agriculture.

Auteur(e): Urs Martin Zahnd / PM

2.3 - Société

Durant tout le Moyen Age, l'élite urbaine est étroitement liée à la noblesse et aux ministériaux des environs (citons les Bubenberg, Kramburg, Kien, Jegistorf, Egerdon, Krauchthal; les familles bourgeoises Gisenstein, Fischer et Wattenwyl). Des changements intervinrent aux XIVe et XVe s., quand des familles nobles de la campagne vinrent en ville (les Scharnachtal, Rümligen, Stein, Erlach; après 1415 les Mülinen, Hallwyl, Luternau) et que d'anciens marchands furent anoblis (les Diesbach, Wabern, Ringoltingen, Matter). La part des marchands et notables roturiers (tels les Münzer, Hetzel, Spilmann, Schopfer) s'accrut dans les cercles dirigeants, dont les caractéristiques au bas Moyen Age étaient l'ouverture (accès très rapide aux charges publiques pour ceux auxquels la réussite économique donnait des loisirs, tels les Fränkli, May, Steiger), la forte dépendance à l'égard des revenus fonciers et seigneuriaux, enfin les liens étroits entre catégories (noblesse ancienne ou nouvelle, marchands), qui évitèrent les conflits aigus. La plupart des dirigeants du XVe s. étaient à la fois membres du Conseil et détenteurs de droits seigneuriaux dans les territoires dépendant de la ville. Le clergé et quelques officiers publics formaient l'élite culturelle, peu nombreuse, respectée, mais presque sans influence sociale ou politique, à l'exception du secrétaire de la ville. Le groupe majoritaire était celui des artisans, où dominaient, économiquement et politiquement, les boulangers, les bouchers, les tanneurs et les forgerons. Ces quatre métiers donnaient le plus de chances de devenir, en passant par le commerce, rentier et donzel (Junker). Les marchands ne formaient pas un groupe distinct, parce que chacun avait droit de commercer. Les couches inférieures de la population sont très mal connues, de même que la topographie sociale.

B. acquit aux XVe et XVIe s. des droits plus nombreux sur des territoires plus vastes, les tâches et les ressources de l'Etat s'accrurent après la Réforme. Cela entraîna la formation d'une nouvelle couche de notables qui remplacèrent la noblesse (extinction des Rümligen, Muleren, Wabern, Ringoltingen, Matter, Bubenberg, plus tard des Stein et Scharnachtal). Il devint important d'accumuler fortune et expérience administrative avant d'accéder à de hautes charges (familles Steiger, Nägeli, Tillier, Graffenried, Werdt par exemple). Le recul des exportations au XVIe s. annula d'ailleurs les possibilités d'ascension des artisans. La Réforme renforça la part des clercs, prédicants nombreux et professeurs à l'école supérieure. Le patriciat s'isola et la structure sociale se figea toujours plus; après 1651, on ne reçut plus de nouveaux bourgeois. Juridiquement, la population se répartissait aux XVIIe et XVIIIe s. en quatre groupes: les habitants, désavantagés politiquement et économiquement (compagnons, valets, journaliers); les habitants perpétuels, jouissant de privilèges économiques mais non de droits politiques (marchands étrangers, entrepreneurs, propriétaires de manufactures); les bourgeois, théoriquement admis au gouvernement, mais pratiquement exclus du cursus honorum (artisans, entrepreneurs, ecclésiastiques, fonctionnaires); enfin les familles réellement dirigeantes (139 familles en 1651, 98 en 1691, 77 en 1745), avec un noyau "noble" (Erlach, Diesbach, Mülinen, Wattenwyl, Bonstetten et Luternau).

Groupes économiques, sociaux et même religieux, les corporations existaient depuis le XIIIe s. (elles sont appellées Gesellschaften, "sociétés", depuis le XIVe s.). Leur nombre augmenta, surtout au XVe s., certaines se partageant en plusieurs chambres (Stube). L'ordre officiel reflète leur prestige social et politique: sociétés des Boulangers, des Forgerons, des Bouchers, des Tanneurs, des Fourreurs (zum Mittellöwen), du Fou (zum Narren und Distelzwang, société de la noblesse, au premier rang dès 1674), des Cordonniers, des Tisserands, du Sauvage (tailleurs), des Marchands, du Singe (tailleurs de pierre), des Charpentiers, des Bateliers, des Vignerons, à quoi s'ajoute celle des Tireurs. Il y eut aussi au bas Moyen Age diverses confréries, associations à but religieux. Attestés à B. pour la première fois en 1259, les juifs furent plusieurs fois bannis et persécutés (1294, 1349, 1392, 1427). Ils perdirent leur principale fonction lorsque le Conseil autorisa les lombards, cahorsins et prêteurs indigènes (1384), mais ne disparurent pas complètement de la ville.

Auteur(e): Urs Martin Zahnd / PM

2.4 - Aspects ecclésiastiques et culturels

L'Aar servait de frontière, avant la Réforme, entre les diocèses de Constance et de Lausanne. L'église de la ville, dont la dédicace à saint Vincent est attestée dès 1255, n'était d'abord qu'une filiale du prieuré des chanoines réguliers de Saint-Augustin de Köniz, passé en 1227/1235 aux chevaliers teutoniques, qui établirent une commanderie à B. en 1256. L'érection en paroisse de plein droit intervint en 1276; l'église fut alors reconstruite; elle le sera à nouveau dès 1420, en style gothique tardif, tandis que la ville s'emparait peu à peu de tous les droits paroissiaux, notamment la désignation de l'administrateur. Enfin, après l'expulsion de l'ordre teutonique (1484) fut fondé le chapitre de Saint-Vincent qui relevait du Conseil sur tous les points importants, nominations, organisation ecclésiastique et matérielle.

Divers ordres religieux s'établirent à B. dès le XIIIe s.: les hospitaliers du Saint-Esprit avant 1228, les franciscains (cordeliers, Barfüsser) en 1255, les dominicains (prêcheurs, Prediger) en 1269, les hospitaliers de Saint-Antoine en 1283, les cisterciennes en 1285/1286 (couvent de Brunnadern ou de Saint-Michel-en-l'Ile, passé aux dominicaines après 1294, transféré en 1327 à l'emplacement de l'ancien cimetière juif). Plusieurs béguinages sont attestés (Herrengasse, Junkerngasse, Mattenenge). Après l'adoption de la Réforme, l'Eglise fut réorganisée, les couvents et chapitres supprimés (dispute de 1528, synode de 1532). La ville forma d'abord une paroisse unique autour de la collégiale Saint-Vincent. La chapelle de la Nydegg et l'église de l'ancien hôpital du Saint-Esprit ne devinrent paroissiales qu'en 1721. L'église du Saint-Esprit, construite en 1726-1729 par Niklaus Schiltknecht, est l'un des plus importants temples protestants baroques en Suisse. En 1720, un décret du Grand Conseil partagea B. en cinq paroisses. L'ancienne église des dominicains est utilisée depuis 1623 par les réformés francophones (paroisse dès 1689).

B. possédait au XIIIe s. déjà une école latine, sise depuis 1481 à la Herrengasse, qui dépendait en tous points du Conseil. La plupart des recteurs avaient, dès le XVe s., une formation universitaire (Heinrich Wölfli dit Lupulus, Jakob Walker dit Fullonius, Michael Rubellus, Valerius Anshelm). Les ordres mendiants avaient leurs écoles de même que, pour les enfants de chœur de sa maîtrise, le chapitre de Saint-Vincent. Des maîtres privés se chargeaient de l'enseignement élémentaire. Installée dans l'ancien couvent des cordeliers et destinée d'abord à la formation des pasteurs, l'école supérieure, à laquelle préparait l'école latine devenue école inférieure, fut une création de la Réforme; comme à la Prophezey de Zurich, on y enseignait, selon les ordonnances scolaires de 1528, 1548, 1616 et 1676, les arts libéraux et la théologie. Enrichie de nouvelles chaires aux XVIIe et XVIIIe s., elle prit le nom d'académie en 1805. Encore très orientée, au XVIIIe s., par les besoins de l'Eglise protestante et de la magistrature, la formation s'ouvrit peu à peu à l'influence des Lumières. L'école latine fut partagée en 1779 en une école littéraire, qui préparait surtout aux études de théologie, et en une école d'art, qui formait les futurs artisans et commerçants. L'institut politique, pendant laïque de l'école supérieure fondé en 1787, enseignait aux jeunes patriciens les sciences politiques et juridiques. Un institut de médecine suivit en 1788. Après la suppression des couvents et chapitres, on rassembla leurs livres (notamment ceux de Thorberg) dans la bibliothèque de l'école supérieure, augmentée par des contributions du Conseil et des legs (collection Bongars en 1632) et installée dans le bâtiment du Marché au beurre transformé en 1787-1794 (auj. Bibliothèque municipale et universitaire et bibliothèque des bourgeois).

L'intérêt pour l'histoire a marqué le climat culturel de la ville dès le bas Moyen Age. Il se manifeste dans la Cronica de Berno, dans les gros ouvrages de Konrad Justinger, Diebold Schilling, Benedikt Tschachtlan, Valerius Anshelm, Michael Stettler, Johann Rudolf Gruner, Gottlieb Emanuel von Haller et Isaak Gottlieb Walther, dans les chroniques familiales des Diesbach, Frisching ou Mülinen, dans les récits de voyage, essais historiques et mémoires de Heinrich Wölfli, Samuel Zehender, Johannes Haller ou Gabriel Hermann. Parmi les écrivains, citons au bas Moyen Age Ulrich Boner, Thüring von Ringoltingen, Wilhelm Ziely, aux XVIe-XVIIe s. Hans Rudolf Rebmann, Guillaume Fabrice de Hilden, au XVIIIe Albert de Haller, Julie Bondeli et Charles-Victor de Bonstetten. Le théâtre fleurit avec les mystères anonymes du XVe s., les pièces de carnaval et les drames scolaires des XVIe-XVIIe s. (Niklaus Manuel, Hans von Rütte). L'art musical, cultivé d'abord à la maîtrise de Saint-Vincent (Bartholomäus Frank, Johannes Wannenmacher, Cosmas Alder), fut banni par la Réforme, mais bientôt le chant d'assemblée et la musique municipale furent réintroduits (1558); plusieurs Collegia musica apparurent dès le XVIe s. Le chant d'église et l'enseignement de la musique furent réorganisés en 1663 et la collégiale dotée d'un grand orgue après 1727.

Auteur(e): Urs Martin Zahnd / PM

2.5 - Constitution communale

Le duc Berthold V de Zähringen fonda la ville de B. sur terre d'Empire et lui octroya des franchises, aujourd'hui perdues, sur le modèle de celles de Fribourg-en-Brisgau. A sa mort, en 1218, la ville revint à l'Empire (première mention de son immédiateté en 1223) et obtint de Frédéric II une charte, dite Goldene Handfeste, que la plupart des historiens considèrent aujourd'hui comme un faux de la seconde moitié du XIIIe s. Ce diplôme énumère les droits, confirmés le 16.1.1274 par Rodolphe Ier de Habsbourg, que B. avait revendiqués et exercés durant le Grand Interrègne. La ville dépendait au début d'un avoyer (Schultheiss), pris généralement, au bas Moyen Age, dans une famille noble reçue à la bourgeoisie, nommé par le duc de Zähringen puis par l'empereur ou par son représentant, enfin par la ville elle-même dès la fin du XIIIe s. Un Conseil est attesté dès 1224; on parle de deux Conseils en 1249. Adolphe de Nassau confirma et élargit les franchises en 1293. La Constitution fut modifiée en 1294: le peuple élit les Seize, qui désignent le nouveau Conseil des Deux-Cents ou Grand Conseil. Les Seize et les Deux-Cents contrôlent (et peut-être désignent) le Petit Conseil et l'avoyer. Les "anciennes fonctions" (le secrétaire de la ville, le greffier du tribunal, les quatre bannerets, les quatre conseillers secrets, le grand sautier) datent probablement de 1294; un trésorier administre les finances. Rois et empereurs confirmeront cette Constitution dès le XIVe s., Charles IV et Wenceslas accordant des privilèges supplémentaires. Quoique formellement interdites d'activités politiques, les corporations confinées au domaine économique et surveillées étroitement par les patriciens du Conseil, avaient un rôle plus important qu'on ne l'admet communément; certes elles n'élisaient aucun magistrat, mais il fallait pour être élu appartenir à l'une d'elles, de préférence à celle de la noblesse ou à l'une des quatre qui fournissaient les bannerets, soit celles des Boulangers, des Bouchers, des Forgerons et des Tanneurs (dont les fourreurs du Mittellöwen sont une branche). Dès le XIVe s., elles eurent des tâches administratives: servant de cadre à la levée des troupes (de 1468 jusqu'aux réformes de 1628/1630 et 1758/1768), elles géraient une caisse militaire, tenaient les rôles et inspectaient l'armement. Elles s'occupaient de la lutte contre l'incendie.

Comme ailleurs, l'assistance aux malades et aux indigents incomba d'abord à l'Eglise. L'hôpital du haut ou du Saint-Esprit, près de l'actuelle église du même nom, et sa maladrerie (transférée vers la Porte du bas en 1283, à Bolligen en 1492), passèrent en 1327 sous la responsabilité du Conseil. Les antonins de la Hormansgasse (auj. Postgasse) construisirent en 1444 et en 1492-1505 un nouvel hôpital. La ville fonda l'hôpital du bas (à la Nydegg) en 1307, Anna Seiler celui de la Neustadtgasse (auj. Zeughausgasse) en 1354 et un inconnu l'auberge des pauvres de la Brunngasse en 1396. Un hôpital pour les syphilitiques fut ouvert en 1496-1498 à l'Altenberg. Après la Réforme, l'ancien couvent des dominicains accueillit l'hôpital du bas (1527) et celui de l'Ile l'hôpital Seiler (1531, reconstruit dès 1724). En 1715, le grand hôpital (reconstruit dès 1732, auj. hôpital des bourgeois) réunit ceux du haut et du bas. L'Eglise, des fondations privées et des institutions publiques venaient au secours des indigents au bas Moyen Age; une ordonnance de 1449 institua un responsable des aumônes. A la Réforme, la ville se chargea de nouvelles tâches sociales. L'ordonnance de 1676 sur la mendicité obligea les corporations, assimilées sur ce point aux paroisses campagnardes, à soutenir les compagnons pauvres. La ville eut un orphelinat de 1657 à 1684, puis en ouvrit un pour les garçons en 1757 (auj. caserne de la police municipale) et un pour les filles en 1765.

Auteur(e): Urs Martin Zahnd / PM

3 - XIXe et XXe siècles

3.1 - Vie politique

La confusion entre ville et canton sur le plan administratif et financier cessa avec l'Ancien Régime. Une commission fédérale procéda en 1803 au partage de la fortune. La "dotation" attribuée à la ville souleva pendant la Régénération des querelles avec le canton qui durèrent jusqu'en 1841.

Sous la Médiation, les autorités municipales se composaient d'un Grand et d'un Petit Conseil, les corporations servant d'organes électoraux. La Restauration conserva un Grand Conseil de ville de 200 membres, qui avec les treize corporations élisait une administration de 35 membres.

La Constitution de 1831 ôta à la ville toute prépondérance sur le canton. Une commune d'habitants ou commune politique fut instituée en 1832; tout citoyen qui y était domicilié et possédait une certaine fortune y avait le droit de vote. Elle dépendit des allocations de la commune bourgeoise jusqu'au partage des biens de 1852. La loi sur les communes de 1833 ne prévoyait, même pour les plus grandes, que l'Assemblée générale comme organe législatif, avec un Conseil communal (Gemeinderat) exécutif. A B., les assemblées avaient lieu la semaine dans des églises, qui s'avérèrent bientôt trop exiguës. La faible participation favorisait les conservateurs. Quant à la commune bourgeoise, avec un Grand et un Petit Conseils, elle conservait l'administration de ses biens et devait assurer l'assistance et le service de tutelle pour ses membres.

Le nombre des électeurs s'accrut, en raison de l'immigration et à cause des arrêtés fédéraux et lois cantonales de 1852, 1859 et 1861 qui étendaient le droit de vote. Cependant l'Assemblée générale subsistait et les membres du Conseil communal n'étaient pas indemnisés. Devant la forte opposition des conservateurs, les réformes nécessaires tardaient. En 1887 enfin l'Assemblée fut abolie; dès lors, on recourut aux urnes pour élire le président de la ville, les conseillers communaux (trois permanents et cinq à temps partiel), désormais indemnisés, et les quatre-vingts membres du Conseil de ville (Stadtrat, législatif). Celui-ci, pour lequel B. fut en 1894 l'une des premières communes suisses à introduire la représentation proportionnelle, est chargé de surveiller l'administration et d'étudier les affaires, les plus importantes étant soumises au peuple. Le Conseil communal compte depuis 1920 sept membres permanents, élus à la proportionnelle et responsables chacun d'une direction.

Les rapports de force entre partis changèrent parallèlement. La ville de B. fut longtemps un bastion des conservateurs. Puis les radicaux, qui y furent majoritaires pour la première fois lors des élections au Grand Conseil de 1874, l'emportèrent au Conseil de ville dans les années 1880 et leur chef, Eduard Müller, futur conseiller fédéral, ravit la présidence de la ville au conservateur Otto von Büren en 1888. La ville se retrouva donc à l'unisson du canton jusqu'en 1918. Pour vaincre, les radicaux s'étaient alliés au parti des travailleurs, qui dépassa les conservateurs dès la première élection du Conseil de ville à la proportionnelle. Après la répression armée des émeutes de la Käfigturm en 1893, Gustav Müller fut le premier social-démocrate élu dans un Conseil communal (1895); la situation de lutte des classes s'envenimait. En 1918, année de la grève générale, le parti social-démocrate obtint pour la première fois la majorité absolue dans les deux Conseils et Gustav Müller fut président de la ville de 1918 à 1920. De 1920 à 1955, les bourgeois reconquirent le Conseil communal, mais les socialistes gardèrent ou ne manquèrent que de peu la majorité absolue au Conseil de ville. Furent présidents Otto Lindt (PAB, 1920-1937) et Ernst Bärtschi (radical, 1937-1951). De 1955 à 1967 et dès 1993, il y eut à nouveau majorité de gauche au Conseil communal, grâce notamment à des voix de milieux bourgeois. Les socialistes détinrent la présidence de la ville de 1958 à 1979 avec Eduard Freimüller et Reynold Tschäppät, et depuis 1993 avec Klaus Baumgartner.

De petits groupes comme le parti évangélique populaire, l'Alliance des Indépendants, le Freiwirtschaftsbund et le parti libéral-socialiste se mêlèrent aux grands partis durant l'entre-deux-guerres, de même que le Jeune-Berne, fondé dans les années 1950, groupe bourgeois qui cherchait à se distancer des partis traditionnels. La plupart des partis fondés plus récemment se situent aux marges de l'éventail politique. Ils ont entraîné un morcellement des forces et dès 1967 des résultats électoraux souvent inattendus, telle l'éviction de conseillers communaux briguant un nouveau mandat. Les femmes ont obtenu l'égalité politique en 1968, et la majorité au Conseil communal de 1993 à 1996. L'âge donnant le droit de vote est passé de 20 à 18 ans en 1988. Les listes de quartier, qui représentent surtout des propriétaires, et les récents groupes de quartier, qui rassemblent principalement des locataires, ont une influence politique difficile à apprécier.

Contrairement à Zurich, B. n'a incorporé qu'une seule commune, Bümpliz (1919). Les négociations avec d'autres localités, comme Ostermundigen et Bolligen, ont échoué. Dans la seconde moitié du XXe s., la ville a cherché une collaboration intercommunale dans certains domaines comme l'épuration des eaux ou les hôpitaux.

Auteur(e): Beat Junker / PM

3.2 - Economie et société

Si depuis 1831 la ville a perdu sa prépondérance politique, son poids démographique et économique n'a cessé de croître. Sa part dans la population du canton est passée de 6% en 1850 à 13% en 1910, à 20% en 1960 et, pour toute l'agglomération, à 35% en 1990. En 1870 seulement, le taux de natalité a fini par dépasser celui de mortalité, mais l'immigration est restée un facteur de croissance important. Très ralentie entre 1880 et 1888 en raison de la crise économique mondiale de 1873 et de la grande dépression qui suivit, la croissance démographique reprit ensuite, comme l'expansion économique; elle se maintint jusqu'en 1920 au niveau record de 2,9% en moyenne par année, avant de se calmer. On prit conscience en 1960 d'un nouveau tournant: le centre de la ville se dépeuplait, alors que l'agglomération développait vigoureusement. L'évolution décrite ici est semblable à celle des autres grandes villes suisses, mais il existe des divergences caractéristiques: la relative stagnation des années 1850, le mouvement anticyclique après 1910. Le fait que la croissance démographique à B. soit plus forte en 1910-1920 et en 1930-1941 que durant les "années folles" (1920) reflète l'importance grandissante de l'administration fédérale en temps de guerre et de crise.

Alors que la population doublait entre 1798 et 1838, on ne bâtit que 93 nouvelles maisons d'habitation. La densité passa de 7,4 à 13,9 habitants par immeuble, indice du bas niveau social des immigrants. La ville dut compenser la perte de ses privilèges en renforçant la prépondérance économique que sa situation centrale lui promettait. Le démantèlement des fortifications, commencé à la Porte supérieure en 1807, donna lieu à une loi en 1832 et s'acheva en 1846. Des bourgeois conservateurs construisirent en 1842-1844 le pont de la Nydegg, prolongeant à l'est le vieil axe urbain; plus novateur, le gouvernement cantonal projeta le pont de Tiefenau, réalisé en 1846-1850. Il attira ainsi le centre de gravité de la ville vers sa bordure occidentale. Le choix du site de la gare entérina ce changement fondamental.

Développement de la population
AnnéeVieille villeCommuneaAgglomérationb
185020 30029 670 
186022 15131 050 
187022 20237 548 
188022 15445 743 
188822 13148 605 
190020 35467 550 
191019 18490 937 
192018 753104 626 
193014 096111 783137 777
194112 981130 331161 641
195010 869146 499187 422
19608 183163 172230 346
19706 268162 405284 737
19804 781145 254298 125
19904 467136 338332 494

a Y compris Bümpliz (incorporé en 1919)

b Extension géographique croissante

Sources:Bernhist et OFS

La fièvre ferroviaire des années 1850 épargna B., qui se laissa passivement raccorder au Central-Suisse, compagnie bâloise. Venant d'Olten, la ligne se terminait en 1857, faute de pont, au Wylerfeld (elle arriva à la gare actuelle en 1858). La ligne de Thoune s'ouvrit en 1859, celle de Fribourg (par Thörishaus) en 1860. Les chemins de fer de l'Etat, qui durent reprendre en 1861 la compagnie de l'Est-Ouest en faillite, menèrent à bien en 1864 les lignes de Bienne et de Langnau. La ville, qui avait raté les occasions nationales des années 1850, était du moins un nœud ferroviaire régional et cantonal.

La commune accepta sans enthousiasme (419 voix contre 313) à la fin de 1848 d'endosser le rôle de Ville fédérale, qui entraînait des charges financières (construction de l'actuelle aile ouest du Palais fédéral de 1852 à 1857). L'Administration fédérale était encore très modeste, mais les entreprises annexes créèrent une industrie bernoise: l'Atelier fédéral de construction des télégraphes (1852), privatisé en 1865 sous le nom de Hasler & Escher (Ascom), une des Fabriques fédérales d'armement au Wylerfeld (1871). La plupart des futures grandes entreprises industrielles datent de la période d'expansion des années 1860: le laboratoire Wander (1865), la confiserie Tobler (1865) et la filature de Felsenau (1864-1865). L'image traditionnelle de la ville de fonctionnaires ne correspond pas à la réalité. Le recensement de 1888, le premier à donner des chiffres utilisables sur les professions, montre une répartition semblable à celle d'autres villes suisses.

Après 1885, la croissance ne modifia guère la structure économique et professionnelle. La ville avait surtout une industrie légère, répartie sur tout le territoire et favorisée par la création du réseau électrique (centrale à la Matte en 1891, à Felsenau en 1909). Le long des voies ferrées apparurent de grandes entreprises métallurgiques et mécaniques (fonderie von Roll, Winkler, Fallert & Co.). Ce fut l'époque des bâtiments de prestige néobaroques, souvent trop chargés, que nous voyons encore: l'aile est du Palais fédéral (1892), le Palais du Parlement avec sa coupole (1902), le Musée d'histoire, conçu comme musée national (1896), l'université au Grand Bastion (Grosse Schanze) et le théâtre municipal (1903), le kursaal (1904), le casino (1909). Fierté de la bourgeoisie, la tour de la collégiale fut achevée en 1893, selon de vieux projets. De nouveaux ponts franchirent le fossé de l'Aar, ceux du Kirchenfeld à l'est (1883) et du Grenier (Kornhaus) au nord (1898). Quant aux transports urbains, le premier tram (à air comprimé) allait en 1890 du cimetière de Bremgarten à la fosse aux ours (construite à son emplacement actuel en 1856-1857), un tram à vapeur en 1894 de Wabern à la Länggasse. Propriété de la ville dès 1899, électrifiés en 1901, les trams transportaient déjà 12 millions de voyageurs en 1910.

La construction de logements, presque anéantie par la crise de 1876, reprit fortement dès 1885. Rien qu'en 1896, on bâtit 204 immeubles d'habitation, surtout dans les quartiers extérieurs, d'accès désormais facile. La vieille ville commença à se dépeupler dès 1890; les habitants fuyaient les appartements trop petits et insalubres, poussés par des entreprises prêtes à payer au prix fort les terrains du centre. Ce brillant développement avait un revers: des tensions sociales croissantes, les protestations des laissés-pour-compte. Entre l'émeute de la tour des Prisons (1893) et la grève générale de 1918, B. vécut une époque de lutte des classes et connut de nombreux conflits du travail (136 grèves et 11 310 grévistes dans le district de B. entre 1880 et 1910). La commune, qui s'était contentée de planifier les alignements, les grands bâtiments et les infrastructures (eau, égouts, voirie par exemple) se vit contrainte de tenir compte des aspects sociaux de son développement. Première parmi les villes suisses, elle construisit des logements sociaux: 86 maisons (100 appartements) au Wylerfeld en 1889-1894, 33 maisons (82 appartements) à Ausserholligen en 1894-1897. Elle réalisa en 1896, sur le modèle bâlois, une enquête sur le logement, qui montra que les besoins des classes pauvres, en ce domaine, étaient plus criants que dans d'autres villes. Dépouillée selon des critères sociaux par l'écrivain engagé Carl Landolt, l'enquête révèle une répartition géographique très claire: dans la vieille ville, les beaux quartiers étaient à l'ouest, entre la gare et le Palais fédéral. A l'est, les maisons vétustes et insalubres de la Nydegg et de la Matte abritaient les plus pauvres. Sur les coteaux ensoleillés (Stadtbach, Rabbental, Enge) habitait la haute bourgeoisie, le petit peuple se trouvait dans les fonds humides de la boucle de l'Aar (Matte, Altenberg). La Lorraine et le Kirchenfeld occupaient des sites semblables; la première, coupée par la voie ferrée, devint vite un quartier ouvrier, tandis que la Berne Land Company attirait dans le second les classes moyennes-supérieures et les ambassades, en aménageant un accès (le pont de Kirchenfeld) et en adoptant des règles de construction sévères.

Dans l'entre-deux-guerres, la croissance démographique plus lente (1% par an) et l'économie globalement stagnante apaisèrent les tensions sociales. Entre 1920 et 1929, quelque 2000 logements neufs, soit un sur trois, bénéficièrent d'une aide financière publique. Ce premier sommet fut dépassé lorsque l'accroissement du personnel fédéral, dû à la guerre, créa une nouvelle pénurie: de 1942 à 1951, les finances publiques soutinrent la construction de plus de 3400 logements, soit 56% du total. A B. comme ailleurs, le développement urbain chaotique du XIXe s. suscita une prise de conscience, dont les étapes furent le pavillon de l'urbanisme de l'Exposition nationale de 1914 à B., le concours d'urbanisme de 1928-1932 et l'ouverture d'un bureau d'urbanisme en 1939. L'incorporation de Bümpliz en 1919 agrandit la superficie disponible, tandis que se développaient les moyens de transport. Les urbanistes de cette époque voulaient désengorger les centres, mélanger les fonctions, ils souhaitaient une extension horizontale coupée d'espaces verts, des maisons individuelles et des habitations en rangées parallèles. Il en résulta un regroupement de la population dans les quartiers extérieurs. Ces nouvelles idées furent mises en œuvre, par exemple, au Weissenstein dès 1919 (coopérative de cheminots), au Bethlehemacker depuis 1943, au Wylergut après 1944 (coopérative du personnel public). Dans l'ensemble, les logements construits avec l'aide publique ont été un élément essentiel dans l'intégration des ouvriers à la société bourgeoise.

La haute conjoncture des années 1950-1974 eut de grands effets sur le développement et l'aspect de la ville. Favorisé par le recours au transport motorisé privé (6162 véhicules en 1950, 46 608 en 1985), le dépeuplement du centre s'accéléra. Les principes urbanistiques d'avant-guerre furent appliqués dans les quartiers extérieurs, d'une manière plus systématique que dans la plupart des autres villes. Le lotissement de grands domaines d'un seul tenant rendait possible une planification conforme aux idées modernes (construction verticale, architecture de verre, grands espaces verts), comme par exemple au Tscharnergut (dès 1958). Pour adapter la ville à l'automobile et afin de se conformer au projet de réseau autoroutier national reliant les centres-villes, on ouvrit de larges artères, comme la tangente est en 1973, et l'on relégua en sous-sol les passages pour piétons, comme à la place Bubenberg en 1976. Mais la voie express vers le centre resta à l'état de projet. Avec le tronçon de l'A12 Forsthaus-Wangen s'acheva en 1977 le contournement autoroutier de B. Le trafic pendulaire avec l'agglomération (en 1990, 58% des personnes actives dans la commune de B. n'y habitent pas) s'accroît et même celui des bicyclettes; la ville essaie d'en tenir compte dans son plan des transports (1983), qui prévoit de canaliser les flux sur quelques axes principaux et de réduire le trafic privé en privilégiant les transports publics. L'opposition grandit dans les années 1970 contre les grands projets immobiliers (le dernier fut celui des tours du Holenacker, à la périphérie, en 1985). A cela s'ajouta dans les années 1980 l'aspiration à un développement de qualité, respectueux de l'environnement. Au plan de zones de 1975 et à l'ordonnance de 1979 s'est ajouté le plan de 1987 qui, reflétant l'évolution de l'opinion publique, doit permettre un aménagement prudent, préservant les structures et le caractère des quartiers. Le secteur secondaire a reculé au profit du tertiaire. Si les administrations publiques, communale, cantonale et fédérale, sont comparativement importantes, elles n'ont jamais fourni plus d'un dixième des emplois. La part du volume bâti dévolue au logement s'est constamment réduite et n'était plus en 1985 que de 52% de toutes les surfaces disponibles. Parmi les personnes actives à B. en 1950, un peu plus de 70 000 y habitaient et 13 700 venaient de l'extérieur; en 1990, le nombre des premières n'avait guère varié, mais celui des secondes atteignait 77 100.

Structure de l'emploi
 18561888191019801990
 Domicilea %Domicile%Domicile%Domicile%Lieu de travailb%Lieu de travail%
Personnes actives occupées11 601100,019 569100,038 552100,071 416100,0123 865100,0133 479100,0
Secteur primaire1 19310,37513,86761,85320,79690,85700,4
Secteur secondaire3 74832,38 75044,717 27744,819 67527,632 27326,124 01118,0
Secteur tertiaire6 65057,410 06851,520 59953,451 20971,790 62373,1106 10379,5
dont services4 10035,33 32417,04  14110,74870,75600,53160,2
dont administration publique7426,47573,91  8304,77 58810,615 40912,415 98712,0

a Domicile: personnes dom iciliées à Berne

b Lieu de travail: personnes travaillant à Berne

Sources:Bernhist et OFS

La croissance accélérée à laquelle mit fin en 1973 une grande crise structurelle n'a pas profité à chacun également; elle a aussi détruit rapidement des espaces et des réseaux familiers. Elle a suscité des protestations et des manifestations. Ni la révolte de 1968 ni le mouvement des jeunes des années 1980 n'ont abouti, mais ils ont ouvert, malgré le flou de leurs revendications, une discussion qui se poursuit aujourd'hui sur le sens de la croissance et la qualité de la vie en ville.

Auteur(e): Bruno Fritzsche / PM

3.3 - Vie religieuse et culturelle

Il existe à B. depuis 1799 une paroisse catholique, dont les services eurent lieu à la collégiale, puis, dès 1804, à l'église française (ancienne église des dominicains). L'église catholique Saints-Pierre-et-Paul fut en 1864 la première à être consacrée à B. depuis la Réforme. En 1875, elle fut attribuée aux catholiques-chrétiens, dont l'évêque réside à B. depuis 1876, et les fidèles romains durent attendre leur église, la Trinité, jusqu'en 1899. Les trois Eglises nationales de la ville comptent aujourd'hui 12 paroisses protestantes, huit catholiques romaines et une catholique-chrétienne. En outre, le siège national de l'Armée du Salut pour la Suisse, l'Autriche et la Hongrie se trouve à B. dès 1915. La communauté juive fondée en 1848 a reçu en 1906 l'autorisation de construire une synagogue. Un centre islamique s'est ouvert en 1979.

La Constitution libérale de 1831 abolit toutes les entraves légales qui limitaient l'accès de certains groupes sociaux à l'école, que l'Etat bourgeois fondé sur la souveraineté du peuple concevait comme un moyen de préparer les citoyens à leurs nouvelles responsabilités. Les écoles de garçons et de filles du XVIIIe s. furent donc transformées en écoles communales (Einwohnerschule) et primaires, confiées à des instituteurs de profession, que formeront l'école normale pour institutrices d'écoles communales de filles (1841), la nouvelle école de jeunes filles (1851) et l'école privée du Muristalden (1863). L'instruction des nouvelles élites économiques et politiques fut confiée au gymnase supérieur (1834), devenu école cantonale en 1856, et à l'école industrielle (1835), où dominaient les branches scientifiques. Capitale cantonale et bientôt Ville fédérale (1848), B. rayonne au loin non seulement par son université (1834), mais par son école de métiers (1828), devenue en 1900 école des arts et métiers après fusion avec l'école d'art, son école de musique ouverte en 1858 par la Société de musique (1815) et devenue conservatoire avec dès 1927 une section professionnelle, son école de commerce issue du gymnase en 1880, par les ateliers d'apprentissage de la ville (1888) et plusieurs écoles des professions liées à la santé.

La bourgeoisie éclairée veilla à faciliter l'éducation du peuple grâce aux musées et bibliothèques. Le Musée cantonal des arts et métiers ouvert en 1868 dans l'ancien grenier (Kornhaus), celui des beaux-arts (1879) et celui d'histoire (1893), qui aurait dû être un musée national, sont les premiers d'une longue série. Citons le Musée de la communication, le Musée suisse des carabiniers, le Musée alpin suisse, le Musée d'histoire naturelle. B. abrite depuis les années 1920 la Bibliothèque nationale (1895) et ses archives littéraires (1990). La bibliothèque de la ville est devenue en 1903 celle de la ville et de l'université.

Quant à la vie artistique, B. y fut longtemps peu propice. L'hôtel de musique (1770), belle salle pour le théâtre et le concert, ne servait guère qu'aux bals et réceptions de la "Grande Société". Au XIXe s., la rivalité entre l'ancien patriciat et les nouvelles forces démocratiques inhibèrent l'innovation culturelle. Les préférences de la société bourgeoise allaient à la fanfare (Musique municipale, 1816), au chant choral (Liedertafel, 1845; Cäcilienverein, 1862) et au théâtre amateur (Dörfli-Theater, 1914, plus tard théâtre du Heimatschutz). Les institutions culturelles professionnelles (Musée des beaux-arts, théâtre municipal de 1903, Kunsthalle de 1918) avaient une réputation d'élitisme, contre lequel la Société d'orchestre (1877) avait bien de la peine à lutter en organisant des concerts populaires.

L'Alice Jazz Band fut en 1920 l'une des premières formations de ce style en Suisse. Mais pour la culture établie, le jazz était et resta longtemps une musique horrible. En 1934, un critique du Bund traite d'"abomination" un concert de Louis Armstrong au Casino. Même si le jazz attirait dans les cabarets Chikito et Perroquet des milliers d'admirateurs au cours des années 1940, le style pourtant traditionnel (Dixieland) des formations bernoises The Wolverines et Longstreet Jazzband causaient encore dans les années 1960 une certaine agitation. Le jazz n'a ses lettres de noblesse à B. que depuis 1976 (festival international).

Après la Deuxième Guerre mondiale, une nouvelle forme d'art est littéralement sortie des caves de la vieille ville transformées en lieux d'exposition, en points de rencontre et en scènes de théâtre. Josef Diethelm ouvrit en 1949 le théâtre de la Basse-Ville (Theater der Untern Stadt), offrant la possibilité de jouer à des comédiens en chômage et un champ d'expérience à de jeunes auteurs suisses. Le théâtre de poche Atelier (1959-1996) eut, du moins à ses débuts, une ligne novatrice. Les groupes des Trouvères et des Troubadours incarnèrent autour de la figure emblématique de Mani Matter un art local de la chanson, que l'on retrouve dans le répertoire de groupes de rock, tels Rumpelstilz (Polo Hofer), Züri West, ou Patent Ochsner, auteurs de chansons en dialecte connues bien au-delà de la région. Les années 1960 et 1970 ont connu une véritable floraison de petits théâtres, mais le mouvement des jeunes des années 1980 se détourna de ces lieux. Les centres culturels alternatifs de l'ancien manège (Reithalle) et de l'usine à vapeur (Dampfzentrale) du Marzili prirent le relais.

Le monde des médias bernois était, au milieu du XIXe s., étroitement lié aux partis politiques. Dans la nouvelle Ville fédérale ne paraissaient en 1848 pas moins de huit journaux. La plupart ne vécurent pas longtemps, tels la première Berner Zeitung proche des radicaux (1845-1894), le Schweizer Beobachter (1833-1850), libéral jusqu'en 1845, puis conservateur ou La Suisse, éditée par Jakob Stämpfli (1846-1860). Tandis que la Tagwacht (1892), anciennement socialiste, peinant à se défaire de son étiquette partisane, disparaissait en 1998, deux quotidiens ont ouvert leurs colonnes aux diverses opinions: le Bund anciennement radical (1850) et la nouvelle Berner Zeitung, issue de la fusion de diverses feuilles, notamment le Berner Tagblatt conservateur (1888). Leurs éditeurs soutiennent les radios locales ExtraBern et Förderband, qui émettent depuis les années 1980.

Auteur(e): Alfred Kuert / PM

Références bibliographiques

Fonds d'archives
– AEB
– AV Berne
– BBB
– StUB
– BHM
Sources imprimées
– Pour les principales éditions des chroniques, voir les biographies des chroniqueurs.
FRB, 10 vol., 1883-1956
– F.E. Welti, éd., Die Stadtrechnungen von Bern aus den Jahren 1375-1492, 3 vol., 1896-1911
– F.E. Welti, éd., Die Tellbücher der Stadt Bern aus dem Jahre 1389, tiré à part d'AHVB, 14, 1896 (rôles de taille)
SDS BE, I/1-12, 1902-1979
– E. Meyer, éd., «Das Tellbuch der Stadt Bern vom Jahre 1494», in AHVB, 30, 1930, 147-224
Bibliographie