30/11/2010 | communication | PDF | imprimer | 

Olivone

L'édition imprimée de cet article comporte des images. Commandez le DHS chez notre éditeur.

Ancienne comm. TI, distr. de Blenio depuis 2006 partie de la commune de Blenio avec Aquila,Campo (Blenio), Ghirone et Torre, située à 900 m d'altitude dans une grande cuvette au pied du Sosto, le long de la route des cols du Lukmanier et de la Greina. Elle comprenait les hameaux de Scona, Sommascona et Lavorceno et avait une superficie de 76,2 km2. 1193 Alivoni, 1205 Orivono, ancien nom rom. Luorscha. 593 hab. en 1567, 1000 en 1602, 1018 en 1682, 734 en 1745, 640 en 1785, 644 en 1801, 758 en 1850, 765 en 1900, 707 en 1950, 930 en 1960, 845 en 2000.

Jusqu'au serment de Torre en 1182, qui marqua la fin de l'hégémonie des da Torre dans la haute vallée de Blenio, le pouvoir politique appartint à une branche de cette famille. Celle-ci possédait des biens à O. et détenait les droits de patronage sur l'église paroissiale. En 1213, les communautés d'O. et Aquila (auj. comm. Blenio) se révoltèrent contre la famille da Locarno qui avait reçu le droit d'exercer le pouvoir comtal par le chapitre cathédral de Milan. Ce dernier fut ainsi poussé à continuer de confier le gouvernement de la vallée à des vicaires originaires de la plaine lombarde. L'assemblée des hommes libres, attestée dès 1136, gérait les biens communs (bois, alpages, pâturages) qui s'étendaient jusqu'à la Greina et au Lukmanier; depuis la fin du XIVe s., O. tint à ferme l'alpage de Santa Maria qui appartenait à l'abbaye de Disentis. La communauté (vicinia) d'O., dont firent aussi partie, dès la première moitié du XIVe s., Campo Blenio et Largario (auj. comm. Acquarossa), se divisait en trois circonscriptions (degagne), cas unique dans le val Blenio. Les statuts, attestés en 1237 et 1474, fixaient les coutumes locales.

Au spirituel, il est probable qu'au haut Moyen Age, O. ait été le centre d'une pieve dont dépendait toute la vallée. Dès le bas Moyen Age, l'histoire du village se confond avec celle du val Blenio. L'église paroissiale Saint-Martin, citée en 1136, transformée au XVIIe s. (restaurée en 1974 et entre 1984 et 1991), abrite des fresques des XVIIe et XVIIIe s.; de riches objets et parements liturgiques sont exposés dans un édifice du XVe s. appelé Cà da Rivöi (Rivöi signifiant O. en dialecte). Sur la route du Lukmanier se trouvaient l'hospice Saints-Sépulcre-et-Barnabé à Casaccia (comm. Blenio, cité en 1104), qui servait aussi de souste, et celui de Saint-Défendent à Camperio (comm. Blenio, mentionné en 1254). Probablement fondés par des familles seigneuriales, comme les da Torre et les da Lodrino, les hospices furent ensuite gérés par la vicinia et jouèrent un rôle social et économique important jusqu'au XVe s. O. vivait de l'agriculture (économie laitière et élevage) dont les revenus étaient complétés de manière importante, dès le XVe et surtout au XIXe s., par les ressources de l'émigration. Les habitants partaient, d'abord temporairement, puis souvent définitivement, pour les pays européens (Italie, France, Angleterre) et le reste de la Suisse. Les chocolatiers qui émigrèrent en Italie et en France dès le XVIIe s. firent la renommée des artisans d'O. Dans les dernières décennies du XIXe s., le village connut un développement touristique qui continua au XXe s. grâce à la valorisation du patrimoine naturel, notamment avec la création en 1986 du centre écologique et socioculturel UomoNatura à Acquacalda (comm. Blenio). Au début du XXIe s., la localité accueille des vacanciers aussi bien en hiver qu'en été. Même si O. a gardé son caractère agricole, le village est le siège des Forces motrices de Blenio SA (1956), de quelques entreprises du secteur de la construction et, depuis 2006, de l'Institut alpin de chimie et de toxicologie de la Fondation alpine pour les sciences du vivant. En 2005, le secteur primaire offrait 22% des emplois.


Fonds d'archives
– ABourg, Olivone
Sources imprimées
MDT, série 3
Bibliographie
– Meyer, Blenio
– G. Bolla, La storia di Olivone, 1931 (reprint 1983)
– G. Vismara et al., Ticino medievale, 1990
HS, IX/1, 196-211
Ticino ducale
– P. Ostinelli, Il governo delle anime, 1998
– A.M. Ghezzi, «Ospedali di passo», in BSSI, 2002, 397-413

Auteur(e): Isabella Spinelli / AMC