26/01/2009 | communication | PDF | imprimer

Mülinen, von [de]

Famille de chevaliers argoviens, ministériaux des Habsbourg, appartenant ensuite au patriciat de Berne. L'ancêtre de la famille est probablement Peter (décès1287), avoyer de Brugg de 1278 à 1281. Son fils Berchtold (décès1344) acquit les seigneuries de Kasteln et Ruchenstein en 1301 ou 1311. A la fin du Moyen Age, les M. possédaient également Wildenstein et Auenstein en Argovie. Le petit-fils de Berchtold, Albrecht, mourut au service de l'archiduc Léopold III de Habsbourg à la bataille de Sempach en 1386, avec trois cousins. Le neveu d'Albrecht, Hans Wilhelm, appelé Truchsess (décès1449), s'établit au Tyrol comme vassal du duc Frédéric IV de Habsbourg. La famille obtint en 1434 de l'empereur Sigismond un privilegium de non evocando qui lui permettait d'appeler directement au Tribunal impérial. Le frère d'Albrecht, Henmann (décès1421), fut reçu bourgeois de Berne en 1407 et devint seigneur de Schinznach en 1414. Ses trois petits-fils, Johann, Hans Albrecht et Hans Friedrich combattirent pour Berne à Héricourt, Grandson et Morat et furent alors créés chevaliers. Issue de Hans Albrecht (décès1517), la branche argovienne cadette détenait Kasteln, Wildenstein, Auenstein et Ruchenstein. Elle s'éteignit en 1624. Auenstein et Wildenstein revinrent partiellement à la famille d'Erlach en héritage par les femmes. Avant la Réforme, la famille compta plusieurs chanoines (de Beromünster notamment), des religieuses (par exemple à Königsfelden) et des abbesses comme Elisabeth (1343-1357) à Hermetschwil et Margaretha ( -> 8). Les M. s'allièrent à des familles nobles de Suisse orientale et d'Autriche jusqu'à la fin du XVe s., puis préférèrent les familles dirigeantes de Berne.

Par son mariage avec Barbara von Scharnachtal, Hans Friedrich (décès1491) acquit la seigneurie de Brandis et fonda la lignée bernoise. Son fils Kaspar ( -> 7) fut le premier M. à siéger au Grand Conseil de Berne en 1500, puis au Petit Conseil en 1517. Ses descendants servirent également la République: son fils Beat Ludwig ( -> 3) et Albrecht ( -> 2) furent avoyers, tout comme le fils de ce dernier Niklaus Friedrich ( -> 9); Niklaus ( -> 10) et Albrecht ( -> 1) furent officiers des troupes bernoises et au service étranger. La famille compta plusieurs baillis, dont Wolfgang ( -> 12), riche propriétaire du domaine de Löwenberg près de Morat, et Friedrich ( -> 5) dont la collection de livres et de manuscrits constitua le fondement de la bibliothèque familiale. Les descendants directs de Friedrich, Egbert Friedrich ( -> 4) et Wolfgang Friedrich ( -> 11) furent historiens. Niklaus Friedrich et son cousin Rudolf (1788-1851), diplomates au service du Wurtemberg, furent élevés au rang de comtes héréditaires de l'Empire d'Autriche en 1816. Les fils de Rudolf, Wilhelm (1823-1863) et Rudolf (1827-1898), entrèrent dans la carrière au service de la France et de l'Autriche. Parmi les frères et sœurs de Wolfgang Friedrich, Eberhard Friedrich (1861-1927) devint orientaliste et chambellan de l'empereur d'Allemagne et Helene ( -> 6) fut une pionnière du féminisme; la nièce de cette dernière, Eleonore (1893-1967) fut sculptrice à Paris. Wolfgang Friedrich est l'ancêtre des M. existants. Son fils Egbert (1896-1976) et le cousin de celui-ci, Wolfgang (1891-1979), vendirent la bibliothèque familiale à la bourgeoisie de Berne.


Fonds d'archives
– AFam, BBB
Bibliographie
– R.-E.-B. von Mülinen-Gurowski, Familien-Geschichte und Genealogie der Grafen von Mülinen, 1844
– W. Merz, Städte, Burgen und Adel des Kantons Argau, 1907
Almanach généal. suisse, 5, 447-460
NDB, 18, 303-307
– M. Baumann, Mülligen, 2005

Auteur(e): Christian Müller (2) / AN