03/09/2004 | communication | PDF | imprimer

Erlach, d' [von]

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Famille de bourgeois de la ville de Berne, autrefois patricienne et ayant ses racines dans la noblesse ministériale. Les d'E. sont mentionnés pour la première fois comme châtelains de Cerlier (en all. Erlach) sur les rives du lac de Bienne, au service des comtes de Nidau. Bourgeois de Berne vers 1300, membres de la société noble du Distelzwang et plus tard de la corporation des Forgerons, ils devinrent l'une des principales familles bernoises, figurant aux XVIIe et XVIIIe s. parmi les six qui constituaient la classe la plus élevée ("wohledelfest") de la bourgeoisie de Berne. Aux biens et droits seigneuriaux qu'ils détenaient initialement à Jegenstorf et Reichenbach près de Zollikofen s'ajoutèrent, vers 1400, Hindelbank, Wyl (auj. comm. Schlosswil), Riggisberg et Bümpliz. Ludwig (1470-1522) acquit en 1516 le château et la seigneurie de Spiez, ainsi que les maisons des Bubenberg à la Junkergasse à Berne. Avec les fils de Rodolphe ( -> 22), la famille se sépara en deux lignées principales. Diebold (1485-1561), fondateur de la branche cadette, éteinte au début du XVIIIe s., hérita de Bümpliz, à quoi ses descendants adjoindront vers 1600 les seigneuries d'Oberhofen am Thunersee, Kiesen et Kasteln. Johann ( -> 17), le fils aîné, reçut les autres possessions; de lui sont issues deux branches. Spiez et les maisons des Bubenberg revinrent d'abord aux descendants de Hans Rudolf (1504-1553), fils aîné de Johann. Ils passèrent à la branche cadette au début du XVIIIe s. Albrecht (1713-1784) fit construire à Spiez un nouveau château à côté de l'ancien. Son cousin Jérôme ( -> 12) édifia de beaux manoirs à Thunstetten et Hindelbank. Les maisons des Bubenberg firent place à l'actuel hôtel d'Erlach vers 1750. Le fils de Jérôme, Albrecht Friedrich ( -> 2) construisit un nouveau manoir à Jegenstorf.

Au XIVe s., les d'E. s'allièrent surtout à des ministériaux et des barons du Plateau bernois. A partir du XVe s., de plus en plus mêlés au gouvernement bernois, ils se marièrent dans des familles bourgeoises de Berne, nobles (les Mülinen) ou non (les Diesbach, les Wattenwyl). Avant 1798, ils donnèrent nombre de grands et petits conseillers, des baillis et sept avoyers, dont plusieurs eurent aussi la charge de banneret des Forgerons: Ulrich (décès1465), Rodolphe, déjà cité, son fils Johann, Franz Ludwig ( -> 6), Sigmund ( -> 25), Jérôme et Albrecht Friedrich, déjà cités, tous de la branche aînée.

Les d'E. se distinguèrent comme officiers au service étranger. Johann Jakob ( -> 13) fut le premier commandant du régiment bernois au service de France (créé en 1671), souvent appelé régiment d'E. Il abjura le protestantisme. Ses descendants, catholiques et bourgeois de Fribourg, servirent en France dans la Garde suisse; ils s'allièrent avec des familles d'officiers de ce corps ou appartenant à la noblesse française. Les descendants de Burkhard ( -> 4) en revanche entrèrent au service de Saxe-Anhalt, puis de Prusse et se marièrent dans des familles nobles allemandes. Ces deux branches s'éteignirent, l'une à la fin du XVIIIe, l'autre peu après le milieu du XIXe s. Aux XIXe et XXe s., plusieurs membres de la famille choisirent la carrière militaire, tel Rudolf ( -> 24), divisionnaire. Franz Rudolf ( -> 7) fut conseiller d'Etat bernois. A partir de la seconde moitié du XXe s., les d'E. travaillent notamment dans les secteurs de la banque, des assurances et de l'industrie.


Bibliographie
Almanach généal. suisse, 1, 102-112; 5, 176-182
– H.U. von Erlach, 800 Jahre Berner von Erlach, 1989

Auteur(e): Hans Braun / AN