Grünenberg, von

Importante famille de barons de la Haute-Argovie, pour partie héritiers (et donc sans doute parents) des barons de Langenstein. On mentionne deux lignées principales, les Schnabel et les Grimmen, qui se divisent en plusieurs rameaux. La famille tire son nom du château fort de G., au-dessus de Melchnau, auquel était rattachée une petite seigneurie foncière et justicière. A cet alleu vinrent s'ajouter des terres à Sursee et (avant le milieu du XIVe s.) à Uri. Les G. étaient apparentés aux barons d'Aarburg, de Balm et de Wolhusen, auxquels ils succédèrent au milieu du XIVe s., ainsi qu'aux seigneurs d'Aarwangen, dont ils furent aussi les héritiers.

Les plus anciens représentants attestés, morts avant 1224, sont Walther Ier et Heinrich Ier, qui donnèrent des biens à l'abbaye de Saint-Urbain (fondation des Langenstein), où se trouvait leur caveau familial. Dès le début du XIVe s., les G. se lièrent plus étroitement aux Habsbourg-Autriche, position qui les conduira à leur perte lors de la guerre de Zurich (1436-1450). La branche cadette fut quelque temps au service des Kibourg; elle remonte à Markwart Ier (1224 env.-apr. 1252), qui hérita de la partie sud du patrimoine. Parmi ses descendants, la lignée des Schnabel joua le rôle le plus en vue. Cette branche s'éteignit avec Hemmann (vers 1414).

La branche aînée est plus importante. Avec Johann der Grimme (le Furieux) Ier et Arnold Ier, elle se divisa en deux lignées principales. Dès le milieu du XIVe s., on observe des tentatives de création d'une seigneurie territoriale par acquisition de gages kibourgeois et autrichiens (impliquant un moindre intérêt pour les possessions allodiales de la famille). Berchtold acquit en 1371 la seigneurie de Rohrbach, Johann des droits sur Herzogenbuchsee et en 1378 la ville de Huttwil, Hemmann les bailliages de Wangen, Ursenbach et Buchsee à titre de gage. Petermann reçut en gage l'Entlebuch (1363-1370) et en 1368 le château fort, la ville et le péage de Rothenburg (que son fils Hemmann Johann vendit à Lucerne en 1395). Wilhelm ( -> 1) et Hemmann acquirent le Michelsamt à titre de gage (1397-1406). Ensuite, les G. ne progressèrent plus, mais ils ne s'appauvrirent pas, malgré de fréquents partages successoraux. La dissolution de la seigneurie qu'ils s'étaient acquise dans la Haute-Argovie durant la seconde moitié du XIVe s. est due à des raisons politiques. L'Autriche n'offrait plus d'appui, tandis que Berne devenait un voisin immédiat, ce qui poussa la famille à se placer sous la protection de la ville (combourgeoisie conclue en 1407) et à lui céder une partie de ses terres. Wilhelm, conseiller de l'empereur Frédéric III et partisan de l'Autriche, déplaça néanmoins sa résidence au château de Stein à Rheinfelden, qu'il avait repris de l'Autriche en 1433. Avec lui s'éteignit le dernier membre laïque de la famille, en 1454 au plus tard.


Bibliographie
– A. Plüss, Die Freiherren von Grünenberg in Kleinburgund, thèse Berne, 1900
GHS, 1, 278-289; 3, 407 (avec généal.)
– E. Kaufmann, «Die Grünenberg», in Zofinger Neujahrsblatt, 58, 1973, 15-32
– G.P. Marchal, Sempach 1386, 1986
– M. Jufer, Die Freiherren von Langenstein-Grünenberg, 1994

Auteur(e): Franziska Hälg-Steffen / FS