03/03/2009 | communication | PDF | imprimer | 

Kreuzlingen (commune)

Comm. TG, distr. de K., nommée Egelshofen jusqu'en 1874. A la frontière germano-suisse, sur la rive du Bodan, voisine de Constance, K., qui comprend Bernrain, Egelshofen, Emmishofen et Kurzrickenbach, est devenue une ville au XXe s. En 1874, l'ancienne municipalité (Munizipalgemeinde) et la commune locale (Ortsgemeinde) d'Egelshofen formèrent une Einheitsgemeinde (ou commune unifiée) qui prit le nom de K. et fut choisie comme chef-lieu du district à la place de Gottlieben. K. fusionna en 1927 avec l'ancienne comm. locale de Kurzrickenbach et en 1928 avec l'ancienne Einheitsgemeinde d'Emmishofen. 1125 Crucelin et Eigoltshouen. Comm. locale d'Egelshofen 661: hab. en 1831, 1471 en 1870; Einheitsgemeinde de K.: 2426 hab. en 1880, 5740 en 1920, 8615 en 1930, 10 045 en 1950, 17 239 en 1990, 17 118 en 2000.

Egelshofen appartenait au haut Moyen Age au temporel de l'Eglise de Constance (Bischofshöri), ensuite au bailliage d'Eggen, où un gibet était dressé au bas Moyen Age. Au XIVe s., Eggen fut donné en gage aux nobles de Klingenberg. Une moitié du bailliage passa en 1449 à Constance, qui racheta l'autre moitié en 1542 à Sebastian Muntprat. Détentrice de la souverainteté (Landgericht ou tribunal suprême) sur la Thurgovie, Constance abolit en 1453 la haute juridiction d'Eggen. Le Landgericht (avec la haute justice) passa en 1499 aux X cantons maîtres de la Thurgovie. Constance conserva la basse justice jusqu'en 1798. Le chapitre de K., lui aussi bas justicier, posséda jusqu'à la même date les droits de pêche, la taverne d'Engelshofen, le Hörnli, le château de Geissberg et quelques domaines.

Egelshofen releva de la paroisse Saint-Paul de Constance jusqu'en 1125, puis du nouveau chapitre de K. La paroisse se tourna très tôt vers le protestantisme et le prédicant prêchait dans l'église du chapitre. Les réformés durent cependant y renoncer en 1532 et obtinrent à la place l'église Saint-Josse (ou Saint-Jodok) de Constance. Lorsque cette ville revint à la foi catholique en 1548, son magistrat interdit aux protestants l'accès à l'église. Le chapitre leur céda la chapelle de Kurzrickenbach en 1549 et leur alloua annuellement trente-deux florins pour le traitement du pasteur. Ce fut celui de Scherzingen qui officia jusqu'en 1709, puis la commune engagea un ministre du culte. Les protestants obtinrent un cimetière à Egelshofen en 1629. La paix nationale de 1712 permit la construction d'un temple en 1724. Au XVIIIe s., à Egelshofen, les sages-femmes étaient désignées par les femmes réunies en communauté. Sous la République helvétique, la municipalité (élue) comprit l'ancien bourgmestre, un autre notable local et d'anciens juges. La localité de K. ne comptait, hors le couvent et ses propriétés, que treize maisons en 1837 et faisait partie de la commune d'Egelshofen. L'assolement triennal rythmait l'exploitation de la terre; à l'agriculture s'ajoutaient la viticulture, l'arboriculture et l'élevage.

L'école normale fut fondée en 1833 (nouveau bâtiment en 1972), une école d'agriculture en 1835 et la clinique Bellevue fut ouverte en 1857 par le psychiatre Ludwig Binswanger. Les lignes ferroviaires Romanshorn-Constance et Constance-Schaffhouse furent inaugurées en 1871 et 1875, la ligne Constance-Wil en 1911. L'industrialisation commença vers 1880 avec la broderie à la navette et une fabrique de meubles; elle se diversifia vers 1890 avec des fabriques de chaussures et de tricots et une savonnerie. La fabrique de chaussures Kreuzlingen employait vers 1900 déjà plus de 240 ouvriers, et K. possédait en outre des imprimeries, des banques, des maisons de commerce et une fabrique de bonbons. Suivirent des fabriques de broderie au point de chaînette (1905), de tabliers (1907), de chaussures (Raichle, 1909), de sièges (1910) et de corsets (1915), puis, au XXe s., des industries pharmaceutiques, des fabriques de béton et d'articles de sport, des garages, des banques, des cinémas, des sociétés immobilières et des centres commerciaux. L'expansion économique provoqua l'augmentation de la population, qui dépassa pour la première fois 10 000 habitants en 1947, ce qui, statistiquement, fit de K. une ville. Le secteur secondaire domina jusqu'au dernier quart du XXe s. (62% en 1920, 56% en 1975), relayé par le tertiaire à la fin du siècle (presque deux tiers en 1998). K. est caractérisé par sa situation frontalière, ses bains et sa patinoire, mais aussi par ses écoles (inauguration de l'école cantonale en 1971, nouveau bâtiment en 1997).


Bibliographie
– M. Bürgi et al., éd., Kreuzlingen, 2001
– R. Ferrarese, M. Schiavone, éd., Storie di Italiani nella Svizzera orientale, 2003
Tagblatt: Ausgabe für den Kanton Thurgau, 30.9.2004; 1.2.2007

Auteur(e): Erich Trösch / EVU