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No 4

Euler, Leonhard

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naissance 15.4.1707 à Bâle, décès 18.9.1783 à Saint-Pétersbourg, prot., de Bâle. Fils de Paulus, pasteur, et de Margaret Brucker. ∞ Katharina Gsell, fille de Georg, artiste peintre et premier directeur du cabinet de curiosités de Pierre le Grand à Saint-Pétersbourg. A l'âge de 13 ans, E. commença à étudier à l'université de Bâle la philosophie, la théologie, les langues orientales et l'histoire, avant de se tourner vers les mathématiques, avec Jean Bernoulli (1667-1748). Appelé en 1727 à l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, il y occupa un poste d'adjoint, puis de professeur de physique et de mathématiques. Cette première période pétersbourgeoise dura jusqu'en 1741. Dans l'époque troublée qui suivit la mort de la tsarine Anna Ivanovna, E. reçut fort opportunément une offre du roi de Prusse Frédéric II. Il s'installa avec sa famille à Berlin, où il dirigera jusqu'en 1766 la classe de mathématiques de l'académie prussienne nouvellement réorganisée, sans cesser de communiquer activement avec l'académie russe. Déçu par Frédéric II, il préféra retourner à Saint-Pétersbourg à l'appel de Catherine II. Il avait déjà perdu l'œil droit en 1738 et devint pratiquement aveugle après l'échec d'une opération de la cataracte en 1771. Sa force de travail n'en fut pas diminuée. Au contraire, la moitié de son œuvre (qui remplit au total quelque 85 in-quarto) date de la seconde période pétersbourgeoise. Membre de toutes les grandes académies de son temps, E. correspondait régulièrement avec près de 300 savants européens. Dans la première période pétersbourgeoise, il rédigea sa Mechanica ... en deux vol. (1736), une théorie de la musique aux vastes perspectives (Tentamen novae theoriae Musicae ..., 1739), sa Methodus inveniend i... (calcul des variations, 1744) et son traité de la construction navale et de la navigation (Scientia navalis ..., 1749). A Berlin, il écrivit des centaines d'articles sur les mathématiques, l'astronomie, la mécanique, l'hydrodynamique, l'hydraulique (les turbines), la théorie musicale, l'optique théorique et pratique. Il y publia des livres sur la mécanique céleste (1744), le mouvement de la lune (1753), la mécanique des corps solides (1765) et la théorie des systèmes optiques (1766), ainsi que trois ouvrages monumentaux dont le retentissement se prolonge jusqu'à nos jours: l'Introductio ... (2 vol., 1748, introduction à l'analyse de l'infini), les Institutiones calculi differentialis ... (2 vol., 1755) et les Institutiones calculi integralis ... (4 vol., 1768-1794), qui forment ensemble un résumé des mathématiques supérieures. Publiée anonymement en 1747, sa Défense de la révélation contre les objections des esprits forts est une apologie du christianisme contre les encyclopédistes, expression de sa violente aversion pour la théorie des monades chère à Christian Wolff. E. y défend la crédibilité de la Bible par une comparaison avec celle de la science. Les Neue Grundsätze der Artillerie ... (1745) sont une traduction commentée et élargie d'un traité de balistique dû à l'Anglais Benjamin Robins. Les principales œuvres de la seconde période pétersbourgeoise sont ses Elémens d'algebre (Vollständige Anleitung zur Algebra, 2 vol., 1770), la Dioptrica (3 vol., 1769-1771), deux nouveaux livres sur la théorie de la lune (1772) et la science navale (1773). Ses Lettres à une princesse d'Allemagne ... (3 vol., 1768-1772), traduites dans toutes les grandes langues, devinrent l'abrégé de culture générale scientifique et philosophique le plus répandu de l'époque. Avec ses livres, qui visent toujours la clarté et la simplicité et qui constituent les premiers manuels au sens moderne, E. a été le maître de l'Europe jusqu'au cœur du XIXe s.


Oeuvres
Lettres à une princesse d'Allemagne, 1768-1772 (rééd. 2003)
Leonhardi Euleri Opera omnia, 1911-
Bibliographie
Leonhard Euler 1707-1783, 1983 (avec bibliogr.)

Auteur(e): Emil A. Fellmann / PM