23/06/2009 | communication | PDF | imprimer

Aarbourg (commune)

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Comm. AG, distr. de Zofingue. Petite ville médiévale dans un défilé de l'Aar, au pied d'une forteresse portant le même nom, flanquée depuis le Moyen Age d'un faubourg qui ne fut jamais fortifié et, dès le XIXe s., de vastes quartiers industriels. 1123 Areburc. Env. 180 hab. vers 1400, 569 en 1764, 1029 en 1798, 1700 en 1850, 2300 en 1900, 5943 en 1970, 6263 en 2000

Trouvailles de monnaies celtiques. A l'époque romaine, une voie nord-sud passant par A. reliait Olten à la Suisse centrale (dépôt monétaire du IIIe s.); elle est l'ancêtre de la route Bâle-Olten-Lucerne et de la voie ferrée ouverte en 1856. Du haut de son éperon rocheux, le château fort dominait la cluse de l'Aar, lieu de passage et de péage idéal. Il est mentionné pour la première fois de façon indirecte en 1123, dans un document citant Adelbero d'A., comte de Frobourg. Il servait de résidence aux ministériaux d'A. (désignés comme hommes libres d'A.). Les Frobourg vendirent en 1299 le château et sa seigneurie aux ducs d'Autriche. Les sources anciennes ne parlent jamais de la localité elle-même, qui n'est explicitement désignée comme ville qu'en 1330, trop tard pour qu'il s'agisse d'une fondation des Frobourg comme on l'admettait autrefois. L'archéologie confirme cette nouvelle thèse en datant de 1312 au plus tôt un important bâtiment remontant aux origines de la ville. Les haute et basse justices appartenaient aux propriétaires du château. Distantes de 3 ou 4 km à peine, les petites cités de Zofingue et d'Olten, possessions des Frobourg, ne laissaient qu'un espace étroit à A., qui resta une ville minuscule. Jusqu'à l'arrivée du chemin de fer vers 1860, la batellerie sur l'Aar eut une grande importance commerciale; elle atteignit son apogée entre 1600 et 1750. Le ruisseau du nom de Tych qui se jette dans l'Aar, au sud d'A. provoque un remous -- la Waage -- à un endroit où la rivière fait un coude, formant ainsi un lieu d'embarquement naturel (port mentionné en 1361, bac en 1431). On y transbordait essentiellement du vin et du sel à destination de Lucerne par la vallée de la Wigger. On y assemblait aussi en trains de flottage le bois abattu en amont.

Annexé par Berne en 1415 après un siège de courte durée et devenu résidence du bailli l'année suivante, le château fut transformé en forteresse de 1659 à 1673, après la guerre des Paysans et la première guerre de Villmergen. Les ouvrages s'échelonnaient sur toute l'arête rocheuse; ils subirent des extensions successives jusqu'au milieu du XVIIIe s. Le 10 mars 1798, la forteresse fut abandonnée sans résistance aux Français. Ce monument reconnu d'importance nationale servit d'arsenal et de pénitencier au XIXe s. et depuis 1893 de maison pour jeunes délinquants. Détruite en 1840 par un incendie, la vieille ville, resserrée entre la colline du château et la rivière, a été reconstruite sans les principales fortifications de son flanc nord. Au spirituel, A. fut détaché de la paroisse de Zofingue en 1484. L'église occupait, à mi-pente, le site de l'ancienne chapelle du château; réduite en cendres en 1840, elle fut reconstruite de 1842 à 1845 par Johann Jakob Heimlicher sous la forme d'une église-halle de style néogothique, avec deux tours en façade. Depuis le XIXe s., des entreprises industrielles, à l'origine surtout textiles, se sont installées à A. (première fabrique en 1824); le mouvement s'est accéléré après la construction des autoroutes A1 et A2, qui divergent à 2 km au sud-est de la localité. Depuis 1950, le nombre des emplois équivaut à celui des travailleurs. Le secteur industriel domina de 1920 à 1980, offrant entre 56 et 69% des emplois; il en fournit encore 47% en 1990 (secteur primaire 1%, tertiaire 52%). Doté d'une école de district depuis 1836, A. fait aujourd'hui partie de l'agglomération d'Olten tout en formant avec Rothrist, Oftringen et Zofingue un centre de gravité dans la basse vallée de la Wigger.


Bibliographie
– J. Bolliger, Aarburg, 1970
– P. Frey, «Der Kernbau der Alten Post in Aarburg», in ArS, 12, 1989, 78-85
– A. Bickel, Zofingen von der Urzeit bis ins Mittelalter, 1992, 476-480
– A. Hüssy et al., Festung Aarburg, 1994

Auteur(e): Andreas Steigmeier / WW