• <b>Conservatisme</b><br><I>Guillaume Tell et son fils combattent le dragon de la Révolution</I>, aquarelle réalisée vers 1798 par  Balthasar Anton Dunker (Musée national suisse). L'iconographie révolutionnaire française a souvent représenté la royauté tyrannique sous la forme d'une hydre. Dans cette caricature, Dunker inverse les rôles et stigmatise la Révolution coiffée du bonnet jacobin, vaincue par le héros tutélaire des Suisses.
  • <b>Conservatisme</b><br>Gonzague de Reynold en son château de Cressier vers 1930 (Bibliothèque nationale suisse).
  • <b>Conservatisme</b><br>"Stop à l'envahissement par des étrangers", affiche du parti démocratique zurichois lors des élections de 1967 (Museum für Gestaltung Zürich, Plakatsammlung, Zürcher Hochschule der Künste). Dès les années 1960, le thème de la surpopulation étrangère sera repris régulièrement par la droite conservatrice.

Conservatisme

Terme dérivé du latin conservare et appliqué aux mouvements politiques et intellectuels qui ont pour but la conservation de l'ordre social existant ou le rétablissement d'un ordre antérieur, ordre fondé à leurs yeux sur des lois naturelles ou sur des données transcendantes. Les conservateurs considèrent avec un certain scepticisme les innovations sociales et les grandes théories abstraites.

Mouvement d'opposition au libéralisme et au radicalisme, issu de la résistance aux idées des Lumières et de la Révolution française, le conservatisme suisse se donna une idéologie et une organisation lors des conflits constitutionnels et religieux des années 1830 et 1840. A cette époque, le terme de conservateur fit son entrée dans le langage politique suisse pour qualifier des associations à caractère partisan. Les parlementaires fédéraux de la droite catholique se donnèrent officiellement le nom de conservateurs catholiques en 1882; le terme de conservateur disparut en 1971 avec la nouvelle appellation de Parti démocrate-chrétien (PDC).

Contrairement au libéralisme et au socialisme, le conservatisme politique représente plus une attitude dans un contexte historique précis qu'une philosophie achevée. Il offre une idéologie à ceux qui se sentent dépassés ou mis à l'écart par la modernisation. Néanmoins, il reste ambivalent face à la modernité, puisque pour la combattre il se sert des instruments qu'elle a forgés, comme les associations, les partis et les médias.

Aux XIXe et XXe s., le rôle de la religion et de l'Eglise dans la société a été l'un des thèmes privilégiés des conservateurs, avec la famille, l'école, l'éducation, l'identité nationale et la relation entre peuple et nation. Pendant des décennies, le fédéralisme fut un point essentiel de leur programme; ainsi s'exprimait leur méfiance envers l'Etat central. En politique sociale, le conservatisme catholique représenta dès la fin du XIXe s. une "troisième voie", entre libéralisme "individualiste" et socialisme "collectiviste", dans laquelle se mêlaient jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale des éléments relevant du corporatisme. Le mouvement conservateur trouva ses appuis dans des milieux attachés aux valeurs chrétiennes et ses élites dans l'ancien patriciat urbain, mais surtout parmi des paysans aisés, des ecclésiastiques, des avocats et des journalistes, catholiques ou protestants, qui appartenaient à la classe supérieure des petites villes et des régions rurales où il eut, jusqu'au milieu du XXe s., ses bastions électoraux. Le recours tactique aux instruments de la démocratie directe (référendum) conféra parfois des traits populistes à l'opposition conservatrice contre la "classe politique".

Il faut distinguer au fond deux sortes de conservateurs: les uns se référaient à la société d'ordres de l'Ancien Régime, qu'ils souhaitaient restaurer utopiquement; les autres, réalistes et modérés, reprenaient les principes libéraux, mais demandaient des réformes économiques, sociales et scolaires. L'histoire du mouvement conservateur suisse, si on le considère en premier lieu comme une réaction contre la modernité, se subdivise en cinq périodes: pour leur donner un nom, on pourrait parler successivement de conservatisme antirévolutionnaire (1798-1830), de tendance restauratrice (années 1830 et 1840), classique (1848-1891), bourgeois (1891-1960) et finalement nationaliste (depuis le milieu des années 1960).

Auteur(e): Urs Altermatt / PM

1 - Le conservatisme antirévolutionnaire (1798-1830)

Les conservateurs de la première moitié du XIXe s. représentaient une position politique et culturelle, généralement fondée sur des conceptions religieuses et confessionnelles, qui les amenait à s'opposer aux Lumières, à la République helvétique, à la modernisation et à la sécularisation. Antirévolutionnaires, ils cherchaient à rétablir partiellement l'Ancien Régime et se battirent surtout dans trois domaines: contre la perte de souveraineté des cantons dans un Etat unitaire et centralisé, contre la transformation des cantons et de la Confédération en régimes constitutionnels modernes, contre la réduction des privilèges de l'Eglise dans un Etat sécularisé (Eglise et Etat).

<b>Conservatisme</b><br><I>Guillaume Tell et son fils combattent le dragon de la Révolution</I>, aquarelle réalisée vers 1798 par  Balthasar Anton Dunker (Musée national suisse).<BR/>L'iconographie révolutionnaire française a souvent représenté la royauté tyrannique sous la forme d'une hydre. Dans cette caricature, Dunker inverse les rôles et stigmatise la Révolution coiffée du bonnet jacobin, vaincue par le héros tutélaire des Suisses.<BR/>
Guillaume Tell et son fils combattent le dragon de la Révolution, aquarelle réalisée vers 1798 par Balthasar Anton Dunker (Musée national suisse).
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Le conservatisme s'inscrivait dans un mouvement intellectuel d'ampleur européenne qui s'imposa aussi dans les arts (romantisme) et la vie religieuse. Mais l'influence politique concrète de penseurs comme Jeremias Gotthelf, Johann Caspar Bluntschli ou Antoine-Elisée Cherbuliez resta modeste; Karl Ludwig von Haller se rendit célèbre en Europe avec son ouvrage Restauration der Staatswissenschaft, qui donna son nom à l'époque.

Le refus des nouvelles structures politiques, la défense de l'autonomie locale ou religieuse et celle des privilèges nourrit l'opposition à la République helvétique. La Médiation et la Restauration donnèrent le pouvoir à des hommes issus tant de l'ancienne aristocratie que de la nouvelle élite bourgeoise; elles rétablirent en partie l'Ancien Régime, mais sans abolir toutes les réformes. La lutte entre modernistes et traditionalistes se poursuivit à l'intérieur des Eglises (Ultramontanisme, Réveil). Chez les protestants, la diffusion d'un nouveau sentiment religieux opposée à la théologie rationnelle conduisit à la fondation d'Eglises libres séparées de l'Eglise nationale. Chez les catholiques, les conservateurs prirent parti pour une Eglise et une société fondées sur la piété populaire et la fidélité au pape.

Auteur(e): Martin Pfister / PM

2 - Le conservatisme de tendance restauratrice (1830-1848)

Les conflits constitutionnels des années 1830 et 1840 modelèrent le paysage politique suisse (presse, partis, associations libérales auxquelles s'opposent désormais des associations conservatrices). Les révisions constitutionnelles libérales forcèrent les conservateurs à se définir. Dans les cantons régénérés, les libéraux chassèrent du pouvoir les anciennes classes privilégiées. En même temps apparurent de nouvelles élites conservatrices dans plusieurs cantons, régénérés ou non. Des mouvements populaires des deux confessions cherchèrent aussi à maintenir le rôle central de l'Eglise et réagirent par exemple aux articles de Baden (1834), d'inspiration libérale. Dès la fin des années 1830, les tensions politiques se chargèrent d'éléments religieux (affaire Strauss à Zurich en 1839, affaire Zeller à Berne en 1847). Imitant les radicaux, les conservateurs recoururent au soulèvement populaire pour défendre sans compromis le magistère de l'Eglise.

Le conflit entre conservateurs et radicaux prit une dimension confessionnelle avec l'affaire des couvents d' Argovie (1841), les expéditions des Corps francs (1844-1845) et l'appel aux jésuites (1844). Les conservateurs catholiques modérés, fédéralistes, insistaient sur l'autonomie communale et cantonale, sur le maintien des droits de l'Eglise garantis par le Pacte fédéral de 1815 et cherchaient un arbitrage. En revanche, les conservateurs de tendance restauratrice, comme Konstantin Siegwart-Müller, cultivaient l'utopie d'une Suisse catholique unie dans les traditions de la piété populaire et prenant de l'ascendant sur la Suisse protestante; ils étaient prêts à la provocation (appel aux jésuites) et à l'escalade. L'antijésuitisme et l'anticléricalisme fournissaient aux radicaux, en particulier à leurs partisans catholiques, une image efficace de l'ennemi commun dans la lutte contre les conservateurs catholiques. L'aspect confessionnel du conflit resserra les liens entre ces derniers, à la veille du Sonderbund de 1847, mais les empêcha de s'allier avec les conservateurs protestants, dont plusieurs se rallièrent en 1847 aux futurs vainqueurs (comme le général Guillaume-Henri Dufour) ou restèrent neutres (comme les gouvernements de Neuchâtel et de Bâle-Ville). Les libéraux et radicaux, encore unis en apparence, l'emportèrent ainsi sur des adversaires divisés.

Auteur(e): Martin Pfister / PM

3 - Le conservatisme classique (1848-1891)

La défaite militaire et politique du Sonderbund eut pour conséquence une domination des radicaux et libéraux dans le nouvel Etat fédéral. Pendant que les vieux conservateurs, sous la direction du Lucernois Philipp Anton von Segesser, conseiller d'Etat et conseiller national, et du Schwytzois Nazar Reding, conseiller d'Etat et aux Etats, se concentraient sur la reconquête du pouvoir dans les cantons d'origine de leur mouvement (Lucerne, Uri, Schwytz, Unterwald, Fribourg et Valais), la "jeune école" de la Société des étudiants suisses (SES) visait l'intégration dans l'Etat fédéral à travers des organisations partisanes renouvelées. La Schwyzer Zeitung du Saint-Gallois Josef Gmür était alors l'organe de cette tendance progressiste.

Traités d'ennemis de la patrie, les conservateurs catholiques étaient exclus des charges publiques fédérales. Le Schweizer Verein fondé en 1850 et animé par le protestant bernois Alexander von Tavel fut jusqu'en 1860 un point de rencontre pour les conservateurs des deux confessions. Les conservateurs catholiques reprirent la majorité gouvernementale en 1856 à Fribourg et en 1871 à Lucerne; ils aménagèrent les cantons de tradition catholique en "refuges". Dans les années 1850, il exista au Parlement fédéral un groupe conservateur (catholique et protestant), dirigé par le Bernois Eduard Blösch et par le Lucernois Philipp Anton von Segesser. Un groupe conservateur catholique se forma en 1857 autour du conseiller national saint-gallois Johann Jakob Müller.

Dans les années 1860 et au début des années 1870, les conservateurs se rangèrent sous la bannière du fédéralisme; alliés aux fédéralistes romands, ils firent échouer en 1872 la révision constitutionnelle soutenue par les radicaux; mais ceux-ci revinrent à la charge en 1874 et ils gagnèrent en isolant les conservateurs catholiques par des arguments inspirés du Kulturkampf qui convainquirent les fédéralistes romands. Cependant, le référendum facultatif nouvellement introduit donna aux conservateurs, engagés dans des coalitions changeantes entre 1875 et 1885, un moyen de mettre sur la défensive le Conseil fédéral radical. Les campagnes référendaires furent menées, du côté catholique, par le groupe parlementaire, la presse et de nombreuses associations, telle l'influente association Pie IX (Piusverein), et, du côté protestant, par l'Eidgenössischer Verein, fondé en 1875, et le parti populaire d'Ulrich Dürrenmatt dans le canton de Berne. L'alliance ainsi formée prit parfois le caractère d'un mouvement populiste d'opposition contre le "système" radical. Elle connut son zénith en 1882, lorsqu'elle gagna le référendum contre le "bailli scolaire". Mais malgré son implantation dans les quatre régions linguistiques, elle ne réussit pas à se transformer en un parti structuré, car les différences confessionnelles y jouaient un plus grand rôle que chez les radicaux laïcisés.

Dans la seconde moitié du XIXe s., le conservatisme catholique se divisa en un courant fédéraliste, qui dominait en Suisse centrale, et un courant ultramontain, influent surtout à Fribourg et en Suisse romande, dont les figures intellectuelles marquantes furent Joseph Schorderet, fondateur de l'œuvre de la presse catholique à Fribourg, et Theodor Scherer-Boccard, cofondateur et premier président de l'Association Pie IX. Ces deux courants se rencontraient aussi au Tessin; dans ce canton, les conservateurs enracinés dans les campagnes et les vallées, alliés à l'Eglise, affrontaient depuis le début du XIXe s. les libéraux appuyés par la bourgeoisie éduquée des petites villes. Les conservateurs catholiques tessinois s'emparèrent du Conseil d'Etat, brièvement et pour la première fois, en 1877.

Auteur(e): Urs Altermatt / PM

4 - Le conservatisme bourgeois (1891-1960)

Le conservatisme bourgeois se caractérise par son intégration progressive dans l'Etat fédéral à majorité radicale et dans la société bourgeoise. Le conseiller national lucernois Josef Zemp fut en 1891 le premier conservateur catholique élu au Conseil fédéral. Devant l'essor des socialistes, radicaux et conservateurs formèrent une coalition gouvernementale placée sous le signe de la lutte des classes, ce qui mit fin au conservatisme politique sous son ancienne forme.

Dans la Suisse protestante, les intellectuels conservateurs, tel l'historien bâlois Jacob Burckhardt, restèrent des figures isolées; la plupart des conservateurs se rallièrent en effet au parti radical. Dans le canton de Berne, une partie d'entre eux adhéra après la Première Guerre mondiale au nouveau parti des paysans, artisans et bourgeois (PAB), qui défendait des intérêts économiques, mais aussi un point de vue conservateur en général. Chez les catholiques, le conservatisme avait consolidé ses traits confessionnels lors du Kulturkampf. Dans les années 1920 et 1930, l'antisocialisme et l'anticommunisme renforcèrent la position de leur parti (appelé populaire conservateur dès 1912 et conservateur chrétien-social dès 1957), qui acquit un deuxième siège au Conseil fédéral après la grève générale de 1918 et l'introduction de la proportionnelle en 1919. Un groupe, d'esprit intégriste, formé autour du conseiller national grison Caspar Decurtins, du théologien fribourgeois Josef Beck, de l'éditeur d'Olten Otto Walter et du curé bâlois Robert Mäder, mena une opposition interne contre la majorité progouvernementale.

<b>Conservatisme</b><br>Gonzague de Reynold en son château de Cressier vers 1930 (Bibliothèque nationale suisse).<BR/>
Gonzague de Reynold en son château de Cressier vers 1930 (Bibliothèque nationale suisse).
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A la fin du XIXe s. et dans la première moitié du XXe, la doctrine sociale catholique gagna en influence par sa critique du capitalisme et se concrétisa dans les idées corporatistes d'une "troisième voie", sous l'influence des encycliques Rerum Novarum (1891) et Quadragesimo Anno (1931). Dès la fin des années 1920, de jeunes conservateurs réunis autour de Paul Kubick et d'Hermann Cavelti se rallièrent à une conception autoritaire de l'Etat. Durant l'entre-deux-guerres, l'essayiste fribourgeois Gonzague de Reynold et le mouvement Das Aufgebot conduit par Jakob Lorenz suivirent en marge du milieu catholique une voie très marquée à droite (Frontisme). En 1929, Rudolf Minger devint le premier conseiller fédéral PAB. Presque simultanément apparut le mouvement des Jeunes Paysans, qui sous Hans Müller se tourna vers le socialisme d'Etat et se sépara du PAB en 1935. La même année, l'échec populaire de la révision constitutionnelle conduisit la grande majorité des politiciens conservateurs, emmenés par le Lucernois Heinrich Walther, conseiller national, chef du groupe parlementaire, et par Karl Wick, rédacteur du Vaterland, à renoncer à l'utopie antimoderniste. A l'époque de la Deuxième Guerre mondiale, le conservatisme occupa une position clé dans la défense spirituelle, où le conseiller fédéral Philipp Etter, conservateur zougois, joua un rôle dirigeant.

Après 1945, l'essor de la démocratie chrétienne en Europe soutint celui des forces conservatrices animées par le secrétaire du parti Martin Rosenberg. Le PAB défendit surtout, jusqu'à sa transformation en 1971 en Union démocratique du centre (UDC), les intérêts de la paysannerie et des classes moyennes. Les conservateurs catholiques prirent en 1971 le nom de parti démocrate-chrétien (PDC), marquant ainsi, dans l'esprit du temps, leurs distances avec le conservatisme.

Auteur(e): Urs Altermatt / PM

5 - Le conservatisme nationaliste (depuis 1965)

Face aux crises de la modernisation sociale, le système proportionnel et la politique de concordance (Formule magique de 1959) suscitèrent dès les années 1960 des mouvements d'opposition populiste de droite (Extrême-droite). L'éditorialiste zurichois James Schwarzenbach fut en 1967 le premier représentant de l'Action nationale élu au Conseil national (Démocrates suisses (DS)). En 1971, les partis de la droite nationaliste recueillirent 7,5% des voix lors des élections au Conseil national, en faisant campagne sur le slogan de la surpopulation étrangère. Le journal de droite Schweizerzeit fut fondé en 1979. En 1986, le Comité d'action contre l'adhésion à l'ONU donna naissance à l'Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN), proche de l'UDC.

<b>Conservatisme</b><br>"Stop à l'envahissement par des étrangers", affiche du parti démocratique zurichois lors des élections de 1967 (Museum für Gestaltung Zürich, Plakatsammlung, Zürcher Hochschule der Künste).<BR/>Dès les années 1960, le thème de la surpopulation étrangère sera repris régulièrement par la droite conservatrice.<BR/>
"Stop à l'envahissement par des étrangers", affiche du parti démocratique zurichois lors des élections de 1967 (Museum für Gestaltung Zürich, Plakatsammlung, Zürcher Hochschule der Künste).
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Dans les années 1990, l'UDC emmenée par son aile zurichoise et par le conseiller national Christoph Blocher prit un virage à droite et absorba aux élections fédérales de 1999 les petits partis de la droite nationaliste. Les mutations de la politique mondiale depuis la chute du communisme, l'accélération de l'intégration européenne et le développement des migrations au niveau mondial ont favorisé, en Suisse comme dans d'autres pays, l'essor d'une opposition nationale-conservatrice. Sous l'égide de l'UDC sont apparus sur la droite de l'échiquier politique des mouvements qui défendent une vision passéiste de la société, manifestent de l'aversion pour la "classe politique" et combattent la participation de la Suisse à des organisations internationales comme l'ONU ou l'UE. Ces mouvements, auxquels ont aussi adhéré des intellectuels de la "nouvelle droite", ont réussi à focaliser le débat sur des thèmes comme l'identité nationale, la neutralité suisse, la politique extérieure, la lutte contre l'immigration et la "surpopulation étrangère".

Références bibliographiques

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Auteur(e): Urs Altermatt / PM