21/12/2010 | communication | PDF | imprimer

Parc national

Réserve naturelle suisse dans la Basse-Engadine, d'une surface de 172 km². Le mythe des Alpes apparu au XVIIIe s. eut pour effet au siècle suivant des nuisances et des détériorations partielles du paysage, mais suscita aussi un intérêt croissant pour la protection de la nature. Le développement anarchique des constructions vers 1900 poussa les protecteurs de la nature à lancer un cri d'alarme. En 1907, la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève tenta de convaincre le Conseil fédéral de créer des réserves naturelles dans les Alpes. En même temps, la Société helvétique des sciences naturelles lança sous la direction de son président, le Bâlois Fritz Sarasin, un projet de Parc national. Il prévoyait des prescriptions sévères et excluait toute aire de repos ou de délassement pour le public, par opposition au système américain. La Société conclut avec la commune de Zernez le premier bail à ferme du val Cluozza en 1909. La même année était fondée la Ligue suisse pour la protection de la nature (Pro Natura dès 1997) afin de réunir les fonds nécessaires pour le fermage et d'autres charges. L'arrêté du 1er août 1914 attribua à la Confédération une partie des responsabilités. Celle-ci obtint en outre le pouvoir de conclure les contrats de fermage et d'en payer les charges. Steivan Brunies fut nommé en 1914 premier surveillant général du Parc national. Dans la réserve, la faune et la flore échappent à toute emprise humaine et leurs modifications sont scientifiquement observées. Entre 1961 et 2000, le Parc garda les mêmes dimensions. A Zernez, une fondation de droit privé construisit en 1968 la Maison du Parc national pour l'information du public (remplacée en 2008 par le nouveau Centre du Parc national). En 1981, les Chambres fédérales confièrent la gestion à une fondation de droit public placée sous la surveillance de la commission fédérale du Parc national. Depuis l'époque de la fondation, le paysage a toutefois subi des atteintes dues au trafic du col de l'Ofen et à l'usine hydraulique du val dal Spöl. C'est notamment pour cette raison que les autorités du Parc national projetèrent, entre 1996 et 2000, d'élargir la zone partiellement protégée autour du Parc national et de lui intégrer quelques paysages de grande valeur. Après que la commune de Zernez eut refusé le projet, on ne parla plus de plans d'extension; seuls les lacs de haute montagne de Macun (comm. Lavin) furent intégrés au Parc en 2000. A l'initiative de Pro Natura plusieurs régions ont lancé dès 2000 des projets de parcs naturels régionaux; celles du Locarnais/Vallemaggia (2002) et de l'Adula (Rheinwaldhorn, 2003) se sont engagées dans la planification d'un Parc national.


Bibliographie
– S. Brunies, Der Schweizerische Nationalpark, 1914
– D. Burckhardt, «Die Wiege des Naturschutzes stand in Basel», in Verhandlungen der Naturforschenden Gesellschaft in Basel, 1992, 5-45
– D. Lab, Les arguments de création de Parc national suisse (1914) par les mouvements de protection de l'environnement [...], master Genève, 2006

Auteur(e): Martin Bundi / WW