06/09/2012 | communication | PDF | imprimer

Fédération patriotique suisse

Association privée (1919-1948) se rattachant à la droite bourgeoise, conçue comme une organisation démocratique pour la défense de l'ordre établi contre les menaces socialistes de révolution et pour le "soutien moral aux autorités". Représentante sans doute la plus typique de la "droite de 1918", elle s'opposa à toutes les tentatives visant à réduire les antagonismes apparus alors.

Fondée en 1919 à l'initiative de membres du Club alpin suisse, de personnalités argoviennes (Eugen Bircher) et genevoises, la Fédération patriotique suisse (FPS) regroupait les gardes bourgeoises créées lors de la grève générale. Ses membres se recrutaient notamment dans les associations patriotiques de Suisse alémanique et romande. En 1920-1921, elle mit l'accent sur son service de défense, qui brisait les grèves dans les entreprises d'importance vitale (en collaboration avec les CFF et le DMF). La FPS organisa une agence de presse et d'informations et maintint des liens de personnes avec la Ligue Aubert (ou Entente internationale contre la IIIe Internationale), service d'informations créé en 1924 par le secrétaire romand, Théodore Aubert. Elle mit sur pied en 1931, en collaboration avec des sociétés militaires, l'Association suisse de lutte contre l'antimilitarisme. La Fédération dut mettre fin à ses activités en 1948 à cause d'un scandale: sa direction subornait des fonctionnaires de police pour obtenir des renseignements.

La FPS coordonnait l'action des forces de droite lors d'élections ou de votations et cherchait à écarter les socialistes des postes importants. Elle prônait une politique restrictive envers les étrangers et les requérants d'asile. Dans les années 1920, elle se différenciait à peine, dans ses principes, de certains courants extrémistes européens, avec lesquels elle eut des contacts parfois étroits; toutefois en 1923 elle n'estimait "pas encore nécessaire d'instaurer en Suisse la loi fasciste du plus fort". Ses rapports avec les groupes frontistes et avec des mouvements étrangers d'extrême-droite des années 1930 et 1940 nécessitent d'une étude plus approfondie.


Bibliographie
GeschAG, 3
– H.U. Jost, Les avant-gardes réactionnaires, 1992
– D. Zimmermann "Helfen Sie uns getarnt": die Zusammenarbeit des Schweizerischen Vaterländischen Verbandes mit dem Eidgenössischen Justiz- und Polizeidepartement von 1930 bis 1948, mém. lic. Zurich, 2009
– A. Thürer Der Schweizerische Vaterländische Verband 1919-1930/31, 2010

Auteur(e): Andreas Thürer / PM