30/08/2012 | communication | PDF | imprimer | 

Démocrates suisses (DS)

Fondé en 1961 par le Zurichois Fritz Meier sous la dénomination allemande de Nationale Aktion gegen Überfremdung von Volk und Heimat (Action nationale contre la surpopulation étrangère), conservateur et isolationniste, ce parti est idéologiquement très à droite. Mouvement issu de la base, il fut une réaction à l'arrivée massive de travailleurs étrangers, italiens surtout (Xénophobie), dont l'afflux a été provoqué par la demande des milieux d'entrepreneurs liés au parti radical durant la haute conjoncture.

En 1965, l'Action nationale remit une pétition qui exigeait des mesures restrictives dans la politique de la Suisse envers les étrangers. La même année parut pour la première fois le journal du parti Volk und Heimat (la version française Peuple + patrie naît en 1976), devenu en 1990 le Schweizer Demokrat (Démocrate suisse depuis 1991). En 1967, James Schwarzenbach devint le premier élu du parti aux Chambres fédérales (Conseil national). Après que les démocrates du canton de Zurich eurent retiré en 1968 leur initiative populaire "Contre la surpopulation étrangère", Schwarzenbach en lança une nouvelle, plus radicale, qui porta son nom et fit connaître l'Action nationale dans tout le pays. Elle ne fut rejetée en 1970 que par une maigre majorité de 54%. S'étant disputé par la suite avec son parti, Schwarzenbach fonda l'éphémère Mouvement républicain, qui conquit d'un coup sept sièges au Conseil national.

Le parti, qui dépendait en grande part des aléas de la politique suisse d'immigration, disparut presque de la circulation au cours des années 1970. Sous la présidence de Valentin Oehen, partisan d'une écologie bourgeoise, le thème de la protection de l'environnement passa au premier plan, lié qu'il fut à la prétendue surpopulation de la Suisse attribuée à l'immigration. Les initiatives xénophobes lancées après 1974 ne trouvèrent cependant plus guère de soutien. En 1977, l'Action nationale fut rebaptisée Nationale Aktion für Volk und Heimat (Action nationale pour le peuple et la patrie). Dans les années 1980, avec le conseiller national Markus Ruf, les tendances xénophobes reprirent fortement le dessus. Oehen, fâché avec son parti, se retira de la politique en 1986. Quatre ans plus tard, l'Action nationale prit le nom de Démocrates suisses. Fin 1998, le Conseil national leva l'immunité parlementaire de Rudolf Keller, président du parti, suspecté d'avoir violé la loi antiraciste. Comme d'autres partis de droite, les Démocrates suisses ont perdu de leur importance vers la fin des années 1990 qui virent la montée de l'Union démocratique du centre (UDC).

Les Démocrates suisses aux élections au Conseil national
Annéesièges obtenusaen % des suffragesb
196710,8
197147,5
197525,4
197922,0
198343,5
198732,9
199153,4
199523,1
199911,8
200311,0
200700,5
201100,2

a Y compris Vigilance (GE)

b Sans Vigilance (GE)

Sources:Annu. stat.

En 2003, les Démocrates suisses avaient aussi des députés dans les parlements cantonaux d'Argovie, des deux Bâles, de Berne et de Zurich. Ils ont perdu leur dernier siège au Conseil national quatre ans plus tard et en 2010 ils ne disposaient plus, au niveau cantonal, que de deux sièges en Argovie.


Bibliographie
– A. Urech, Zur Ideologie der Nationalen Aktion und der Republikaner im Spiegel der Zeitungen "Volk und Heimat" und "Republikaner", mém. lic. Fribourg, 1995
– P. Niggli, J. Frischknecht, Rechte Seilschaften, 1998

Auteur(e): Andrea Weibel / WW