• <b>Parti du travail (PdT)</b><br>Affiche genevoise en faveur du droit de vote des femmes, réalisée en 1946 pour le parti du travail par  Charles Gorgerat (Museum für Gestaltung Zürich, Plakatsammlung, Zürcher Hochschule der Künste). En 1946, au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, les Genevois organisent une votation pour l'introduction du suffrage féminin au niveau cantonal. Malgré un engagement des partis de gauche, le vote des femmes fut refusé par 56% de l'électorat masculin.

Parti du travail (PdT)

Le Parti suisse du travail est né en octobre 1944 de la fusion de plusieurs partis cantonaux réunissant des communistes (Parti communiste PC), des socialistes de gauche, des gauches indépendants et la Fédération socialiste suisse (FSS) de Léon Nicole, fondée en 1939 et interdite en 1941, dès lors clandestine. Le nouveau parti eut Nicole pour président et pour secrétaire Karl Hofmaier (secrétaire du PC suisse et depuis 1943 de la FSS, après leur fusion). Un an à peine après sa fondation, le PdT comptait officiellement plus de 19 000 adhérents et dix-huit partis cantonaux regroupant 229 sections. En 1947, il obtint 5,1% des suffrages aux élections fédérales et sept sièges au Conseil national. Il prit aussi temporairement une position influente dans plusieurs syndicats. Il connut toutefois peu après des revers et perdit jusqu'à la moitié de ses membres, suite à l'exclusion de Hofmaier pour détournement de fonds en 1947, à des dissensions internes quant à la ligne à adopter (Communisme), au début de la guerre froide et à la nouvelle vague d'anticommunisme qu'elle suscita, suite enfin aux événements de l'Europe de l'Est. L'isolement politique du PdT atteignit son point culminant lors de la répression du soulèvement hongrois par l'Union soviétique en 1956, politique qui amena le parti socialiste à prendre résolument ses distances. En Suisse alémanique, des adhérents firent même l'objet d'actes de violence et le poids du PdT se déplaça dès lors en Suisse romande. La condamnation de l'entrée des troupes soviétiques à Prague en 1968 ne suffit pas à redonner de l'élan au PdT, d'autant plus qu'il ne réussit pas à trouver sa place dans les nouveaux mouvements sociaux. Il connut plusieurs vagues de démissions au cours des années 1980, mais obtint néanmoins régulièrement des sièges dans des exécutifs importants (mairie de Genève, Conseil d'Etat vaudois). Il enregistra quelques succès en politique sociale grâce à son action en faveur du suffrage féminin, de la protection des locataires, de la prévoyance vieillesse et de l'amélioration des conditions de salaire et de travail.

<b>Parti du travail (PdT)</b><br>Affiche genevoise en faveur du droit de vote des femmes, réalisée en 1946 pour le parti du travail par  Charles Gorgerat (Museum für Gestaltung Zürich, Plakatsammlung, Zürcher Hochschule der Künste).<BR/>En 1946, au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, les Genevois organisent une votation pour l'introduction du suffrage féminin au niveau cantonal. Malgré un engagement des partis de gauche, le vote des femmes fut refusé par 56% de l'électorat masculin.<BR/>
Affiche genevoise en faveur du droit de vote des femmes, réalisée en 1946 pour le parti du travail par Charles Gorgerat (Museum für Gestaltung Zürich, Plakatsammlung, Zürcher Hochschule der Künste).
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Résultats du PdT aux élections fédérales
AnnéeSiègesEn % des suffrages
194775,1
195152,7
195542,6
195932,7
196342,2
196752,9
197152,6
197542,4
197932,1
198310,9
198710,8
199120,8
199531,2
199921,0
200320,7
200710,7
201100,5
201510,4

Sources:OFS


Bibliographie
– J.-M. Rossignol, Le Parti suisse du travail en Suisse romande, 1944-1975, 1978
– S. Meier von Bock und Polach, Die Konstitution des Bösen, mém. lic. Zurich, 1999
– A. Rauber, Hist. du mouvement communiste suisse, 2, 2000
– P. Jeanneret, Popistes, 2002

Auteur(e): Brigitte Studer / LA