23/12/2010 | communication | PDF | imprimer

Parti radical-démocratique (PRD)

L'édition imprimée de cet article comporte des images. Commandez le DHS chez notre éditeur.

Dès ses débuts, le parti radical-démocratique (PRD) s'est compris comme le principal représentant du libéralisme politique en Suisse. Ses buts sont la garantie des libertés individuelles et la promotion d'un système économique libéral, dans lequel l'Etat intervient le moins possible. Au XIXe s., il prit une part déterminante à la création de l'Etat fédéral. Pilier de cet Etat, il a été représenté de façon ininterrompue au Conseil fédéral et dans la plupart des gouvernements cantonaux depuis 1848.

1 - Les débuts (1815-1894)

Au XIXe s., il n'existait pas encore de parti radical dans le sens moderne du terme, mais une coalition lâche d'individus rapprochés par leurs opinions. Le radicalisme s'identifia pleinement à l'Etat fédéral et l'historiographie radicale a toujours suivi fidèlement ce schéma interprétatif, comme l'ont montré clairement les jubilés de l'Etat fédéral de 1898, 1948 et 1998. Soucieux de ne pas apparaître comme une "partie" du tout que constitue le peuple, les radicaux se révélèrent longtemps incapables de créer un parti moderne, avec des structures solides. Ce n'est qu'en 1894 que le PRD suisse fut fondé à Olten, comme organisation faîtière des partis radicaux cantonaux.

Les représentants du libéralisme se considéraient, au XIXe s., comme les fils de la Révolution française, dont ils cherchèrent à défendre l'héritage, durant la Restauration, contre les conservateurs. Après avoir obtenu des succès dans plusieurs cantons lors de la Régénération, les libéraux finirent par entrer en conflit en maints endroits avec le mouvement populaire des radicaux. Ceux-ci poursuivaient le combat libéral en faveur des libertés individuelles, mais préconisaient l'abolition du suffrage censitaire au profit du suffrage universel masculin et une rapide suppression des cens fonciers. Les radicaux n'hésitèrent pas à imposer leurs idées, du moins partiellement, par la force, dans les cantons de Bâle, du Valais, de Genève, de Vaud et du Tessin, et au niveau fédéral, avec les expéditions de corps francs (1844-1845) et la guerre du Sonderbund (1847). La Constitution fédérale de 1848 et la révision totale de 1874 sont largement leur œuvre.

Au XIXe s., en Suisse, les termes "libéral" et "radical" se spécialisent et désignent des groupes différents au sein de la "grande famille libérale-radicale" (Erich Gruner). En Suisse alémanique, freisinnig (littéralement "libéral") s'applique en fait, le plus souvent, aux radicaux. En général, les libéraux étaient politiquement plutôt à droite et les radicaux plutôt au centre-gauche. Entre 1860 et 1870, le mouvement démocratique s'opposa à la mainmise des radicaux sur l'appareil étatique: il exigea l'élection des autorités par le peuple et l'institution du droit d'initiative et de référendum. Ce mouvement, qui connut un beau succès dans de nombreux cantons puis au niveau fédéral, donna cependant un nouvel élan au radicalisme.

Selon le contexte du moment, les radicaux se sont regroupés en différentes organisations à l'existence éphémère: après 1831 apparurent les Schutzvereine pour la défense des valeurs libérales et l'Association nationale suisse contre les menaces d'ingérence des régimes conservateurs étrangers. Après 1844, ce furent les associations patriotiques militant pour l'Etat fédéral et, après l'échec de la révision constitutionnele de 1872, une seconde Association patriotique suisse, qui contribua au succès de la révision de 1874.

Le noyau de ces organisations ad hoc était en général constitué par le groupe radical de l'Assemblée fédérale ou celui de parlements cantonaux. Des sociétés d'étudiants comme Helvétia ou Zofingue fonctionnèrent également comme des noyaux de cristallisation du futur parti.

Auteur(e): Daniel V. Moser-Léchot / OME

2 - Au sommet du pouvoir (1894-1918)

L'unité fragile des radicaux commença à se lézarder vers 1890: au sein de l'Assemblée fédérale émergèrent à droite le groupe des libéraux, à gauche celui de politique sociale et au centre celui des radicaux-démocrates. Des changements dans le paysage politique se dessinèrent aussi en dehors du Parlement: les ouvriers, originellement proches du radicalisme par le truchement de la Société du Grutli, commencèrent à se regrouper, aux niveaux communal, cantonal et fédéral, dans des syndicats et des partis socialistes. Parallèlement, les paysans et les artisans s'unirent dans de nouvelles organisations pour mieux représenter leurs intérêts économiques. La fondation du PRD en 1894 avait pour ambition de contrecarrer cette "emprise de l'économie sur la politique" (Emil Dürr). Pouvant s'appuyer sur de larges couches de la population, le PRD se considérait comme un "parti populaire", capable de défendre les intérêts des différents groupes sociaux, même si les ouvriers et les paysans étaient sous-représentés. Il se donna une organisation apte à maintenir un équilibre interne. Il se démarqua de la gauche en luttant contre la "destruction des bases de notre Etat et de la vie sociale", et de la droite en combattant les "assauts de l'ultramontanisme". Jusqu'à la Première Guerre mondiale, il parvint, avec l'aide du système majoritaire et d'un découpage électoral favorable, à conserver, voire à renforcer, sa position dominante dans les exécutifs et législatifs de la Confédération et de nombreux cantons. Il appliqua dans certains cantons la proportionnelle dite volontaire, par laquelle un certain nombre de sièges étaient abandonnés à bien plaire, lors des élections, à des politiciens socialistes ou conservateurs.

La structuration des partis cantonaux demeura très variable: tandis que, dans les agglomérations urbaines, se créait un dense réseau d'organisations de quartier, de commune ou d'arrondissement, les régions rurales conservèrent le vieux système des clientèles assez souples, formées autour de personnalités. Au niveau fédéral, jusqu'en 1929, la direction du parti fut assumée à tour de rôle par une section cantonale qui servait de "Vorort". Le secrétariat du parti ne fut professionnalisé qu'en 1914.

Auteur(e): Daniel V. Moser-Léchot / OME

3 - Changement de système dans la démocratie suisse (1918-1943)

Pendant la Première Guerre mondiale, les tensions sociales s'aiguisèrent en Suisse. Face aux revendications économiques de plus en plus fermes des paysans et des ouvriers, le PRD eut davantage de peine à défendre sa vision de l'équilibre des intérêts. Mais, au niveau fédéral et dans de nombreux cantons, il restait le parti dominant et fut, pour cette raison, rendu de plus en plus responsable des nombreuses difficultés des années de guerre. Dans certains cantons (par exemple Berne, Argovie, Zurich, Thurgovie), les paysans s'organisèrent, sur son aile droite, au sein du nouveau parti des paysans, artisans et bourgeois (PAB), tandis que de nombreux ouvriers et employés se tournaient vers le parti socialiste. Ce n'est que dans les cantons où subsistait l'opposition traditionnelle entre radicaux et conservateurs populaires (comme Soleure, Lucerne, Saint-Gall ou le Valais) que les paysans et une partie des ouvriers restèrent fidèles au PRD. L'introduction du système proportionnel mit un terme à la domination radicale à l'Assemblée fédérale ainsi que dans plusieurs gouvernements et parlements cantonaux. Au Conseil fédéral, en revanche, la majorité radicale survécut jusqu'en 1943.

Dans des conditions politiques inédites, et dans un système qui voyait naître des partis de masse clairement structurés, les grandes différences qui divisaient les divers partis cantonaux s'accentuèrent. Tandis qu'à Berne, par exemple, le PRD perdait son rôle de pilier de l'Etat au profit du PAB et tentait de se positionner à gauche comme parti du progrès, dans le canton de Vaud, les radicaux, adossés à un fort électorat rural, demeurèrent au cœur du pouvoir. En Valais, le PRD continua à se profiler comme un parti d'opposition aux conservateurs dominants. Dans les cantons-villes de Genève et Bâle-Ville, les radicaux durent se mesurer aux libéraux conservateurs (Parti libéral).

Dans les années 1930, le PRD fut principalement défié par le mouvement frontiste. Bien que, dans la ville de Zurich, une alliance électorale ait été conclue entre les radicaux et les fronts, le PRD suisse se distança nettement des mouvements d'extrême-droite. Au Tessin, les divergences d'opinion sur le régime mussolinien entraînèrent en 1934 une scission entre le parti libéral-radical et sa frange antifasciste, qui créa le parti libéral-radical démocratique; la division dura jusqu'en 1946. Le PRD suisse s'opposa aussi, durant la crise économique, aux projets socialistes censés relancer l'économie.

Résultats du PRD aux élections nationales
AnnéeConseil des EtatsConseil nationalEn % des suffrages
1919236028,8
1922236028,3
1925216027,8
1928205827,4
1931195226,9
1935154823,7
1939144920,7
1943124722,5
1947115223,0
1951125124,0
1955125023,3
1959135123,7
1963135123,9
1967144923,2
1971154921,8
1975154722,2
1979115124,0
1983145423,3
1987145122,9
1991184421,0
1995174520,2
1999174319,9
2003143617,3
2007123115,8

Sources:OFS

Auteur(e): Daniel V. Moser-Léchot / OME

4 - Face à la démocratie de concordance (depuis 1943)

L'histoire de l'Etat fédéral montre qu'à partir de 1890, le PRD a toujours essayé d'associer aux responsabilités gouvernementales les partis d'opposition dès qu'ils se renforçaient, afin de minimiser le risque induit par le lancement de référendums et d'initiatives. Les importants succès des conservateurs catholiques lors de différentes luttes référendaires entraînèrent, en 1891, leur entrée au Conseil fédéral en la personne de Josef Zemp. Après la grève générale, ce parti (auj. PDC) reçut en 1919 un deuxième siège au gouvernement. Même dans l'ambiance chargée d'émotion qui régnait alors, les radicaux les plus raisonnables évoquèrent une participation des socialistes au gouvernement fédéral. Dix ans plus tard, au début de la crise économique, Rudolf Minger fut le premier représentant du PAB (auj. UDC) élu au Conseil fédéral. En 1943, au milieu de la Deuxième Guerre mondiale, le PRD renonça à un siège au profit du socialiste Ernst Nobs, perdant ainsi sa majorité au Conseil fédéral. En 1959, on en arriva à la formule magique (2 PRD, 2 PDC, 2 PS, 1 PAB), adaptée en 2003 (2 PRD, 1 PDC, 2 PS, 2 UDC). Une stratégie identique, visant à intégrer l'opposition dans les exécutifs, fut mise en œuvre dans de nombreux cantons et villes.

Le PRD se considérait toujours comme le pilier de l'Etat et, de ce fait, soutint tant les efforts de la défense spirituelle que l'anticommunisme de l'après-guerre. A cette époque, l'antagonisme avec les libéraux et les conservateurs populaires s'amenuisa, et des Ententes nationales furent conclues, par exemple dans les cantons de Vaud et Genève. En même temps, le PRD défendit d'importants projets sociaux comme l'AVS, les articles économiques de la Constitution fédérale et une politique agricole protectionniste. Dans la situation économiquement difficile qui caractérisa les années qui suivirent les deux conflits mondiaux et durant la crise économique des années 1930, le PRD s'engagea pour un interventionnisme étatique plus développé. Durant les périodes de haute conjoncture, il défendit cependant un libéralisme économique orthodoxe, qui transparaît notamment dans les thèses du Rigi (1981).

Les mouvements de 1968 n'épargnèrent pas le PRD. Les jeunesses radicales et des groupes d'étudiants apparentés critiquèrent vivement les structures figées du parti mère et réclamèrent un engagement social plus intense. Sur le long terme, ces critiques n'eurent qu'un effet modeste. Déjà l'Association suisse des jeunes radicaux n'avait eu qu'une influence médiocre entre 1905 et 1909 et entre 1916 et 1920. La Jeunesse radicale suisse en eut davantage, dans les années 1930 et plus tard. Vers 1970, des tendances gauchisantes apparurent en son sein. D'après ses propres données, elle comptait en 1978 environ 1000 membres et 19 sections. A partir des années 1960, plusieurs groupements se séparèrent du PRD: vers la gauche avec le Team 67 dans le canton d'Argovie (1967) et la Liste libre dans le canton de Berne (1983); vers la droite avec le parti des automobilistes (Parti de la liberté) en 1987.

Après la Deuxième Guerre mondiale, le PRD commença à s'intéresser plus fortement au domaine international et collabora avec l'Union mondiale des partis libéraux fondée en 1947 (Internationale libérale en 1991). Le PRD soutint une prudente ouverture vers l'étranger, dans la question de l'adhésion au Gatt et à l'OMC, à l'AELE, au Conseil de l'Europe, à l'ONU (après une longue hésitation), à l'EEE et lors des négociations bilatérales avec l'UE.

A l'intérieur du PRD s'était constituée en 1937 déjà une Association des femmes radicales (AFR), qui ne se donna toutefois des statuts qu'en 1949. D'après ses propres données, l'AFR (PRD Femmes suisses en 1994) comptait 10 000 adhérentes en 1979 (5000-6000 en 2005), réparties en soixante groupes. En 1959, au moment de la votation sur le suffrage féminin, le PRD laissa la liberté de vote. Ce n'est qu'en 1971 qu'il soutint le oui. La question féminine joua un rôle relativement important dans les publications du parti, notamment face au mouvement féministe. La part des femmes dans les groupes parlementaires fédéral et cantonaux augmenta dans les années 1990.

Le PRD posséda longtemps une position privilégiée dans le paysage journalistique. Les journaux proches du parti furent organisés dès 1921 au sein de l'Association de la presse radicale. En 1967 encore, ils revendiquaient environ 50% du tirage des quotidiens suisses. L'influence du PRD dans les médias imprimés est en déclin depuis les années 1970. Même les liens avec la Neue Zürcher Zeitung , le principal journal du libéralisme politique en Suisse, se sont distendus, dès le milieu des années 1990.

La révision des statuts de 1977 transforma le PRD suisse en parti de membres. Les partis cantonaux sont depuis lors à la fois des sections du parti national et des organisations autonomes. Quelques enquêtes ont révélé la prépondérance des classes moyennes et supérieures parmi les membres. Cette tendance s'est renforcée jusque dans les années 1990. Les classes moyennes sont relativement mal représentées dans les organes dirigeants du parti. En 1977, à côté de l'assemblée des délégués, on a créé un conseil des délégués, fort de cinquante membres. Il existe en outre une série de commissions permanentes, chargées d'étudier les dossiers concrets.

Son slogan "plus de liberté et de responsabilité - moins d'Etat", qui lui assura un beau succès lors des élections au Conseil national de 1979, le PRD ne le présenta pas comme un recul par rapport à sa vocation de parti pilier de l'Etat, mais beaucoup plus comme la marque de son engagement fédéraliste et de l'importance qu'il attribue à l'individu et à la limitation de l'activité étatique. En 1981, le PRD publia un programme, à la fois complet et concret, sur l'encouragement des privatisations aux niveaux communal, cantonal et fédéral. Le parti soutint dans les années suivantes, et avec succès, de multiples projets déréglementant l'économie.

Dans de nombreux débats des années 1970 et 1980 (centrales atomiques, politique sociale, armée, etc.), les partis gouvernementaux se divisèrent. Le PRD s'allia en général avec le PDC et l'UDC contre le PS. La situation se modifia dans les années 1990 avec l'émergence de nouvelles thématiques comme l'adhésion à l'ONU, la question européenne, les transports et, en partie du moins, la politique de la drogue et de l'asile; ces cas virent se former une coalition entre le PRD, le PDC et le PS, opposée à l'UDC. Sur d'autres sujets, comme la recherche génétique, la lutte contre le chômage et les nouvelles technologies, le PRD défendit toujours les positions de l'économie libérale. Après quelques hésitations, il admit la nécessité de taxes d'incitation en matière environnementale. Il se prononça en outre en faveur de baisses d'impôts et d'un développement du réseau autoroutier. Aux élections au Conseil national de 2007, il obtint 15,6% des voix et 31 sièges, à égalité avec le PDC (ces deux partis se plaçant derrière l'UDC et le PS). Le 1er janvier 2009 est né le parti libéral-radical (PLR), par fusion du parti libéral et du PRD.

Présidents du PRD
1894-1895Christian Friedrich Göttisheim (1837-1896)
1896-1897Ernst Brenner (1856-1911)
1897-1898Johannes Stössel (1837-1919)
1898-1903Johann Daniel Hirter (1855-1926)
1904-1906Paul Scherrer (1862-1935)
1907-1910Walter Bissegger (1853-1915)
1911-1912Camille Decoppet (1862-1925)
1912-1913Félix Bonjour (1858-1942)
1914-1918Emil Lohner (1865-1959)
1919-1923Robert Schöpfer (1869-1941)
1923-1929Albert Meyer (1870-1953)
1929-1934Hermann Schüpbach (1877-1949)
1934-1940Ernest Béguin (1879-1966)
1940-1948Max Wey (1892-1953)
1948-1954Aleardo Pini (1907-1958)
1954-1960Eugen Dietschi (1896-1986)
1960-1964Nello Celio (1914-1995)
1964-1968Pierre Glasson (1907-1991)
1968-1974Henri Schmitt (1926-1982)
1974-1977Fritz Honegger (1917-1999)
1978-1984Yann Richter (1928-2008)
1984-1989Bruno Hunziker (1930-2000)
1989-2001Franz Steinegger (*1943)
2001-2002Gerold Bührer (*1948)
2002-2004Christiane Langenberger (*1941)
2004Rolf Schweiger (*1945)
2005-Fulvio Pelli (*1951)

Sources:PRD; Services du Parlement

Auteur(e): Daniel V. Moser-Léchot / OME

Références bibliographiques

Sources imprimées
Revue politique, 1922- (revue trimestrielle du PRD; en particulier 4, 1979; 2/3, 1994)
Bibliographie
– G. Chaudet, Hist. du Parti radical suisse, 1917
– E. Schürch, Der Freisinn und die Fronten, 1933
– M. Wey, 50 Jahre freisinnige Aufbauarbeit im schweizersischen Bundesstaat, 1944
– P. Bise, Le parti radical-démocratique suisse, [31948]
– E. Gruner, Die Parteien in der Schweiz, 1969 (21977)
– J. Tobler, Freisinn oder Gemeinsinn?, 1972
– P. Ehinger, «Schweizerischer Liberalismus im Wandel?», in Liberal, 8/9, 1973, 625-655
– R. Meier, Der schweizerische Freisinn, 1978
– E. Dietschi, 60 Jahre eidgenössische Politik, 1979
– R. Brassel, Der schweizerische Freisinn in den Auseinandersetzungen der ersten Nachkriegszeit 1918-1922, mém. lic. Bâle, 1981
– U.E. Gut, Aspekte des Liberalismus in der politischen Praxis, [1994]
– M. Gehrken, "Im Zeichen einer wahrhaft eidgenössischen Solidarität", 2002
– O. Meuwly, L'unité impossible: le Parti radical-démocratique suisse à la Belle Epoque, 1891-1914, 2007

Auteur(e): Daniel V. Moser-Léchot / OME