29/05/2007 | communication | PDF | imprimer

Frick

Comm. AG, distr. de Laufenburg, village aggloméré, puis village-rue à la jonction de trois routes franchissant le Jura (Bözberg, Stafelegg, Benken). Centre du haut Fricktal. 1064 Fricho. 495 hab. en 1768, 1112 en 1850, 937 en 1900, 1589 en 1950, 4028 en 2000. Importants fossiles de sauriens (musée). Fortification préhistorique au Wittnauer Horn, vestiges du Bronze final. Le nom de F. (du lat. ferraricia, région riche en fer) indique l'exploitation du minerai à l'époque romaine. Villa du IIe s. sur la rue principale. Le petit castrum du début du IVe s., dont les restes se trouvent au pied de la colline de l'église, protégeait la voie militaire Vindonissa-Augusta Raurica. Une nouvelle fortification fut construite sur la hauteur vers 370. Les trouvailles faites à Oberdorf font supposer un grand site romain (Ier-IVe s.). Des tombes sur la colline de l'église prouvent une présence alémane. L'habitat médiéval, avec un rempart encore visible, se concentra sur cette colline, autour d'une église fortifiée. Après l'incendie de 1734, il fut partiellement abandonné et la localité se développa le long de la route du Bözberg.

Au Moyen Age, F. fut le centre de la seigneurie des comtes de Homberg-Thierstein et donna son nom à une famille de ministériaux. Vers 1230, il passa aux Habsbourg et forma avec Gipf, Oberfrick et une partie d'Oeschgen le bailliage de F., dit aussi de Homburg, dont le bailli administrait également le Fricktal. Depuis la réforme de l'Empire sous Maximilien Ier jusqu'en 1797, le bailliage de F. dépendit de l'administration autrichienne de Rheinfelden. Il possédait certains privilèges (sceau, élection du bailli). La communauté villageoise de F. détenait avec Gipf et Oberfrick la basse juridiction. La population se répartissait entre gros paysans (dont l'élite fournissait le bailli), petits paysans, Tauner (groupe majoritaire sous l'Ancien Régime) et "habitants" pratiquement dépourvus de droits. F. et tout l'actuel Fricktal furent attribués au canton d'Argovie en 1803. La fondation des communes de F. et de Gipf-Oberfrick date de 1804. L'église Saints-Pierre-et-Paul (détruite comme le village pendant la guerre de Trente Ans; l'actuel édifice baroque est de 1716) fut sans doute un établissement privé des comtes de Homberg. Le patronage passa au milieu du XIVe s. au couvent féminin de Steinen à Bâle, puis en 1492 à la commanderie des chevaliers teutoniques de Beuggen. La paroisse catholique de F. et Gipf-Oberfrick fut érigée en 1953. La paroisse protestante (église de 1910) regroupe dix communes et deux pastorats, F. et Gipf-Oberfrick.

Vivant, avant l'industrialisation, de la céréaliculture et de la vigne, F. profitait aussi de sa situation favorable au pied de trois cols jurassiens et obtint en 1701 le droit d'organiser un marché hebdomadaire et trois foires aux bestiaux annuelles. Une tuilerie exploitait des gisements d'argile. Des marchands-fabricants bâlois introduisirent la passementerie à domicile au XVIIIe s. La vague d'émigration de 1850, due aux mauvaises récoltes, toucha fortement la commune. Le chemin de fer du Bözberg s'ouvrit en 1875. L'industrie arriva au début du XXe s. Son développement et l'expansion des quartiers résidentiels changèrent le visage de la localité après 1945. Le secteur secondaire offrait environ 40% des emplois en 2000, le tertiaire un peu plus de la moitié.


Bibliographie
– H. Ammann, A. Senti, Die Bezirke Brugg, Rheinfelden, Laufenburg und Zurzach, 1948, 85-87
– A. Senti, «Vogtei und Gemeinde Frick im 17. und 18. Jahrhundert», in Vom Jura zum Schwarzwald, 22, 1948, 3-56
Frick gestern und heute, 1985-
ISOS AG, 1, 1988, 269-279

Auteur(e): Dominik Sauerländer / PM