29/01/2015 | communication | PDF | imprimer

Jacob, affaire

Le 9 mars 1935, à Bâle, la police secrète allemande (Gestapo) enleva le journaliste allemand émigré Berthold Jacob, déchu de sa nationalité en 1933, et l'emmena à Weil am Rhein, en territoire allemand. Dès les années 1920, Jacob avait fait savoir que son pays se réarmait en secret (constitution de la "Reichswehr noire") et commanditait des assassinats. La police bâloise parvint rapidement à faire la lumière sur cet enlèvement et arrêta l'espion local Hans Wesemann. Le Conseil fédéral protesta auprès des autorités allemandes pour violation de la souveraineté nationale et exigea réparation. Devant leur réticence, il engagea une procédure arbitrale, conformément au traité du 3 décembre 1921 liant les deux pays. Le retentissement européen de cette affaire, le risque de voir les torts s'aggraver après production des preuves devant le tribunal d'arbitrage international amenèrent le gouvernement du Reich à céder et à remettre Jacob aux autorités suisses le 17 septembre 1935. Au plan juridique, l'affaire se résuma à la condamnation de Wesemann par le tribunal pénal de Bâle le 6 mai 1936, les fonctionnaires allemands responsables ne pouvant être poursuivis. Wesemann fut expulsé après sa libération, en 1938. Enlevé une seconde fois par la Gestapo à Lisbonne en 1941, Jacob mourut à Berlin en 1944 des suites de sa détention.


Bibliographie
– J.N. Willi, Der Fall Jacob-Wesemann (1935/1936), 1972
– J.J. et P.P. Barnes Nazi Refugee Turned Gestapo Spy: The Life of Hans Wesemann, 1895-1971, 2001

Auteur(e): Bernard Degen / UG