02/12/2010 | communication | PDF | imprimer

Conradi, affaire

Le 10 mai 1923, lors de la conférence de Lausanne sur la question d'Orient, le diplomate soviétique Vaclav Vorowsky était tué d'un coup de feu à l'hôtel Cécil par Moritz Conradi. Celui-ci, élevé à Saint-Pétersbourg, d'une famille suisse de chocolatiers, avait combattu dans l'armée impériale et chez les gardes blancs (1914-1921). Revenu en Suisse en 1921, il fréquentait les émigrés russes. Vorowsky n'ayant pas été accrédité à la conférence, son assassinat fut jugé par les tribunaux ordinaires vaudois. Dans un climat influencé par les émigrés russes et les Suisses rapatriés de Russie, la défense se servit de l'affaire pour faire le procès de l'Union soviétique. Juridiquement infondé, l'acquittement prononcé par le jury fit du tort à la réputation de la justice helvétique, à la Suisse elle-même, siège de la Société des Nations et hôte de plusieurs conférences internationales, et détériora encore plus les relations de la Confédération avec l'Union soviétique. Théodore Aubert, défenseur au procès, fonda l'Entente internationale contre la IIIe Internationale, dite aussi Ligue Aubert, de tendance bourgeoise.


Bibliographie
– A. Gattiker, L'affaire Conradi, 1975
– A.E. Senn, Assassination in Switzerland, 1981

Auteur(e): Bernard Degen / ME