22/05/2001 | communication | PDF | imprimer

Abolitionnisme

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Fondé en Angleterre par Josephine Butler, le mouvement contre la réglementation officielle de la Prostitution (lois sur les maisons closes) s'attaquait à l'esclavage juridique et sexuel des femmes, spécialement à la "traite des blanches" et au trafic de jeunes filles. Il se voulait le continuateur du mouvement antiesclavagiste américain. La Fédération abolitionniste internationale (FAI), fondée à Genève en 1875, trouva un puissant soutien dans les élites romandes adeptes du renouveau chrétien. Aimé Humbert-Droz, homme politique neuchâtelois, en fut le secrétaire général et en édita l'organe, le Bulletin Continental. Après le premier congrès abolitionniste international, qui se tint à Genève en 1877, des femmes d'obédience calviniste formèrent des associations d'entraide, coordonnées par un comité intercantonal, dans le but de relever la moralité. Elles luttaient, par la prévention et par la répression, contre la prostitution, considérée comme un phénomène touchant les basses classes de la société. En Suisse alémanique, les unions féminines pour le relèvement de la moralité, fondées un peu plus tard à l'initiative de femmes de pasteurs, obtinrent à Berne et à Zurich la suppression des maisons closes, avec le soutien de groupes masculins aux buts analogues (mouvement pour le Relèvement moral). Elles quittèrent la FAI au début du XXe s. et s'unirent en une association qui chercha surtout à influencer le Code civil et le droit pénal en matière sexuelle, tout en collaborant étroitement avec l'assistance publique pour recueillir les prostituées et les mères célibataires dans des foyers: mais, loin d'y être libérées, les pensionnaires y étaient infériorisées et soumises à une discipline sévère. Tout comme l'association contre la littérature immorale, ces unions féminines demandaient le renforcement de la censure, qu'elles purent étendre au domaine du cinéma. Appelée ensuite Entraide féminine (Frauenhilfe), l'association se fondit en 1947 dans la Fédération suisse des femmes protestantes.


Bibliographie
– B. Mesmer, Ausgeklammert - Eingeklammert, 1988
– A.-M. Käppeli, Sublime croisade, 1990
– M. Gosteli, éd., Hist. oubliée, 2 vol., 2000

Auteur(e): Elisabeth Joris / PM