16/06/2008 | communication | PDF | imprimer

Dietikon

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Comm. ZH, chef-lieu de distr., ancien village agricole, aujourd'hui site industriel de l'agglomération zurichoise, à 11 km de Zurich, sur la Limmat et la Reppisch. Vers 1100 Dietinchovin. 686 hab. en 1779, 1025 en 1836, 1291 en 1850, 2613 en 1900, 4493 en 1910, 7132 en 1950, 14 920 en 1960, 22 705 en 1970, 21 152 en 1990, 21 353 en 2000.

Vestiges d'habitat et nécropoles (Bronze final et La Tène), la plupart au nord-ouest. Au lieu du vicus présumé, on a mis au jour dans le centre, entre 1984 et 1990, une grande villa. Le même site a livré un habitat alaman et des fonds de cabane du haut Moyen Age. Le comte Kuno d'Achalm-Wülflingen donna vers 1090 un quart du village, de l'église et des droits de pêche dans la Limmat à l'abbaye de Zwiefalten (Wurtemberg), dont il était le fondateur. A la suite de longs démêlés avec ses avoués, les ducs de Bavière Guelfe IV et Guelfe V, celle-ci vendit le tout à l'épouse d'Otton II de Habsbourg. On ignore à qui appartenaient, à cette époque, les trois autres quarts du village. Cependant, les Habsbourg possédaient au XIIIe s. de riches propriétés foncières à D., le patronage et l'avouerie de l'église, ainsi que les haute et basse juridictions héritées des comtes de Lenzbourg. Le futur roi Rodolphe et ses cousins Habsbourg-Laufenburg vendirent en 1259 l'essentiel de leurs biens et droits (avec ban et juridiction) à l'abbaye de Wettingen, à laquelle le comte Rodolphe de Habsburg-Laufenburg fit don en 1310 du patronage et avouerie de l'église, avec les chapelles annexes d'Urdorf et de Spreitenbach. En 1367, Wettingen acquit des sires de Schönenwerd, ministériaux habsbourgeois résidant au château fort du même nom (au-dessus de D.), le ban, juridiction et bailliage de D.-Oberdorf, limitrophe au sud. Par vente ou par don, la majorité des biens fonciers des comtes de Habsbourg et des sires de Schönenwerd passèrent aux couvents de Wettingen et d'Oetenbach. D'autres terres, provenant de bourgeois de Zurich, revinrent aussi à ces deux maisons, ainsi qu'aux couvents zurichois de Selnau et de Sainte-Vérène, au Grossmünster et au Frauenmünster. Wettingen acquit en 1652 la majeure partie des cens fonciers d'Oetenbach et resta seigneur de D. juqu'en 1798 (coutumier rédigé vers 1370). La haute juridiction passa des Habsbourg aux Confédérés lors de la conquête de l'Argovie (1415). D. fit partie du comté de Baden (1415-1798), de l'éphémère canton de Baden (1798-1803) et du canton de Zurich, d'abord dans le district de Horgen (1803-1816), puis dans celui de Zurich. En 1989, D. devint le chef-lieu du district du même nom qui venait d'être créé.

A la fin du XIe s. déjà, D. possédait une église paroissiale, dédiée à saint Ulrich, puis à sainte Agathe. Après en avoir acquis le patronage, Wettingen se l'incorpora et ses moines la desservirent. Killwangen, Urdorf, Spreitenbach et Rudolfstetten se séparèrent de la paroisse-mère en 1861 ou antérieurement. D. comptait une forte minorité protestante; le pasteur, nommé et rémunéré par Wettingen, résidait à Urdorf, localité protestante, à partir de 1627. Avant la construction de deux sanctuaires distincts en 1926, l'église fut utilisée par les deux confessions. Jusqu'en 1963, D. était l'une des quatre paroisses catholiques reconnues dans le canton de Zurich. Geroldswil-Oetwil et le nouveau quartier de Schönenwerd avec l'église Saint-Joseph construite en 1967, devinrent en 1972 des cures autonomes au sein de la paroisse. Pour remédier au manque de prêtres, les paroisses de D. et de Schlieren décidèrent en 2003 de regrouper la pastorale. En 2000, la commune comptait 42% de catholiques et 26% de protestants.

Une taverne, des moulins et des forges sont mentionnés dès 1259. Les deux moulins sur la Reppisch, connus depuis le Moyen Age, sont à l'origine d'ateliers et de fabriques: tannerie (1719), plâtrerie (1797) et entreprise Marmori (marbre et granit, 1895-1962) à l'Obermühle; teinturerie Rotfarb, qui donna naissance après 1900 aux Reppischwerke AG, fonderie et constructions mécaniques, à l'Untermühle. Attirées par la situation favorable de D. sur l'axe Zurich-Baden-Bâle et sur la ligne de chemin de fer Zurich-Baden (Spanischbrötli-Bahn, 1847), des entreprises du textile, de l'alimentation et du bâtiment vinrent s'y établir dès le milieu du XIXe s. Un premier pont sur la Limmat (1897), la ligne de chemin de fer Bremgarten-Dietikon (en 1902), le tramway du Limmattal (1900-1930) et un réseau de bus régional en constante extension relient D. aux communes voisines. Vers 1920, l'industrie avait pris le pas sur l'agriculture et les arts et métiers. A la stagnation de l'entre-deux-guerres succéda un nouvel essor économique après 1945. Initialement concentrée le long de la Reppisch et dans le centre, l'industrie se déplaça au nord-ouest après 1950, dans le quartier de Lerzen-Silbern, jadis propriété de la commune bourgeoise. Les entreprises, petites ou moyennes pour la plupart, ont maintenu un large éventail d'activités (bâtiment, métallurgie, machines, produits alimentaires, textiles, arts graphiques). D. fut raccordé au réseau autoroutier en 1971. Le centre se transforma en une zone commerciale moderne dès 1980, tandis que le secteur tertiaire devenait prédominant.

Il existe une école depuis 1626, avec enseignement séparé selon les confessions entre 1637 et 1900, une école secondaire (1870), une école de perfectionnement pour apprentis (1899), qui a donné naissance au centre de formation professionnelle de l'"Amt und Limmattal", et une école de pédagogie curative (1968). D. fut la première commune rurale du canton de Zurich à remplacer, en raison de son rapide essor démographique, l'assemblée communale par un parlement. Le statut de ville fut adopté lors d'une votation populaire en 1969. Les bureaux d'état civil des onze communes du district furent regroupés à D. en 2003.


Bibliographie
Neujahrsblatt von Dietikon, 1948-
– L. Wiederkehr, Dietikon im Wandel der Zeit, 1972
– L. Wallach et al., éd., Die Zwiefalter Chroniken Ortliebs und Berchtolds, 21978
Archiv des hochloblichen Gottshauses Wettingen, 1992 (fac-similé)
Dietikon: Stadtluft und Dorfgeist, 2003

Auteur(e): Ursula Fortuna / FS