• <b>Schiers</b><br>Vue de l'école réale et de l'école normale protestantes, gravée par   A. Kaufmann  et éditée vers 1840 par la librairie Grubenmann à Coire (Rätisches Museum, Coire). Au fronton de l'internat, à gauche, figure ce verset tiré de Matthieu 18:5 "Quiconque reçoit un enfant en mon nom, me reçoit moi-même". Suivant l'exemple de l'institut de Beuggen (Bade), cette école, fondée en 1837 à l'initiative, notamment, du pasteur Peter Flury, était destinée à la fois à former des élèves et des instituteurs. L'établissement sera agrandi en 1872 pour accueillir des classes d'application.

Schiers

Comm. GR, cercle de S., distr. de Prättigau/Davos. Village-rue sis dans la cuvette inférieure du Prättigau, au confluent du Schraubach et de la Landquart. Centre du Prättigau moyen et inférieur, la commune est formée du village de S., de Tersier (dans la vallée) et des fractions rurales de Lunden, Fajauna-Stels, Maria-Montagna, Pusserein et Schuders, situées à droite de la Landquart, sur le versant sud de la montagne. En 1875, le hameau de Sigg passa de la commune de S. à celle de Valzeina. 1101 Scieres, rom. Aschera. 1110 hab. en 1780, 1741 en 1850, 1654 en 1900, 2312 en 1950, 2637 en 2000.

Trouvaille isolée (à S.) et dépôt (à Montagna) de l'âge du Bronze; habitat de la fin de l'âge du Fer au lieudit Chrea à S. et trésor monétaire de l'époque romaine à Montagna. Les découvertes et les observations faites à S. et dans les environs attestent d'une occupation continue de l'Antiquité au haut Moyen Age. Les vestiges de deux petites églises paléochrétiennes avec un cimetière de plus de 100 tombes (Ve-VIIe s.) furent mis au jour dans le jardin de la cure entre 1955 et 1960. Grâce à une fondation épiscopale (vers 1100) et des donations laïques, les chanoines du chapitre cathédral de Coire devinrent au XIIe s. les plus importants propriétaires fonciers de S. Les barons de Vaz et les sires d'Aspermont y étaient aussi seigneurs fonciers au XIIIe s. Après l'extinction des Vaz, les droits de souveraineté revinrent aux comtes de Toggenbourg qui les conservèrent jusqu'en 1436, puis aux Montfort et aux baillis von Matsch et, dès 1452, seulement à ces derniers sur l'ensemble de la juridiction de S. La domination autrichienne dura de 1496 à 1649. Née de la seigneurie foncière appartenant aux chanoines, une juridiction relevant du chapitre cathédral de Coire se développa au sein de la juridiction de S. (elle-même issue de la seigneurie de Solavers). Elle rejoignit la Ligue des Dix-Juridictions en même temps que la juridiction de S. en 1436, puis fut incorporée à cette dernière en 1506 (divisée en deux demi-juridictions en 1679). La germanisation, qui se fit à partir de la vallée du Rhin et par des Walser de Davos, fut achevée au milieu du XVIe s. L'église Saint-Jean, mentionnée dès 1101, alors probablement église mère, était au bas Moyen Age le centre d'une paroisse s'étendant de Seewis im Prättigau à Küblis; le droit de collation appartenait aux seigneurs temporels. Les chanoines quittèrent le village peu après la Réforme, introduite à S. en 1563, et vendirent leurs derniers biens et droits en 1677. L'église et le village furent détruits par des troupes autrichiennes en 1622 et par un incendie en 1767. Vers 1800, au moins 80% des habitants vivaient de l'élevage (économie pastorale) et de l'agriculture. En 2005, le secteur primaire n'offrait plus que 10% des emplois, contre 65% pour le tertiaire. Le développement des transports (route de la vallée en 1849, chemin de fer en 1889, route de contournement en 1967) et l'industrialisation favorisèrent la migration. La mécanisation de l'agriculture démarra après 1945. L'artisanat traditionnel, notamment la facture d'orgue dans la première moitié du XIXe s., se diversifia au XXe s. (boucherie industrielle, imprimerie, entreprises de travail du bois et de construction). Centre du Prättigau, S. accueille l'école secondaire protestante (fondée en 1837 pour former des instituteurs), une école ménagère, aussi destinée aux agricultrices (dès 1950), un centre de congrès à Stels, l'hôpital régional du Prättigau (dès 1881), avec un foyer pour personnes âgées et une maison de santé (fondation Flury), ainsi que la Prättigauer Zeitung (dès 1901, Prättigauer Zeitung und Herrschäftler depuis 1996).

<b>Schiers</b><br>Vue de l'école réale et de l'école normale protestantes, gravée par   A. Kaufmann  et éditée vers 1840 par la librairie Grubenmann à Coire (Rätisches Museum, Coire).<BR/>Au fronton de l'internat, à gauche, figure ce verset tiré de Matthieu 18:5 "Quiconque reçoit un enfant en mon nom, me reçoit moi-même". Suivant l'exemple de l'institut de Beuggen (Bade), cette école, fondée en 1837 à l'initiative, notamment, du pasteur Peter Flury, était destinée à la fois à former des élèves et des instituteurs. L'établissement sera agrandi en 1872 pour accueillir des classes d'application.<BR/>
Vue de l'école réale et de l'école normale protestantes, gravée par A. Kaufmann et éditée vers 1840 par la librairie Grubenmann à Coire (Rätisches Museum, Coire).
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Bibliographie
– M. Thöny, Schiers, 1934 (21995)
– F. Oswald et al., Vorromanische Kirchenbauten, 1966-1971 (21990), 304-305
– E. Kobler, La commune de Schiers, 1970
Archäologie in Graubünden, 1992
– F. Hitz, «Landesherrschaft und Gemeindekirche, Heterodoxie und politischer Widerstand: Schiers an der Schwelle zur Konfessionalisierung», in Konfessionalisierung und Konfessionskonflikt in Graubünden, 16.-18. Jahrhundert, 2006, 45-77

Auteur(e): Otto Clavuot / UG