03/12/2009 | communication | PDF | imprimer | 

Maienfeld (commune)

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Comm. GR, cercle de M., distr. de Landquart, comprenant M., à la jonction entre la route du lac de Walenstadt et le vieil axe de transit militaire et commercial de la vallée du Rhin, ainsi que Rofels et Bovel, qui faisaient partie jusqu'en 1633 de la communauté de Walser d'Im Berg. IVe s. Magia (Table de Peutinger), vers 840 Lupinis (polyptyque rhétique), 1282 Maginvelt (copie), 1295 ze Meienvelt, rom. Maiavilla. 1232 hab. en 1850, 1240 en 1900, 1568 en 1950, 2368 en 2000. Vestiges préhistoriques notamment au Sankt Luzisteig. Le relais routier romain de Magia (sans doute avec villa), construit peut-être au IIIe s., occupait l'emplacement du domaine de Lupinis mentionné dans le polyptyque rhétique et du château fort de Brandis. Celui-ci, emblème de M., fut édifié vers 1270/1275 par les Aspermont (qui munirent aussi la localité de murailles et de fossés), puis transformé par Frédéric VII de Toggenbourg et vers 1465 par les Brandis. Relevant des comtes de Bregenz entre 950 environ et le milieu du XIIe s., M. (ville et seigneurie) appartint aux Toggenbourg dès 1355, puis passa après leur extinction (1436) aux Brandis, tout en participant à la fondation de la Ligue des Dix-Juridictions. M. est mentionné comme ville dès 1346, mais sans organisation municipale ni corporations. M. obtint des franchises en 1438, grâce à un accord avec les Brandis, et étendit ses droits de basse justice, à l'exemple de Malans et Jenins. Le Conseil de ville est mentionné pour la première fois en 1437. L'hôtel de ville est le siège de la commune depuis 1447. Une école municipale est attestée dès 1510. Le plus ancien sceau de la ville date de 1610. Au cours des XIVe et XVe s., des Walser s'établirent sur le territoire de M. et formèrent la communauté d'Im Berg (hameaux de Stürfis, Rofels, Bovel Vatscherinenberg et Mutzen/Guscha), qui disposait d'un statut particulier et d'une administration autonome. Ces Walser ne reçurent la bourgeoisie de M. qu'au XVIIe s. La ville fut germanisée au début du XVIe s. par des Alémaniques et par les immigrés walser.

Une "église avec dîme", appartenant à l'abbaye de Pfäfers, est mentionnée à Lupinis vers 840. La paroissiale de M. (dédiée à saint Amand selon un document de 1105) était une filiale de Sankt Luzisteig. La ville embrassa la Réforme en 1529.

Les III Ligues ayant acheté en 1509 la seigneurie de M. aux derniers héritiers des Brandis, la ville eut jusqu'en 1798 un double statut: à la fois sujette des III Ligues puisqu'elle faisait partie de cette seigneurie et, comme juridiction, membre souverain de la Ligue des Dix-Juridictions. En 1803, M. devint une commune de la haute juridiction homonyme. Cercle dès 1851, il fit partie du district d'Unterlandquart jusqu'en 2000, puis de celui de Landquart. La délimitation des forêts et des pâturages entre M. et Fäsch intervint en 1601 et les limites territoriales avec Jenins furent réglées en 1610. Depuis l'Antiquité tardive, la route impériale pour Zurich franchissait le Rhin entre M. et Ragaz. Un bac (ou un pont provisoire, dressé seulement quand les eaux étaient trop basses ou prises par les glaces) assurait le passage des hommes, des chevaux et des véhicules; mais après 1575, tout le trafic emprunta le pont de Tardis, en amont (comm. Mastrils). Depuis le bas Moyen Age, M. abrita un poste de douane. Une souste est mentionnée dans le registre municipal en 1480 (le bâtiment, sis près du tilleul de la justice, fut démoli en 1911) et dès 1504, les marchandises en transit vers Coire devaient obligatoirement y être transbordées, car M. possédait un monopole des transports. Un péage fut établi au Sankt Luzisteig en 1851, puis supprimé en 1858. La même année, M. fut raccordé à la voie ferrée Rorschach-Coire. Une retorderie s'installa en 1861, mais disparut par la suite. Un pont menant directement à Bad Ragaz existe depuis 1885. M. tire ses ressources principales de l'agriculture (vigne) et de l'hôtellerie. La commune est en outre un centre historique d'élevage chevalin et de commerce du bétail. En 1897, 145 propriétaires de gros bétail y vivaient; ils étaient encore vingt-cinq en 1980. Des améliorations foncières dans les alpages furent réalisées entre 1961 et 1964. Le Steighof est une enclave de M. à Fläsch. La maison de retraite de la région de M. (Bündner Herrschaft) a été construite en 1981 et le restoroute Heidiland en 1991. Au cours des dernières années, M. a encouragé l'installation d'industries. La ville abrite le centre scolaire du cercle et jouit d'une structure démographique bien équilibrée (professions, revenus et classes d'âge).


Bibliographie
MAH GR, 2, 1937, 11-14, 32-38
– J. Fulda, Zur Entstehung der Stadtverfassung von Maienfeld, 1972
– P. Meinherz, Maienfeld, 1980
– J. Schwarz, Maienfeld einst und jetzt, 1982
– J. Fulda, «Aus der Kirchengeschichte von Maienfeld und Fläsch», in Terra plana, 2007, n° 3, 45-52

Auteur(e): Adolf Collenberg / MBA