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Deluc, Jean-André

naissance 8.2.1727 à Genève, décès 7.11.1817 à Clewer, près de Windsor (Angleterre), prot., de Genève. Fils de Jacques-François, riche horloger et littérateur, et de Françoise Huaut. ∞ 1752 Françoise Vieusseux, fille de Pierre, marchand-drapier. Destiné à une carrière commerciale, il reçoit néanmoins une excellente éducation en mathématiques et en sciences naturelles. Dès 1754, il se met à explorer les Alpes et le Jura avec son frère Guillaume-Antoine ( -> 1) et se constitue peu à peu une riche collection de fossiles et de roches. Dans les années 1760, il perfectionne le thermomètre de Réaumur en remplaçant l'esprit-de-vin par le mercure, puis invente un hygromètre à ivoire. Intéressé par la mesure des hauteurs, il conçoit un baromètre portatif et met au point une formule corrigeant celle d'Edmund Halley, travaux publiés dans ses Recherches sur les modifications de l'atmosphère (1772). Engagé aux côtés des Représentants, il se voit confier en 1768 une mission à Berne et Paris, après laquelle il entre au Conseil des Deux-Cents (1770). En 1773, il s'établit en Angleterre, où il devient lecteur de la reine Charlotte (1774); il peut ainsi préparer ses Lettres physiques et morales sur l'Histoire de la Terre et de l'Homme, adressées à la reine (6 vol., 1778-1780), dans lesquelles il cherche à concilier les données d'une cosmologie neptunienne avec le récit de la Genèse. A la suite d'une controverse avec Horace Bénédict de Saussure sur des questions de barométrie, il publie Idées sur la météorologie (1786). De 1790 à 1793 paraissent dans le Journal de physique ses "Lettres à Lamétherie", consacrées à la géologie et à la physique, dans lesquelles il attaque notamment les idées de James Hutton sur l'érosion. Il publie ensuite sa théorie de la terre sous la forme de Lettres sur l'histoire physique de la Terre, adressées à Johann Friedrich Blumenbach (1798). Au cours d'un long séjour en Allemagne (1798-1804), il reçoit le titre de professeur honoraire de philosophie et de géologie de l'université de Göttingen. Ses derniers écrits, imprégnés de considérations théologiques, sont marqués par un attachement à des vues théoriques dépassées. Membre de la Royal Society de Londres.


Bibliographie
DSB, 4

Auteur(e): René Sigrist