26/02/2009 | communication | PDF | imprimer

Klosters-Serneus

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Comm. GR, seule comm. du cercle de Klosters, distr. de Prättigau/Davos, née en 1865 de la fusion (sous le nom de Klosters jusqu'en 1973) des comm. de Klosters et de Serneus. Klosters, au fond du Prättigau, comprend les quartiers de Platz, Dorf, Selfranga, Äuja et Monbiel (dont les limites sont devenues parfois floues). 1222 ecclesiam sancti Iacobi, 1436 zuo dem Closter. 1302 hab. en 1850, 1555 en 1900, 2558 en 1930, 2978 en 1950, 3890 en 2000.

On a découvert une pointe de lance du Bronze au Schlappiner Joch. La localité de Klosters se développa au bas Moyen Age surtout autour du prieuré de Saint-Jacques, ainsi que sur des essarts. Quelques domaines s'agrandirent en hameaux, comme Brüggen, sur le Mönchalpbach, dont les eaux actionnaient le moulin du couvent (1514) et une forge. Des Walser venus vraisemblablement de Davos défrichèrent des terres, surtout sur le versant gauche de la vallée, et établirent dans les alpages de la haute vallée de Schlappin un habitat permanent (occupé jusqu'au XVIe s.). La germanisation était consommée au début du XVIe s. Les droits fonciers appartenaient au prieuré de prémontrés de Saint-Jacques, filiale de Churwalden. Fondé entre 1208 et 1222, sans doute par les barons de Vaz qui devaient en être les avoués, le prieuré incorpora en 1482 l'église paroissiale de Saint-Laurent à Saas im Prättigau; il fut supprimé à la Réforme (1526) et ses biens sécularisés (revenus affectés au culte et à l'assistance). Des éléments de son église sont conservés dans la partie sud-est de la paroissiale protestante actuelle (clocher du début du XIIIe s., chœur de 1493). Une église catholique fut construite en 1921-1922 et refaite en 1963 (les protestants représentaient près des deux tiers de la population en 2000, les catholiques un quart). La juridiction de Klosters a son origine dans le tribunal de l'amman (représentant local des souverains, à savoir les barons de Vaz jusqu'en 1337/1338, les comtes de Toggenbourg jusqu'en 1436, les comtes de Montfort jusqu'en 1466/1470 et les Habsbourg-Autriche de 1477 à 1649). Klosters se joignit en 1436 aux autres sujets grisons des Toggenbourg dans la Ligue des Dix-Juridictions. En 1489, le souverain autrichien retira à la commune le droit d'élire l'amman, à l'occasion d'une dispute à ce sujet entre romanches et alémaniques. Sous l'Ancien Régime, le pouvoir appartenait à un Conseil servant aussi de tribunal, qui comprenait, outre son président (landamman), seize membres, un huissier et un greffier. Jusqu'en 1851, la haute juridiction de Klosters se subdivisait en Innerschnitz (actuelle comm. de K.) et Ausserschnitz (Saas, Conters, Küblis et la rive gauche de la vallée de Sankt Antönien); ces deux entités fournissaient alternativement le landamman et les bénéficiaires de charges dans les pays sujets, jusqu'à leur séparation en 1803. L'Innerschnitz se subdivisait lui-même en trois communautés de voisinage qui géraient les alpages. Le bétail n'avait pas accès à certaines prairies réservées à l'exploitation privée, au détriment des habitants pauvres. A côté de l'élevage du bétail (exportation vers l'Italie du Nord), on pratiqua la céréaliculture du XVe au XIXe s.

La suppression du prieuré provoqua une querelle avec les Habsbourg-Autriche. Après avoir accepté plusieurs arrangements à l'amiable au XVIe s., l'Autriche voulut forcer la restitution du couvent en 1621; les destructions commises par ses troupes en 1621-1622 provoquèrent une disette en 1623. Finalement, la juridiction parvint à racheter les droits des Habsbourg en 1649. La chasse aux sorcières fit rage dans la seconde moitié du XVIIe s. et aboutit à une cinquantaine d'exécutions. Un éboulement provoqua la mort de dix-neuf personnes et détruisit plusieurs édifices à Monbiel en 1770. Des mines d'argent, de plomb et de fer furent exploitées à la fin du XVe et au XVIe s.; il y eut jusqu'au début du XXe s. des tentatives infructueuses pour reprendre l'extraction. L'aménagement de la route du Prättigau (achevé en 1861) stimula le trafic des voyageurs et des marchandises. Klosters devint une station climatique vers 1870; les premiers grands hôtels (Silvretta, Vereina) étaient déjà construits en 1879. Le tourisme connut un nouvel essor grâce à la ligne Landquart-Klosters des Chemins de fer rhétiques (1889). La société de développement (Kurverein) fut fondée en 1890. Klosters s'affirma bientôt comme station de sports d'hiver (première saison en 1904-1905) et se montra capable de surmonter rapidement les crises dues aux conflits mondiaux: piscine chauffée en 1921, téléphérique de Gotschna en 1950, télécabine de Madrisa en 1966. La construction de résidences secondaires, très active ces dernières décennies, est régie par une nouvelle loi et par le plan de zone de 1973. Commencé en 1991, le tunnel de la Vereina a été mis en service par les Chemins de fer rhétiques en 1999.


Bibliographie
– F. Hew, Geschichte meiner Heimat Klosters, 1945 (21965, sous le titre Klosterser Heimatbuch)
– H. Plattner, Klosters, 1968
– F. Hitz, M. Kasper-Kuoni, Die Kirche St. Jakob in Klosters, 1493-1993, 1993

Auteur(e): Florian Hitz / PL