No 8

Estavayer, Jacques d' (Molondin)

baptême 10.3.1601 à Soleure, décès 24.4.1664 à Cressier (NE), cath., d'E. et Soleure. Connu sous le nom de Stavay-Molondin. Fils de Philippe, seigneur de Molondin, Montet (Broye), Aumont et Lully (FR), et d'Elisabeth Vallier. Frère de Laurent ( -> 10) et d'Urs ( -> 12). ∞ 1627 Marie Vigier de l'Escanal, fille de Jean, secrétaire interprète du roi de France en Suisse. Seigneur de Molondin. Membre du Grand Conseil de Soleure dès 1642, du Petit Conseil dès 1649 (Jungrat en 1649, Altrat en 1652), d'E. mena une carrière diplomatique et militaire au service de France. D'abord contrôleur de l'extraordinaire des guerres pour la France dans la Valteline en 1624, il remplit la fonction de secrétaire interprète de l'ambassade de France à Soleure de 1624 à 1648 et assuma des missions dans le Valais et les cantons catholiques entre 1625 et 1627. Il leva des compagnies en 1630 et 1635, année où il devint colonel de son régiment (Molondin), qu'il remit dix ans plus tard à son frère Laurent, ne conservant que sa compagnie aux Gardes suisses, levée en 1639. Il prit part à des campagnes en Allemagne (1635), en Picardie (1636), en Lorraine (1637, à Rocroi en 1643), en Flandre (1638, 1644), en Dauphiné (1639), en Artois (1640 et 1641), dans le Roussillon (1642). Maréchal de camp en 1645, il fut le premier Suisse à obtenir cette charge. Au service du prince de Neuchâtel, d'E. fut nommé en 1628 châtelain du Landeron et conseiller d'Etat. En 1643, Henri II d'Orléans-Longueville lui confia la charge de capitaine et lieutenant ordinaire du comté de Valangin, en 1645 celle de gouverneur de la principauté de Neuchâtel, qu'il occupa jusqu'à sa mort. Instigateur de l'érection en 1656 de la paroisse de La Chaux-de-Fonds en mairie, il reçut en 1659 la bourgeoisie d'honneur de cette commune.


Bibliographie
La Chaux-de-Fonds, son passé et son présent, 1894, 83-90
– P. de Pury, «Jacques d'Estavayer seigneur de Mollondin, gouverneur de Neuchâtel», in MN, 1930, 194-215; 1931, 23-34
SolGesch., 2, 265-266, 272
– R. Scheurer et al., Hist. du Conseil d'Etat neuchâtelois, 1987, 16-17

Auteur(e): Eric-André Klauser