Belfort, Territoire de

Situé à l'est de la France, ce département fait frontière dans sa partie sud avec le canton du Jura. S'étendant entre le massif des Vosges au nord et les plateaux appuyés sur la chaîne du Jura tabulaire et l'Ajoie au sud, il occupe la trouée de B., dépression qui fait communiquer la Franche-Comté et la Bourgogne avec l'Alsace, et que l'on appelle aussi porte de Bourgogne. 56 781 hab. en 1872, 92 304 en 1901, 99 427 en 1954, 134 097 en 1990. Cette région a appartenu à la province d'Alsace sous l'Ancien Régime, puis au département du Haut-Rhin de la Révolution à 1871. Seule partie de l'Alsace restée française après l'invasion allemande, le Territoire (106 communes, aujourd'hui 101) recevra le statut de département en 1922. La ville et le Territoire de B. connaissent une croissance importante pendant la période d'annexion de l'Alsace-Lorraine (1871-1914), grâce notamment à l'impulsion décisive de l'industrie alsacienne, qui s'y installe, et aux voies de communication. Durant cette période, le Territoire renforce considérablement ses liens avec la Suisse, en particulier avec le Jura, grâce à la construction de la ligne de chemin de fer B.-Porrentruy, qui devient un nœud ferroviaire international en raison de l'occupation de l'Alsace-Lorraine. Le rôle des industriels (Japy, Peugeot, Burrus) est important dans l'intensification des relations avec la Suisse, lesquelles existent aussi sur le plan culturel (Sociétés d'émulation belfortaine et jurassienne). Malgré la stagnation de l'entre-deux-guerres, les ensembles industriels se multiplient dans la mécanique et le textile. Après la guerre, le Territoire s'insère de plus en plus dans l'aire urbaine Sochaux-Montbéliard autour du constructeur automobile Peugeot. Il faut relever le rôle d'entreprises, comme Alsthom, qui engagent le Territoire vers le développement de l'enseignement supérieur à vocation surtout technologique (université de Sévenans). A la fin du XXe s., les liens sont toujours importants entre le Territoire et la Suisse sur le plan du marché du travail (frontaliers), de la formation (accords dans les domaines techniques) et de la vie culturelle.


Bibliographie
– G. Wackermann, Belfort, Colmar, Mulhouse, Bâle, Fribourg-en-Brisgau: un espace économique transfrontalier, 1986, 91-98
– R. Fiétier, M. Colney, Les paroisses du Territoire de Belfort, 1993
– J.-P. Kintz, Haut-Rhin; Territoire de Belfort, 1994

Auteur(e): Dominique Prongué