10/04/2014 | communication | PDF | imprimer

Ardez

Comm. GR, cercle de Sur Tasna, distr. de l'Inn. Village sur la rive gauche de l'Inn, avec Bos-cha et Sur En. Vers 840 Ardezis, jusqu'au XIXe s. all. Steinsberg. 599 hab. en 1835, 586 en 1850, 612 en 1900, 1005 en 1910 (construction du chemin de fer), 541 en 1950, 401 en 2000 (74% de locuteurs du rom.). Pierres à cupules ("pierres aux sorcières") près de Bos-cha, céramique de la civilisation de Fritzens-Sanzeno près de Chanoua. A Suotchastè, des fouilles ont montré une continuité d'habitation depuis le Bronze final (civilisation de Melaun) jusqu'au second âge du Fer (Fritzens-Sanzeno), puis à l'époque romaine. Les seigneurs de Ardetz sont mentionnés de 1161 à 1310. Les seigneurs de Tarasp, le couvent de Marienberg, l'évêque de Coire, les comtes du Tyrol et les baillis de Matsch avaient des droits et des terres à A. Le château fort de Steinsberg, initialement église fortifiée (Saint-Lucius, rénovée en 1985) et à partir du XIIe s. siège féodal, fut acquis avant 1209 par l'évêque de Coire et devint le centre de l'autorité épiscopale. Le château et le village furent détruits en 1499 pendant la guerre de Souabe (la tour fut plusieurs fois restaurée). L'ancienne paroisse d'A. comprenait, outre A., Guarda, Lavin, Susch et Galtür dans la vallée de Paznaun (Tyrol). Les habitants adoptèrent la Réforme en 1538. Reconstruction de l'église en 1576-1577. Le village, détruit en 1622 par les Autrichiens, acheta sa liberté à l'Autriche en 1652 et fit partie de la juridiction d'Obtasna jusqu'en 1851. Les habitants d'A. pratiquaient l'agriculture et l'élevage; ils colonisèrent des pâturages à Galtür, de l'autre côté du col de Futschöl; en outre, ils exportèrent du bois au Tyrol jusqu'au milieu du XIXe s. A. eut de nombreux différends avec Ftan (frontière du Val Tasna) et Tarasp (pont sur l'Inn). Gare des Chemins de fer rhétiques en 1913; route de contournement en 1978. Remaniement parcellaire dès 1939. Ce village rond demeuré presque intact fut l'un des quatre villages-modèles suisses sélectionnés en 1975 dans le cadre de l'année européenne pour la conservation des monuments et du patrimoine; depuis lors, il y eut de nombreuses rénovations. En 1990, 58% des emplois relevaient du secteur tertiaire, le reste se partageant entre les arts et métiers et l'agriculture.


Bibliographie
– O.P. Clavadetscher, W. Meyer, Das Burgenbuch von Graubünden, 1984
– J. Claglüna, Ardez, Gemeindechronik, 41985
Bericht zur Réalisation exemplaire Ardez 1975-1985, éd. Fondation Pro Ardez, 1986
– N. Huhn, Galtür und Ardez, 1999

Auteur(e): Paul Eugen Grimm / BB