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Safien

Ancienne commune et cercle GR, district de la Surselva, ayant fusionné en 2013 avec Tenna, Valendas et Versam pour former la commune de Safiental. Le territoire communal comprenait le village de S.-Platz (1350 m), ainsi que plusieurs hameaux et fermes isolées dans les parties médiane et supérieure du Safiental. 1219 Stosavia, rom. Stussavgia. 770 hab. en 1803, 685 en 1850, 455 en 1900, 453 en 1950, 308 en 2000. Vestiges du Bronze et de l'époque romaine. Le territoire faisait partie du comté de Schams et fut d'abord exploité par des Romans du Heinzenberg, du Schams et du Rheinwald. Il fut colonisé de manière concertée, entre 1300 et 1310, par des Walser germanophones, venus surtout du Rheinwald, à l'appel des seigneurs de Vaz. Ceux-ci tinrent le pays en fief de l'évêque de Coire jusqu'en 1338. Ils eurent pour successeurs les Werdenberg (qui encouragèrent une seconde vague de colons défricheurs), puis les Rhäzüns (1383). Les Trivulzio acquirent la suzeraineté en 1493 et la conservèrent en partie jusqu'en 1675/1696. S. jouissait cependant d'une large autonomie; la commune, avec son amman et ses jurés, déjà attestée en 1362, se fit confirmer ses privilèges en 1450. Les germanophones s'organisèrent en 1498 en quatre communautés (Bürden): Malönja (Thalkirch), Camana, Zalön (Platz) et Salpänna (Neukirch); il semble qu'à cette époque, il y avait encore à S. une population romanche. Principal seigneur foncier, le couvent de Cazis dans le Domleschg possédait treize domaines selon le terrier de 1512, exploités sous forme de tenures héréditaires. L'église de Thalkirch (dédiée notamment à Notre-Dame, aux Trois Rois et à saint Théodule) est mentionnée pour la première fois en 1441, celle de Platz (Saint-Jean-Baptiste) en 1448. La Réforme fut introduite en 1526. Neukirch se dota d'un temple en 1698 et, comme Thalkirch, eut son propre pasteur aux XVIIIe et XIXe s. Jusqu'en 1851, S. constitua une juridiction dans la haute juridiction de Thusis. Avant la construction de la route carrossable vers le nord, par Versam (1882-1885), les principales voies de communication étaient les sentiers muletiers du col de Glas (vers Thusis) et du Safierberg (vers le Rheinwald au sud). L'introduction du filage du coton à domicile au milieu du XVIIIe s. n'eut qu'un succès éphémère. Vouée à l'élevage, la région exportait du bétail surtout en Italie du Nord. Sur les alpages gérés par des consortages privés subsistent des vestiges de l'exploitation individuelle traditionnelle. L'exode rural a causé l'abandon de nombreux hameaux au XIXe et dans la première moitié du XXe s. La centrale de Platz des Forces motrices de la Zervreila date de 1957. Le secteur primaire fournissait encore plus de la moitié des emplois en 2005 (65%). En 2000, la population était germanophone à près de 100%.


Bibliographie
MAH GR, 4, 1942, 131-139
– H.P. Jäger, Das Safiental, 1975

Auteur(e): Jürg Simonett / PM