• <b>Konrad Justinger</b><br>Le chroniqueur reçoit une délégation du Conseil bernois, illustration dans la <I>Spiezer Chronik</I> (1485) de  Diebold Schilling (Bibliothèque de la Bourgeoisie de Berne, Mss.h.h.I.16, p. 41). Le cabinet du chroniqueur, qui siège à son pupitre avec tous les instruments utiles à son travail (ciseaux, compas, plume, lunettes, équerre et trois petits pots contenant des encres), est représenté à l'instant où la délégation du Conseil, avoyer et chancelier en tête, vient en 1420 lui confier la tâche d'écrire une chronique de la ville de Berne. La scène a probablement un caractère symbolique - les conseillers ne s'étant pas nécessairement déplacés - permettant de valoriser le rang social des chroniqueurs.

No 1

Justinger, Konrad

Première mention en 1388, décès en avril 1438, probablement originaire de Rottweil, bourgeois de Berne en 1391. ∞ apr. 1426 Anna Wirz, de Zurich. En 1388, J. copia un traité sur la chronologie (Computus novus chirometralis) du chroniqueur strasbourgeois Jakob Twinger von Königshofen. La présence de J. est attestée à Berne de 1390 à 1431 et à Zurich de 1432 jusqu'à sa mort. Un seul document de 1400 le désigne expressément comme secrétaire de la ville de Berne, dans les autres cas il est cité comme secrétaire (secrétaire de l'intendance des bâtiments en 1406-1407) et comme notaire. Son écriture manuscrite apparaît dans une série de registres de la chancellerie bernoise, comme le livre des bourgeois (1390), celui des statuts (1398) et des libertés (1431), ainsi que dans une copie du terrier des Habsbourg ou Habsburgisches Urbar (apr. 1415). Le gouvernement bernois le chargea en 1420 d'écrire une chronique allant de la fondation de la ville jusqu'à l'époque contemporaine. J. termina l'ouvrage, écrit en allemand, avant 1430. Deux pages et demie en parchemin avec des rubriques sont conservées et proviennent probablement de cette première chronique officielle de Berne. J. s'était peut-être fait connaître comme chroniqueur auprès du Conseil bernois à travers un ouvrage (appelé Chronique anonyme de la ville ou Kleine Berner Chronik) qu'il avait rédigé pour servir de suite à la chronique universelle de Jakob Twinger de Königshofen. A côté de chroniques largement diffusées, J. recourut à des écrits locaux, notamment à des notes de l'obituaire de la collégiale de Berne (dit Cronica de Berno), à une description de la bataille de Laupen, à des actes des archives de la ville ainsi qu'à la tradition orale et à des chansons.

<b>Konrad Justinger</b><br>Le chroniqueur reçoit une délégation du Conseil bernois, illustration dans la <I>Spiezer Chronik</I> (1485) de  Diebold Schilling (Bibliothèque de la Bourgeoisie de Berne, Mss.h.h.I.16, p. 41).<BR/>Le cabinet du chroniqueur, qui siège à son pupitre avec tous les instruments utiles à son travail (ciseaux, compas, plume, lunettes, équerre et trois petits pots contenant des encres), est représenté à l'instant où la délégation du Conseil, avoyer et chancelier en tête, vient en 1420 lui confier la tâche d'écrire une chronique de la ville de Berne. La scène a probablement un caractère symbolique - les conseillers ne s'étant pas nécessairement déplacés - permettant de valoriser le rang social des chroniqueurs.<BR/>
Le chroniqueur reçoit une délégation du Conseil bernois, illustration dans la Spiezer Chronik (1485) de Diebold Schilling (Bibliothèque de la Bourgeoisie de Berne, Mss.h.h.I.16, p. 41).
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Oeuvres
– G. Studer, éd., Die Berner-Chronik des Conrad Justinger, 1871
Bibliographie
– F. Vetter, Neues zu Justinger, 1906
– A. Perrin, «Verzeichnis der handschriftlichen Kopien von Konrad Justingers Berner Chronik», in BZGH, 1950, 204-229
– J.-P. Bodmer, Chroniken und Chronisten im Spätmittelalter, 1976, 10-15
– H. Strahm, Der Chronist Conrad Justinger und seine Berner Chronik von 1420, 1978
– Feller/Bonjour, Geschichtsschreibung, 1, 7-11
– R. Gamper, Die Zürcher Stadtchroniken und ihre Ausbreitung in die Ostschweiz, 1984, 147-154
– K. Kirchert, Städtische Geschichtsschreibung und Schulliteratur, 1993, 49-57

Auteur(e): Regula Schmid Keeling / EVU