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Vals

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Comm. GR, cercle de la Lumnezia, distr. de la Surselva, sur le Rhin de V., comprenant le village de V. (1252 m) et le hameau de Leis (1526 m). Milieu du XIIe s. in Valle, ancien nom franç. Saint-Pierre, rom. Val. 800 hab. en 1658, 761 en 1850, 736 en 1900, 943 en 1950, 1037 en 1970, 885 en 2000. Vestiges du Bronze (près des thermes et au col de Tomül) et de l'âge du Fer (sur la route du Valserberg). Aux XIe et XIIe s., la vallée de V. était exploitée extensivement par une population romane. Vers 1290, quatre à sept fermes pratiquaient l'élevage (de moutons surtout). Après 1300, des Walser germanophones venus du Rheinwald et peut-être du val Blenio défrichèrent les vallons latéraux. A Zervreila, les colons pourraient avoir été des italophones du val Blenio. L'expansion des Walser vers l'aval ne fut freinée qu'en 1457, quand les Romanches de la Lumnezia promulguèrent une loi contre les immigrants (interdiction des ventes de terre et des mariages). Les gens du val Blenio exploitèrent jusqu'à la fin du XIXe s. deux alpages dans la partie supérieure de la vallée de V., où ils se rendaient par le col de Soreda.

L'évêque de Coire était, depuis le Moyen Age, le principal propriétaire foncier et détenteur de la souveraineté, qu'il inféoda aux barons de Belmont, puis aux comtes de Sax-Misox. V. relevait de l'église mère de Pleif (comm. Lumnezia); un bénéfice fut institué avant 1345 et un prêtre mentionné en 1520. Une église fut bâtie dans le quartier de Platz; son patron (attesté en 1451) était saint Pierre, d'où le nom de val Saint-Pierre (rom. val Sogn Pieder, all. Sankt Peterstal) donné parfois à la vallée. Elle fut reconstruite en 1643 (Saints-Pierre-et-Paul). La chapelle de pèlerinage Notre-Dame, à Camp, date de 1692; d'autres chapelles furent érigées dans les hameaux. V. adhéra à la Ligue grise en 1395 et s'affranchit des droits seigneuriaux épiscopaux en 1538. La juridiction de V., formée des quatre communautés de l'église, de Camp (avec Soladüra), de Valé (avec le Peiltal) et de Leis (avec Zervreila), disposait d'un tribunal civil présidé par un amman; les causes pénales étaient portées devant la haute juridiction de la Lumnezia.

On pratiquait l'élevage et la céréaliculture dans le cadre de fermes isolées. L'exploitation individuelle des alpages resta usuelle jusqu'au XXe s. Les échanges avec l'extérieur (vente de bétail, modestes exportations de produits commerciaux convoyés par le col du Valserberg) se faisaient surtout en direction du sud, vers le Rheinwald et les marchés au-delà du Splügen et du San Bernardino. Les habitats les plus exposés (Zervreila, Peiltal) ne furent plus occupés toute l'année dès le XVIIe ou le XVIIIe s. Les migrations saisonnières sont bien attestées: on allait faire les moissons dans le Rheinwald, de nombreux enfants travaillaient comme aides dans le sud de l'Allemagne.

Les crues et les avalanches représentent une grave menace. Depuis l'aménagement de la route carrossable pour Ilanz (1878-1879), la vallée est ouverte vers le nord. Des bains sont attestés en 1732 déjà, un établissement spécialisé fut ouvert en 1893, un nouveau centre de cures en 1970. Les thermes de V., construits en 1996, chef-d'œuvre de l'architecte Peter Zumthor, sont mondialement connus. Le barrage et la centrale électrique de Zervreila datent de 1951-1958. Les eaux minérales sont exploitées à partir de 1961 (marque Valser). Il existe des téléskis depuis 1964. La commune de V. est la plus vaste (ainsi que la seule germanophone) du cercle de la Lumnezia, dont elle accueille à tour de rôle, depuis 1988, la landsgemeinde. Son économie est fondée sur le tourisme (1093 lits en 2002).


Bibliographie
MAH GR, 4, 1942, 220-242
– M. Bundi, Zur Besiedlungs- und Wirtschaftsgeschichte Graubündens im Mittelalter, 1982, 315-329

Auteur(e): Jürg Simonett / PM