29/06/2010 | communication | PDF | imprimer

Pose

La pose (all. Juchart, en Suisse orientale Mal, Tagehri) était autrefois en Suisse la principale unité de surface pour les terres arables. Elle correspondait approximativement à la superficie qu'un laboureur pouvait travailler en un jour et variait selon la nature du terrain; en France, l'acre fonctionnait selon la même logique. La pose atteignait 41-62 ares dans les plaines et 27-36 a dans les terres à blé du Plateau. Les zones collinaires et montagneuses avaient des mesures agraires nettement plus petites: la pertica (7-8,5 a), le spazzo et le staggio en Suisse méridionale, le fichelin en Valais (3,8-8,5 a), le journal, la chaîne ou la béquille (1-2 a) sur les hauteurs jurassiennes. D'autres unités étaient en usage en Suisse romande et alémanique pour les prairies (seiteur, all. Mannwerk, harmonisé avec la pose au XVIIIe s.), les forêts (pose forestière de 33,6-44,6 a) et les vignes (fossorier, all. Manngrab, ou "pose de vigne", souvent plus petite que celle des champs). La pose se divisait en huit fossoriers ou ouvriers (dits perches ou émines à Neuchâtel), la Juchart en quatre Vierlinge ou en seize Quärtli, la pertica en tavole, gettate, once ou quadretti, selon la région. Le canton de Vaud adopta en 1822 la pose de 45 a (divisée en dix fossoriers de 4,5 a). Le Tessin fixa la valeur de la pertica à 5 a en 1826 et les cantons alémaniques celle de la Juchart à 36 a en 1838. Légalement abolies au profit de l'are lors de l'introduction du système métrique en 1877, ces anciennes mesures se sont toutefois maintenues dans le langage courant (Poids et mesures).


Bibliographie
– A.-M. Dubler, Masse und Gewichte im Staat Luzern und in der alten Eidgenossenschaft, 1975, 24-32

Auteur(e): Anne-Marie Dubler / PM