20/03/2006 | communication | PDF | imprimer | 

Eschenbach (SG)

Comm. SG, région See-Gaster, comprenant E., Bürg, Diemberg, Ermenswil, Länziken, Lütschbach et Neuhaus. 775 Esghibach, 829 Esgithorf. Aux alentours des petits villages originels, des fermes isolées datent des défrichements du Moyen Age. 610 hab. en 1611, 1105 en 1743, 1690 en 1825, 1961 en 1850, 2117 en 1900, 2560 en 1950, 5083 en 2000.

A Chastli près de Bürg, on a trouvé des traces d'établissements préromains et romains; à Balmenrain, entre E. et Schmerikon, de la céramique, des objets en bronze et en fer de l'époque de Hallstatt ont été retrouvés dans des tumulus. Aux VIIIe et IXe s., le couvent de Saint-Gall acquiert des droits seigneuriaux. Une église Saint-Michel est mentionnée en 885. Dès 1200 environ, E. fait partie du comté d'Uznach, qui dépend des comtes de Toggenbourg. On n'a jusqu'ici retrouvé aucun vestige d'un château des ministériaux von Dienberg (XIIIe-XIVe s.). La paroisse d'E. englobait le village de Schmerikon. En 1309, les comtes de Toggenbourg donnèrent au couvent de Rüti le patronage de l'église; c'est alors sans doute qu'elle fut dédiée à saint Vincent. En 1327, l'église fut rattachée au couvent, qui se fit dès lors progressivement acquéreur de la dîme et de quelques biens. Après l'extinction des Toggenbourg (1436), le comté d'Uznach revint aux seigneurs de Rarogne puis, en 1469, à Schwytz et Glaris qui le possédèrent jusqu'en 1798. E. était la plus peuplée des sept communes de la seigneurie.

Le servage avait presque totalement disparu sous les Toggenbourg. Selon les franchises de 1439, les paysans disposaient de leur ferme et jouissaient des biens communaux. Vers 1500, Schmerikon se sépara d'E. et devint paroisse. A la Réforme, Zurich supprima le couvent de Rüti (1524) et reprit le droit de patronage sur E. La scission confessionnelle anéantit les étroites relations familiales et économiques avec l'Oberland zurichois voisin. Après la seconde guerre de Kappel, des échanges de droits de patronage eurent lieu entre Zurich et Rapperswil (SG) qui renonça à l'église d'Elgg en 1537 et reçut en contrepartie la dîme et le patronage d'E. Rapperswil, toutefois, les revendit la même année aux paroissiens d'E. Dès lors, la commune administra elle-même la paroisse et en élut le curé. Aux XVIIe-XVIIIe s., la piété baroque favorisa la construction ou la rénovation d'édifices religieux, ainsi la chapelle Furrer à Oberdorf (vers 1700), Saint-Jacques à Neuhaus, sur le chemin de pèlerinage d'Einsiedeln (rénovation en 1635, reconstruction en 1695-1697), et la chapelle Domeisen (fondation familiale de 1740).

Après l'Helvétique, où E. fit partie du canton de Säntis, la commune fut incorporée au canton de Saint-Gall (1803) contre la volonté des habitants, qui auraient préféré être intégrés à celui de Zurich. A côté d'une économie paysanne mixte avec prédominance de l'agriculture, un modeste artisanat se développa; l'industrialisation, timide et tardive, ne déboucha sur aucune liaison ferroviaire. En 1857 fut fondée la fabrique de tissage Aatal-Neuhaus, en 1863 une filature à E., en 1888 la fabrique de ressorts Baumann & Co. SA à Ermenswil (qui avec ses quelque 500 collaborateurs était en 1990 la plus grosse entreprise de la commune), en 1961 l'atelier de reliure Eibert SA et en 1976 l'entreprise Enviro-Chemie. Depuis 1980, on a construit beaucoup d'immeubles d'habitation; le trafic pendulaire avec Jona, Rapperswil, Uznach, Wald (ZH) et l'agglomération zurichoise est en hausse (plus de 50% de navetteurs en 2000). L'école secondaire de la partie supérieure du district du Lac connaît une importance régionale depuis 1950 et regroupe les communes d'E., Sankt-Gallenkappel et Goldingen.


Bibliographie
– J. Reck, 400 Jahre selbständige Pfarrei Eschenbach 1537-1937, 1938
– L. Kilger, «Die Anfänge der Gemeinde Eschenbach», in Heimatkunde vom Linthgebiet, 1943, 33-48
– H. Kägi, A. Stadler, Geschichte von Eschenbach, 1975

Auteur(e): Alois Stadler / PM