30/07/2007 | communication | PDF | imprimer | 

Gams

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Comm. SG, région de Werdenberg, située au pied du massif de l'Alpstein et au bord de la plaine du Rhin, qui s'étend ici dans sa plus grande largeur. Outre le village de G., elle comprend le Gamserberg et l'habitat dispersé sur cette montagne ainsi que Gasenzen. Elle commandait l'accès oriental du Toggenbourg et le sentier muletier vers Appenzell et Saint-Gall passant au-dessus de la brèche de Saxerlücke. Sur l'importante route de la rive gauche du Rhin reliant Coire au lac de Constance par Sargans, G. était gîte d'étape des pèlerins se rendant à Einsiedeln et Rankweil (Vorarlberg). 835 Campesias, 1210 Chames, 1236 Gamps (rhéto-rom. Chiamp, sorti de l'usage: on parla rhéto-rom. à G. jusqu'au bas Moyen Age). 1043 hab. en 1800, 1783 en 1850, 2156 en 1900, 2025 en 1950, 2219 en 1970, 2867 en 2000.

Des armes découvertes au-dessus de Gasenzen attestent d'un passage de populations à l'âge du Bronze. En 835, le couvent de Saint-Gall reçut des biens à G. Sont attestés comme propriétaires le couvent d'Einsiedeln au Xes., les prémontrés de Churwalden et les barons von Sax en 1210. Au XIIIe s., G. passa aux barons von Sax et devint une seigneurie lors du partage de leur héritage en 1360. Les ducs d'Autriche l'achetèrent en 1393 et l'inféodèrent en 1413 à Kaspar von Bonstetten, parent par alliance des Sax. La seigneurie de G. fut occupée par les troupes autrichiennes lors de la guerre de Zurich. Les Appenzellois détruisirent alors le château fort de Hohensax et l'avant-fort de Frischenberg. Sous la pression des Confédérés, ils les restituèrent en 1461-1463 aux Bonstetten, qui vendirent en 1496 la seigneurie aux Werdenberg. Les habitants insistèrent pour que G. soit revendu en 1497 à Schwytz et Glaris, qui le rattachèrent, en confirmant ses droits par charte, au bailliage de Gaster. G. fut brûlé pendant la guerre de Souabe. En 1798 sous l'Helvétique, la seigneurie fit partie du canton de la Linth. Elle forma brièvement un Etat autonome en 1802, la République de G. En 1803, G. fut attribué au district de Sargans du nouveau canton de Saint-Gall, puis à celui de Werdenberg en 1831.

Une église est attestée à G. en 835. La paroissiale Saint-Sébastien, dédiée plus tard à saint Michel, est mentionnée dès 979. Elle fut remplacée par un nouvel édifice, consacré en 1868. La paroisse, qui incluait Wildhaus jusqu'en 1484, s'étendait à l'origine au-delà du Simmitobel, jusqu'au Haut-Toggenbourg. Elle fit partie du diocèse de Coire jusqu'en 1823, puis de celui de Saint-Gall. Sous la domination de Schwytz et Glaris, G. resta une enclave catholique, religion de la majorité de ses habitants en 2000 (63%) dans une région essentiellement réformée.

A la fin du XIXe s., la broderie à domicile modifia l'économie de G., précédemment vouée à l'élevage bovin et chevalin, à l'exploitation des alpages et à l'agriculture. La route vers Wildhaus (1829-1833) et la gare de Haag-G. amenèrent un peu de prospérité. Durement touchée par le déclin de la broderie dans les années 1920 et par un krach boursier (1936-1937), G. se tourna à nouveau vers l'agriculture. L'endiguement et la correction des torrents à partir de 1900 et le remaniement général de 1957 à 1978 accrurent les pâtures et terres arables et permirent une exploitation rationnelle. G. reste une commune agricole (élevage, économie laitière, fruits de table). La production de fromage s'élève à environ 300 t d'Emmental, l'une des plus élevées de Suisse. L'exploitation forestière et l'économie alpestre restent importantes. L'industrialisation a été timide à G. Quelques petites entreprises locales y côtoient la société August Häussermann GmbH (devenue en 1996 Ortlinghaus AG), qui produit depuis 1952 des disques et des systèmes d'embrayage, et une filiale ouverte en 1971 par Contraves AG (depuis 1991 Multi-Board Electronic AG) pour la fabrication de circuits imprimés.


Bibliographie
– A. Müller, Beiträge zur Heimatkunde von Gams, 1937
– J. Staehelin, Gams in vergangenen Tagen, 1960
– N. Kessler, Gams, 1985

Auteur(e): Wolfgang Göldi / ME